Emmanuel Delmas (navire)
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| Emmanuel Delmas (navire) | |
| Type | Navire de charge |
|---|---|
| Histoire | |
| Chantier naval | Usuki Shipyard (d) et Lisnave |
| Lancement | 1971 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 172,87 m |
| Maître-bau | 21,20 m |
| Tirant d'eau | 8,75 m |
| Port en lourd | 18921,00 t. |
| Propulsion | moteur diesel IHI Sulzer type 6 RD 68 |
| Puissance | 7200 CV |
| Vitesse | 14,5 nœuds |
| Carrière | |
| Propriétaire | Société Navale Chargeurs Delmas-Vieljeux |
| Pavillon | France |
| IMO | 7121267 |
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L'Emmanuel Delmas est un cargo vraquier-grumier, en service de 1971 à 1999, victime, le , d'un abordage avec le pétrolier italien « Vera-Berlingieri », qui déclenche un incendie causant 27 morts dans son équipage.
L’« Emmanuel Delmas », construit au Japon par le chantier Usiki Iron Works à Saîki, est lancé en 1971 par la Société Navale Chargeurs Delmas-Vieljeux (SNCDV). Sa construction est rendue possible par la souscription d'un emprunt obligataire de 244 200 000 F émis par le Crédit naval-CMAF en , remboursable en 18 ans et bénéficiant des bonifications d’intérêt et des primes prévues au titre du plan de relance des investissements maritimes[1]. Le navire fait 2 202 tonnes de port en lourd.
Un autre grumier, le Bertrand Delmas, son sister-ship, est mis en service dans les mêmes conditions en 1972[1].
L’« Emmanuel Delmas » est jumboïsé quatre ans plus tard, le , dans les Chantiers Lisnave au Portugal, par rallongement de 25,67 mètres, avec une cinquième cale. Le navire mesure alors 172,87 m. de long, sur 21,2 m. de large, pour une jauge brute de 12 201,78 tx [2].
Le navire est affecté aux lignes régulières Europe du Nord-Afrique Occidentale.
Accident
Le , tandis qu'il navigue en mer Tyrrhénienne, à la hauteur de Rome par 41° 48' N et 11° 49 ' E, il entre en collision avec le pétrolier italien « Vera-Berlingieri » de 4 942 tonneaux de jauge brute, 122.97 m de long et 16.92 m de large[3], appartenant à la compagnie « Marittima Rubeo ». Les deux navires prennent feu après l'explosion de la chambre des machines du « Vera-Berlingieri », qui coule le lendemain de l'abordage, par 500 mètres de fonds.
L'accident intervient dans un brouillard épais, à environ 35 kilomètres à l'ouest de Fiumicino, provoquant le déversement de 4 000 tonnes de supercarburant et de 1 200 tonnes de gas-oil en provenance du « Vera-Berlingieri ». Une photo aérienne prise au moment de l'accident et publiée sur le Mariners Weather Log (en) montre le pétrolier italien et le grumier français encastrés l'un dans l'autre[4].
À la suite du message de détresse lancé par l'« Emmanuel Delmas », des bâtiments de pêche et de commerce ainsi que deux car-ferries se rendent aussitôt sur les lieux de l'abordage[5]. L'équipage du « Vera-Berlingieri » est sauvé, après avoir immédiatement sauté à l'eau au moment de la collision. Le bilan est tragique pour l'« Emmanuel Delmas » dont l'équipage compte 24 morts, dont deux passagers, dus à l'incendie de son château arrière. Quatre membres de l'équipage, appartenant au personnel de la machine, restés en bas, à l'intérieur du navire, ou ayant pu sauter à l'eau, sont rescapés.
Cet accident est le troisième pour la compagnie dans l'année 1979, après ceux du « Betelgeuse » et du « François-Vieljeux », causant, au total, près de quatre-vingt-dix victimes[6].
La coque endommagée de l'Emmanuel Delmas est remorquée par le « Provençal 4 »[7] en rade de Civitavecchia puis jusqu'à Toulon, où il est racheté par la compagnie grecque Good Challenger Shipping.
Sa proue réparée et son château reconstruit[8], il navigue à nouveau de 1980 jusqu'à 1999 sous les noms successifs de « Good Challenger » et de « Nefeli I ».
Le , il rejoint, en Inde, le chantier de démolition de Alang.
Postérité
Un mémorial, élevé dans le cimetière de Sainte Anne d'Auray par la SNCDV, perpétue, depuis le , le souvenir des 17 marins de l'« Emmanuel Delmas » ainsi que des 23 victimes du naufrage du porte-conteneurs « François Vieljeux », survenu le [9].
Dans son roman « L'officier radio », Marie Richeux évoque l’accident de l’« Emmanuel Delmas » à travers le personnage de son oncle, Charles Richeux, officier radio du navire[10]. Elle reproduit la dépêche, en date du 27/06/1979, du consul général à Rome, Jacques Simon. Ce document précise la date de l'abordage (06 h 15), les manœuvres infructueuses de désincarcération des deux navires, le moment de l'explosion (40 mn après l'abordage, soit vers 07 h du matin), l'heure à laquelle a coulé le pétrolier italien (10h), les circonstances de la mort par « asphyxie et brulure interne » des victimes de l'équipage de l'« Emmanuel Delmas ». Le télégramme diplomatique fait aussi état de plusieurs morts et de quatorze blessés parmi l'équipage du « Vera-Berlingieri ».
Bibliographie
- Charles Limonier, Delmas Vieljeux 125 Ans, Marines Eds, , 400 p.
- Marie Richeu, « L'officier radio », Sabine Wespieser Eds, 2025, 240 p. (ISBN 9782848055794)