Elsa Deck Marsault
psychosociologue française
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Elsa Deck Marsault, née en 1995 en France, est une essayiste et militante queer et féministe française.
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Elle cofonde en 2019 le collectif Fracas, structure d'entraide queer et féministe qui accompagne les collectifs militants confrontés à des situations de conflit et de violence, en s'inspirant des pratiques de justice transformatrice.
Elle publie en 2023 l'essai Faire justice, dans lequel elle analyse ce qu'elle décrit comme des dérives punitives au sein de certains milieux féministes et queers, et plaide pour le recours à la justice transformatrice. En 2026, elle publie La Violence en spectacle, où elle soutient que le féminisme aurait progressivement glissé vers des positions punitives et carcérales au détriment d'une conception collective et dépolitisée de la lutte.
Biographie

Elsa Deck Marsault naît en 1995 en France[1]. Psychosociologue de formation[2] et issue des milieux queers, des squats, des réseaux d'entraide et des collectifs féministes, Elsa Deck Marsault co-fonde en 2019 le collectif Fracas, structure d'entraide queer et féministe qui intervient au sein de collectifs en situation de conflit et de violence en travaillant simultanément auprès des victimes, des personnes mises en cause et une réflexion collective de la communauté sur son propre fonctionnement[3],[4]. Elle y intervient bénévolement[2]. La démarche de Fracas s'inspire des pratiques de justice transformatrice développées par des Afro-Américains qui, dans le contexte américain, se tenaient à distance d'une justice jugée raciste[3].
Œuvre
Faire justice

En 2023, Elsa Deck Marsault publie Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes aux éditions La Fabrique, son premier essai[2]. S'appuyant sur une grille de lecture queer et féministe antiautoritaire, l'ouvrage examine ce que Deck Marsault décrit comme des pratiques punitives se développant dans certains milieux militants féministes et queers en substitution à la police et à la justice institutionnelle[3].
L'autrice y analyse ce qu'elle estime comme des dérives qui peuvent en résulter, parmi lesquelles des accusations approximatives[3], le recours au call out et à l'exclusion collective[2], la négation du droit à la défense, et des lynchages, et les attribue à la faiblesse des luttes collectives conjuguée à l'influence du néolibéralisme sur les imaginaires militants, qui favoriserait un glissement du politique vers une logique de développement personnel[3] et de performance de pureté morale individuelle[2].
Elle retrace également ce qu'elle décrit comme une évolution des pratiques des féministes partisanes de l'abolition du système carcéral, estimant qu'elles auraient glissé d'une contestation de toute peine pour les auteurs de violences sexuelles vers l'adoption de sanctions sans garanties procédurales. En conclusion, elle préconise le recours à des pratiques de justice transformatrice, dont elle illustre la mise en œuvre par les activités de son propre collectif Fracas[3]. L'ouvrage s'écoule à plus de 6 000 exemplaires en France et paraît en 2024 au Québec aux Éditions du remue-ménage[2].
Politis estime l'ouvrage « nuancé », « documenté, complexe, riche d'une expérience de terrain ». L'hebdomadaire souligne néanmoins deux limites : d'une part, le livre ne répond pas à la question pratique de savoir comment engager un processus de réparation lorsque l'auteur de violence refuse de reconnaître les faits ; d'autre part, la justice transformative suppose un long travail bénévole qu'il juge difficilement compatible avec une organisation productiviste, et il impliquerait donc de repenser le système économique dans son ensemble, ce qui en rendrait la diffusion large peu envisageable[4].
La Violence en spectacle

En 2026, Elsa Deck Marsault publie La Violence en spectacle. Féminisme, État punitif et figure de la victime aux éditions La Fabrique, ouvrage dans lequel elle soutient que le féminisme aurait évolué vers des positions de plus en plus tournées vers la punition et l'incarcération. Elle y avance que la politisation radicale des années 1960 aurait été reformulée en discours sur la protection des femmes, ancré dans le récit victimaire et adressé à l'État répressif, et que le mouvement MeToo aurait contribué à une individualisation et une dépolitisation croissantes de la violence. Prenant appui sur son expérience de la justice transformatrice, déjà explorée dans Faire justice, elle défend une conception de la violence et de la réparation comme processus collectifs, qu'elle oppose à ce qu'elle désigne comme une domestication de la lutte féministe[5],[6].