Emmanuel Pierrat

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Emmanuel Pierrat
Emmanuel Pierrat en 2018.
Fonctions
Président ou présidente du PEN Club français
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Conservateur de musée
Musée du Barreau de Paris
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Autres informations
Distinction

Emmanuel Pierrat, né le à Nogent-sur-Marne est un essayiste et avocat français.

Famille, jeunesse et études

Son père vosgien est parachutiste et policier et sa mère bretonne est laborantine[1],[2], Emmanuel Pierrat naît le [3] à Nogent-sur-Marne[4] et grandit à Pantin[5]. Il a un frère, le journaliste et écrivain Jérôme Pierrat[6].

Carrière d'avocat

Avocat au barreau de Paris depuis 1993, Emmanuel Pierrat fonde, en 2003, le cabinet d'avocats Pierrat & Associés[réf. souhaitée]

En tant que juriste, Emmanuel Pierrat enseigne le droit à l'université Paris 13[7] (1998-2008), au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFP) (1998-2010), au Centre de conseil et de formation professionnelle (CECOFOP) (1997-2004), à l’École nationale des arts décoratifs (1998-2010), à l’École nationale des Gobelins (2004-2013), à l’Institut national de la formation de la librairie (INFL) (2005-2012)[8].

Comme avocat, il défend Sandrine Bertaux en 2002, qui a porté plainte pour harcèlement sexuel contre le démographe et historien Hervé Le Bras[9]. L'affaire se termine par une ordonnance de non-lieu[10].

Il gagne le procès de Michel Houellebecq en 2002 pour ses propos sur l'Islam dans Lire en 2001[11]. Il assure aussi la défense du propriétaire du nom de domaine Jeboycottedanone.com dans la procédure lancée par Danone[12], dossier qu'il perd[13].

Il défend en 2016 le député Denis Baupin, accusé d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel par quatre femmes[14]. Il demande, sans succès, que l'enquête ne soit pas publiée[15]. Emmanuel Pierrat est chargé par son client de poursuivre les auteures de témoignages, Mediapart et Europe 1 pour « diffamation » ; finalement, son client est condamné pour « procédure abusive » en [16].

En 2019, il défend les parents et le frère de Yann Moix dans l’affaire les opposant à ce dernier. Celle-ci concerne les allégations portées dans son livre Orléans[17]. Il est également le défenseur d’Édouard Louis, à la suite de la publication de son livre Histoire de la violence[18].

Emmanuel Pierrat intervient également dans le domaine de la propriété littéraire et artistique. En 2016, il représente Bill Pallot, accusé de faux au détriment du château de Versailles[19].

Dans le milieu de l’édition musicale, il défend le chanteur Stephan Eicher face au producteur Universal[20].

Il assiste et conseille plusieurs écrivains tels que Guillaume Musso[21] et Anna Gavalda[22].

Connu pour son engagement en faveur du mariage homosexuel,[réf. nécessaire] il a été défenseur des mariés de Bègles[23].

En 2016, il représente trois militants qui assignent le Parti socialiste afin que soient organisées des primaires pour désigner un candidat à la présidentielle[24].

En , le journaliste Jean-Pierre Thibaudat le contacte et lui remet les manuscrits inédits de Louis-Ferdinand Céline. L'avocat contacte les ayants-droit, dont son confrère et ami François Gibault. Mais ce dernier et la cohéritière de Louis-Ferdinand Céline portent plainte pour recel. Le journaliste et l'avocat sont auditionnés par l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels à qui ils remettent les manuscrits sans la transcription établie par Jean-Pierre Thibaudat. La plainte est classée sans suite à l'été 2021[25]. Entre-temps, pour éviter leur disparition, le journaliste et l'avocat révèlent au journaliste Jérôme Dupuis, travaillant pour le journal Le Monde, l'existence de ces manuscrits en [26],[27],[28],[29],[30].

Son cabinet est placé le en redressement judiciaire, après avoir été déclaré en cessation de paiements le [31]. Le redressement est converti en liquidation judiciaire le , en raison de l'importance des difficultés financières. Emmanuel Pierrat a par ailleurs ouvert une nouvelle structure, Pierrat Avocats, le précédent[32].

Éditeur, auteur, chroniqueur, acteur

Emmanuel Pierrat est aussi romancier, traducteur[33], essayiste[33].

En tant qu'éditeur, il est cofondateur, en 2004, des Éditions Privé (avec deux associés Guy Birenbaum et Pierre-Louis Rozynès)[34] et Cartouche (avec Léo Scheer), société dissoute en 2011[35].

