Ellen Gabriel
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Katsi'tsakwas Ellen Gabriel (née en 1959[1]), est une militante écoféministe décoloniale, documentariste et une artiste mohawk[2] de la nation Kanehsatà:ke, membre du clan de la tortue, reconnue pour son implication en tant que porte-parole officielle, choisie par le peuple de la Maison longue[3], au cours de ce qui est appelé la "crise d'Oka"[4],[5],[6].
Elle a écrit et publié Quand tombent les aiguilles de pin : Une histoire de résistance Autochtone, en 2025, dans l'optique de mettre de l'avant la perspective féminine autochtone et reprendre le contrôle des narratifs qui l'écartent[7]. Elle se décrit comme leader de sa communauté, gardienne du territoire et défenseure des droits humains[8].
Activités politiques et militantes
Elle est née à Kanesatake en 1959. Dès son jeune âge, elle est passionnée par l'art.
Elle grandit dans les années 60 et 70, marquées par les mouvements pour la paix et pour les droits des femmes, ce qui a contribué à son intérêt pour l'activisme[9].
En , elle rejoint le mouvement contre l'expansion du parcours de golf d'Oka au Québec. Cet événement s'est finalement intensifié avec la crise d'Oka, qu'elle préfère appeler le Siège de Kanesatake et Kahnawake[7] du fait de l'occupation coloniale d'Oka.
Katsi'tsakwas Ellen Gabriel déplore que les médias dépeignaient la communauté d'Oka comme de dangereux terroristes, estimant que la communauté ne faisait que défendre sa souveraineté légitime[7]. Elle reproche aux médias leur couverture biaisée et incomplète des événements, en particulier les médias francophones, qui seraient racistes et ignares, notamment par le point de vue patriarcal qui a effacé le fait que les femmes sont aux commandes[10]. Elle considère également que les médias se sont trop focalisés sur les hommes, alors que les femmes jouent un rôle important dans la résistance autochtone.
Afin de sensibiliser la population à la crise, elle a voyagé à l'échelle internationale, y compris des visites à La Haye, à Strasbourg et au Japon. À cette même époque, au mois de , elle a reçu un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia[11].
Une décennie après que la crise prit fin, elle a travaillé comme professeure d'art à l'école d'immersion mohawk.
Lors d'une entrevue journalistique en 2021, elle dit devoir mettre en quelque sorte de côté son art pour militer pour la justice et le progrès auprès du peuple de Kanesatake[12].
En 1990, elle a été nommée porte-parole par le Peuple de la Maison-Longue lors de la "crise d'Oka"[12].
Le , elle a prononcé un discours à la huitième session de l'Instance permanente sur les questions autochtones des Nations unies[13].
Du 11 au , elle a prononcé un discours à la quatrième session du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones[14].
En 2004, elle a été élue présidente de l'Association des femmes autochtones du Québec. Elle a occupé le poste jusqu'en . Pendant son mandat, elle a apporté des modifications à la loi sur les Indiens sous la forme du projet de loi C-3[15].
À l'été 2012, elle a participé à la course pour devenir chef national de l'Assemblée des Premières nations. Elle passa au second tour de scrutin où elle a été éliminée en raison de la désinformation qui circulait dans l'assemblée selon laquelle elle s'était retirée et avait donné ses votes à Shawn Atleo.
Le , en ce qui concerne le projet de loi S-2, elle a prononcé un discours à la 41e législature, 1re session au Comité permanent de la condition de la femme[16],[17].
Invitée à prendre la parole à un rassemblement contre le génocide Palestinien à Montréal, au parc Jeanne-Mance en 2025, elle établit des similitudes entre la destruction coloniale et écologique de Gaza et des territoires des peuples ancestraux du Canada.
En 2025, elle dit voir peu de progrès dans le traitement des peuples autochtones au Canada[7].
Sa lutte territoriale en lien avec la "crise d'Oka" n'a toujours pas été résolue et donc se continue[12].
Éducation
Elle est détentrice d'un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia, en 1990, et diplômée de la New York Film Academy, en 2021[18].
Œuvres
Documentaires :
En 1993 est sorti le documentaire Kanehsatake : 270 ans de résistance d'Alanis Obomsawin ; elle prend une place importante dans le film[19],[20].
Livre :
Quand tombent les aiguilles de pin, Une histoire de résistance Autochtone. En collaboration avec Sean Carleton. Traduit de l'anglais par Marie C. Scholl-Dimanche.
Tableau :
Le Siège de Kanehsatà:ke, huile au pastel sur toile, accompagné d'un poème[21].