Elsa Franconi-Poretti naît Elsa Poretti le à Lugano, dans le canton du Tessin. Elle est originaire du même lieu et d'une autre commune du même district, Cureglia[1]. Elle est la benjamine d'une fratrie de huit enfants[2].
Son père, Giuseppe Poretti, est un industriel; sa mère est née Maria Ambrosetti[1].
Elle épouse en 1924 à Paris[3] Giuseppe Franconi, un architecte et artiste de Lugano, avec qui elle a une fille[2].
Études et parcours professionnel et artistique
Après sa scolarité à Lugano et à l'institut Santa Maria de Bellinzone, elle s'inscrit contre l'avis de son père[3] à l'école normale de Locarno, dont elle sort diplômée en 1914. Elle est ensuite brièvement institutrice à l'école primaire de Brè(it) à Lugano[2].
Elle retourne à Paris après la guerre, où elle reprend son travail de correspondante[2] et continue d'écrire des sketchs pour la RSI[4]. Elle y réside jusqu'en 1955[1] et s'y lie d'amitié avec Colette[2]. Elle cofonde en 1954 et dirige Le Messager Suisse de Paris, un journal destiné aux expatriés suisses à Paris et en France[2].
Après son retour en Suisse, elle travaille à Bellinzone au Bureau cantonal du travail[3] et continue de collaborer avec le Corriere del Ticino. Elle y signe ses articles du pseudonyme Claude Paris et s'y occupe de pages et rubriques féminines[2]. Elle est également à l'origine, aux côtés d'Iva Cantoreggi et Alma Bacciarini, de l'émission hebdomadaire Per la donna[5] ou L’Ora della donna[6], diffusée de 1955 à 1973 par la radio Monteceneri[5], qu'elles transforment en un forum de débat radiophonique sur le rôle de la femme et l'égalité des sexes[7].
Parcours politique
À partir de son retour en Suisse en 1955, elle participe intensément à la vie politique. Elle se bat en particulier pour le droit de vote des femmes, au sein du Movimento Sociale Feminine. Elle en dirige le bulletin mensuel, La Nostro Voce[2]. En 1957, alors que le corps électoral, uniquement masculin[n 1], est appelé à se prononcer sur l’instauration d’un service civil obligatoire pour les femmes, elle organise avec d’autres femmes un scrutin parallèle[6].
Elle fonde le groupe des femmes radicales de Lugano en 1957 et le préside jusqu'en 1978. Elle en devient ensuite présidente d'honneur[2].
Elle est l'une des onze premières femmes élues au Grand Conseil du canton du Tessin[8], où elle siège de 1971 à 1975[1], et la première à le présider, pour sa séance constitutive[2] le , en sa qualité de doyen de l’hémicycle[4]. Elle déclare à cette occasion[6],[9]:
«Pour la première fois, c'est la voix d'une femme qui s'élève de ce siège. [...] Nous allons examiner, adopter et promulguer des lois qui garantiront l'égalité professionnelle, des salaires égaux pour un travail égal [...], l'accès aux études pour tous, à tous les niveaux et dans tous les domaines.»
↑Les femmes n'obtiennent le droit de vote au niveau fédéral qu'en 1971. Au Tessin, le droit de vote cantonal leur est accordé deux ans plus tôt, en 1969 (avec 63% des voix), après deux refus en 1946 (à 77%) et 1966 (à 59%).