Il a été aussi directeur de la collection « L'Enfer » chez Arléa, Blanche puis Flammarion[7].

Il a écrit plusieurs essais sur la culture, la justice ou encore la censure, et en particulier La Guerre des copyrights (Fayard, 2006), Antimanuel de droit (Bréal, 2007), La Justice pour les nuls (First, 2007, 2013, 2020), Le Livre noir de la censure (2008), La Liberté sans expression ? Jusqu’où peut-on dire, écrire, dessiner (Flammarion, 2015), Nouvelles morales, nouvelles censures (Gallimard, 2018)[36].

En 2014, il joue dans la pièce d'Éric Vigner adaptée du procès Brâncuși, Brâncuşi contre les États-Unis[37], au musée d'Art moderne de la ville de Paris.

En 2015, il tient son propre rôle dans Voyage en post-histoire[38], long-métrage de Vincent Dieutre.

Emmanuel Pierrat est secrétaire général de l'Association Pierre Guyotat[39].

Décoration

Affaires judiciaires

PEN Club français

Il est évincé de la présidence du PEN Club français en 2020, suspecté d’abus de confiance à la suite d’une plainte de cette institution[41]. Un avis de classement sans suite est rendu par le procureur de la République. Le magazine Livres Hebdo constate : « Le tribunal judiciaire de Paris indique que la procédure lancée en janvier dernier contre Maître Emmanuel Pierrat, collaborateur à Livres Hebdo, ne justifie pas de poursuite pénale[42]. »

Outre des irrégularités comptables, le PEN Club français lui a reproché un comportement agressif contre des membres de l’association, des agissements contraires à la loyauté et la bonne foi et une violation des décisions du comité directeur. Il a répondu à ces accusations ; Libération et ActuaLitté ont publié son droit de réponse[43]. Il a indiqué notamment avoir porté plainte dès pour diffamation et chantage. En parallèle, Pierrat entame deux procédures contre ActuaLitté, dont l'une pour diffamation ; le plaignant réclame 10 000  « pour le préjudice professionnel et moral » causé par l'article[44]. En , le tribunal de Nanterre annule cette seconde assignation et condamne Pierrat à « verser 2000 € — respectivement pour ActuaLitté et le directeur de la publication, Nicolas Gary — ainsi qu’aux dépens »[44].

Aux prud’hommes

En , Libération rapporte que Pierrat est condamné par le conseil de prud’hommes de Creil pour « travail dissimulé » et « licenciement sans cause réelle et sérieuse » après avoir congédié, en , la gardienne de l'immeuble qu'il chargeait de l'entretien de son domicile dans le quartier de Port-Royal[45].

Interdiction d'exercice pour harcèlement à l'égard de collaborateurs

En 2021, le journal Libération publie une enquête au sujet d'Emmanuel Pierrat résultant d'entretiens avec une vingtaine de ses anciens collaborateurs. L'article décrit une ambiance de terreur régnant dans son cabinet et pointe l'inefficacité et les difficultés financières qui en résultent. Selon le journal, Pierrat invective de façon permanente ses collaborateurs et stagiaires. Le journal explique aussi qu'il n'aurait pas écrit seul ses cent ouvrages, tout en ne créditant pas ses collaborateurs qui ont rédigé parfois des chapitres entiers. Pierrat nie ce dernier point, de même que l'information selon laquelle l'une de ses anciennes assistantes personnelles aurait tenté de se suicider dans les locaux de son cabinet[46]. Le , Libération publie son droit de réponse[46].

À la suite de l’article de Libération et du droit de réponse de Pierrat, l’Ordre des avocats de Paris ouvre une enquête déontologique sur les conditions d’exercice professionnel dans son cabinet[47],[48]. En , le conseil de l'ordre des avocats de Paris prononce une sanction de neuf mois, dont deux fermes, d'interdiction temporaire d'exercice en raison de harcèlement ; la bâtonnière des avocats de Paris annonce que Pierrat a l'intention de faire appel[49].

En 2023, la sanction est alourdie par la cour d’appel et portée à dix huit mois d'interdiction d'exercice, dont six avec sursis[50],[51].

Poursuites pénales

En , il est visé par une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris, du chef de harcèlement moral[52]. En , il est entendu par la brigade de répression de la délinquance aux personnes sous le régime de la garde à vue [53].

Emmanuel Pierrat est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement moral au préjudice de cinq personnes, a indiqué le parquet de Paris le [54]. Son ancienne associée, l’avocate Sophie Viaris de Lesegno, est elle renvoyée pour complicité de harcèlement moral. Une audience de mise en état pénale se tiendra le .

Publications

Notes et références

Annexes

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