Emmanuel Chiva

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Emmanuel Chiva, né le à Paris, est un haut fonctionnaire français. Normalien, docteur en biomathémathiques et entrepreneur, il est délégué général de la direction générale de l'Armement du au , après avoir notamment dirigé l’Agence de l'innovation de défense du ministère des Armées du au . Il est depuis le directeur de l'ONERA.

Éducation et formation

Né à Paris en 1969, Emmanuel Chiva effectue sa scolarité à l’École alsacienne[1].

Après une classe préparatoire au lycée Saint-Louis[1], il intègre l’École normale supérieure de Lyon (promotion 1989)[2].

Durant ses études, il effectue plusieurs séjours sur le campus de l’université d’Harvard, aux États-Unis, consacrés à l'épistémologie et l'immunologie[3].

Il devient docteur en biomathématiques de l'université Paris VI-Pierre-et-Marie-Curie[1] avec une spécialisation en intelligence artificielle et dans le domaine des systèmes complexes et du biomimétisme[4].

Plus tard, en 2013-2014, il suit en qualité d'auditeur la 49e session nationale Armement et économie de défense de l'Institut des hautes études de défense nationale[5], puis exerce les fonctions de conseiller des études de cet organisme pendant trois ans[6].

Parcours professionnel

Dirigeant d'entreprise et entrepreneur

Il commence sa carrière en 1997 chez MASA (Mathématiques appliquées SA)[7], entreprise alors spécialisée dans les mathématiques appliquées, la robotique et la biologie[8]. Il y exerce les fonctions de directeur général adjoint puis de vice-président exécutif, tout en fondant et développant la division « Simulation militaire », à travers un jeu de stratégie en temps réel baptisé Conflict Zone, qu’il développe avec Ubisoft en 2001[7]. Cette année-là, la société réalise également le système SCIPIO[9] d’entraînement des postes de commandement de l’armée de Terre[7].

Cofondateur en 2007 de la société SILKAN, dont il est associé, celle-ci se spécialise dans le calcul haute performance, les techniques embarquées et la simulation[10].

Entre et , il est directeur général adjoint chargé de la stratégie et du développement de la société AGUERIS[11], issue de SILKAN et filiale de CMI Defence (devenue aujourd’hui John Cockerill Defense), société spécialisée dans la simulation opérationnelle et l’entraînement pour les opérateurs de systèmes d’armes[12].

Responsabilités au sein d'associations professionnelles

En parallèle de ses activités professionnelles, il est, entre 2014 et 2018, président du comité recherche, technologie et innovation du GICAT[12] et président du jury du programme « Generate » d’accompagnement des jeunes pousses innovantes dans le domaine de la défense aéroterrestre et de la sécurité[13].

Ministère des Armées

Directeur de l'Agence de l'innovation de défense

Le [14], il est nommé par la ministre des Armées, Florence Parly, directeur de l’Agence de l'innovation de défense (AID), qu'il doit mettre en place[7] afin de mener des activités de prospectives stratégiques. La ministre le décrit alors comme l'« Homme de la situation : il connaît la défense, il connaît l’entreprise, il connaît l’innovation et possède une inépuisable envie d’entreprendre »[15],[16],[17].

Premier directeur de l'AID, qualifiée d'« innovation institutionnelle »[18], il installe l’agence comme guichet unique de l’innovation du ministère des Armées et structure les relations entre les armées, la DGA et l'écosystème de l'innovation[18].

Dotée d'un budget initial de 720 millions d'euros[19] avant de dépasser le milliard d'euros dès 2022[20], l'agence devient une interface pour capter des « pépites »[21], sélectionner puis accompagner des projets d’innovation, issus aussi bien du civil que du militaire, dans des domaines tels que l'intelligence artificielle, informatique quantique, hyper-vélocité ou la neuroscience.

Red Team Défense

Sous l’impulsion d’Emmanuel Chiva[22], l’AID lance en 2019 la Red Team Défense, dispositif inédit de prospective stratégique[23]. Inspirée de la science-fiction, elle associe écrivains, scénaristes, chercheurs et experts militaires pour imaginer des menaces futures à l’horizon 2030-2060[24]. L’objectif est de confronter les armées françaises à des scénarios radicaux — ruptures technologiques, guerres hybrides ou bouleversements sociétaux — afin d’éclairer la réflexion stratégique et les choix capacitaires[25]. Conçue comme une « cellule d’auteurs » intégrée à la réflexion du ministère des Armées, la Red Team a produit trois saisons de scénarios exploratoires, partiellement publiés[26]. Présentée comme une première mondiale dans le domaine de la défense[27],[28], elle illustre la coopération entre milieux militaires, scientifiques et culturels[29],[30].

Depuis 2024, le programme RADAR[31] prend le relais de Red Team Défense pour rassembler acteurs de tous horizons afin de de penser les menaces et de construire des réponses adaptées[32],[33].

Délégué général pour l'armement

Le , il est nommé en, Conseil des ministres, délégué général de la DGA à compter du [34].

À la tête de cette administration de plus de 10 000 personnes, dont la moitié d’ingénieurs[35], il est chargé de coordonner, en lien avec les armées, l’ensemble des programmes d’armement français, notamment nucléaire, pour soutenir et orienter la base industrielle et technologique de défense (BITD)[36].

Dans le contexte des contraintes géostratégiques modernes et de la guerre d'agression russe en Ukraine en particulier, il est l’un des principaux acteurs[35] de la mise en œuvre de l’« économie de guerre » appelée de ses vœux par le président de la République[37].

À ce titre, tout en soutenant l’innovation et la souveraineté technologique française, il s’attèle à accélérer les cadences de production[38], notamment pour les munitions et équipements clés, et à réduire les délais dans les processus d’armement[39]. Il lance des chantiers de simplification[40] des spécifications techniques, de rationalisation des coûts, de renforcement de la sous-traitance (PME/ETI), et développe des partenariats publics-privés pour renforcer la réactivité[41] et la résilience industrielle[42].

Il est remplacé dans cette fonction, le , par le conseiller d'État, Patrick Pailloux, jusqu'ici directeur du cabinet civil et militaire du ministre des Armées[43].

Présidence de l'ONERA

En , il prend la présidence de l'ONERA, organisme de recherche aérospatiale français[44].

Officier de réserve

Emmanuel Chiva est également capitaine de vaisseau de réserve dans la Marine nationale où il entre en 2007. Il a travaillé sur des sujets liés à l’innovation technologique (notamment l’intelligence artificielle) pour l'état-major de la Marine nationale[45].

Distinctions

Autres activités

Emmanuel Chiva crée en 2015 le blog VMF214, consacré à l’innovation technologique de défense, qu'il anime jusqu'à sa prise de responsabilité au sein du ministère des Armées[48].

Membre du comité consultatif d’investissement de DEFINVEST (fonds d’investissement du ministère des armées)[49], il a été vice-président de l’association des auditeurs et cadres des hautes études de l’armement (3AED-IHEDN) pendant 3 ans[50].

Vie privée

Emmanuel Chiva est marié et père d’un enfant[1]. Il est passionné notamment par la photographie et la science-fiction[51].

Publications et travaux de recherche

Références

Liens externes

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