Emmy Schoch
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Emmy Schoch, née le à Lichtenau et morte le à Karlsruhe, est une créatrice de mode et entrepreneure allemande. Elle est une membre active du Verein zur Verbesserung der Frauenkleidung (Association pour l'amélioration du vêtement féminin) et fait la promotion de ces nouveaux vêtements adaptés au mouvement à travers des conférences et des expositions. Elle dirige avec succès son entreprise de mode, qui compte jusqu'à 50 employées, durant 47 ans, à travers l'Empire allemand, la République de Weimar et le Troisième Reich. Elle s'engage pour la formation des travailleuses et la juste reconnaissance des métiers de l'artisanat. Son entreprise de vêtements sur mesure ferme en 1953.
Jeunesse et formation

Hermine Emilie Schoch, dite Emmy, est née le à Lichtenau. Elle est la fille d'Hermine Richter et de Carl Friedrich Schoch, un entrepreneur et député de la deuxième chambre du Landtag pour le Parti national-libéral. Celui-ci a déjà quatre enfants d'une union précédente. La famille s'installe à Karlsruhe à partir de 1886[1].
Douée pour la musique, Emmy Schoch commence des études au Conservatoire de Karlsruhe en 1897. Elle se spécialise en piano auprès de Heinrich Ordenstein (de) avant d'abandonner ses études pour des raisons de santé[1],[2].
Aucun élément n'indique qu'Emmy Schoch ait suivi une formation à l'École des Arts et Métiers ou dans autre école professionnelle. Comme pour les femmes artistes, les possibilités de formation sont alors limitées pour les couturières. Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'égalité des apprentissages pour les deux sexes se met en place. Elle acquiert probablement une expérience pratique dans sa famille où son père, entre autres activités, est commerçant de peintures et de papiers peints, fabricant de tissus et d'étoffes et propriétaire d'une usine de laine produisant des gants et des articles similaires[2],[1].
Vers 1900, elle s'installe à Berlin et entre à l'atelier de Pauline Winker, sur le Kurfürstendamm, pour un apprentissage de tailleuse. Il semble que celle-ci, reconnaissant son talent, l'ait autorisée à participer à une exposition à Stuttgart, sous son propre nom[1],[3].
Réforme vestimentaire
Le Verein zur Verbesserung der Frauenkleidung (Association pour l'amélioration du vêtement féminin) est fondé en 1896 avec l'objectif de « sensibiliser le public à la nécessité de vêtements sains et confortables et de contribuer à leur acceptation », selon les principes de la réforme vestimentaire, à l'opposé des robes inconfortables portées par les femmes aisées sur des corsets lacés serrés. Des robes pratiques, à porter sans corset sont présentées dans les médias et des expositions. Des étudiantes, des artistes et des militantes pour les droits des femmes, toutes engagées dans des idées progressistes, sont parmi les premières à adopter les vêtements de réforme[2],[4].
De retour à Karlsruhe en 1906, Emmy Schoch rejoint la section locale du Verein dont elle est une membre active. Elle ouvre les Werkstätte für neue Frauentracht und künstlerische Stickerei (Ateliers de nouveaux costumes féminins et de broderie artistique) au 12 Herrenstrasse[3].

Emmy Schoch collabore à la revue de l'Association pour l'amélioration du vêtement féminin, Frauenkleid und Frauenkultur (Robe et culture féminines) pendant 25 ans. Celle-ci lui offre une plateforme pour ses idées sur l'industrie de la mode, lui permet de participer à la discussion sur les vêtements de réforme et de voir des photos et des patrons de ses modèles publiés. Le photographe Oscar Suck (de) est l'auteur de la plupart des photos des vêtements d'Emmy Schoch qui y sont publiées[1],[3].

Pour l'association, elle entreprend, tout comme ses collègues Else Raydt, Maria Thierbach et Hedwig Buschmann, des tournées de conférences. À partir de 1906 et plusieurs fois par an, elle voyage à Breslau, en Rhénanie, dans la Ruhr, dans le nord de l'Allemagne, en Saxe et à Strasbourg, jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Elle est invitée par des associations locales pour l'amélioration du vêtement féminin, mais aussi par d'autres associations et institutions féminines, comme le Club des femmes de Cologne. Ses conférences portent des titres comme Frauenwohl - Frauenschönheit - Frauenkleidung (Bien-être féminin, beauté féminine, vêtements féminins) ou Die Neutracht (Le nouveau costume). Lors de ces événements, elle explique les avantages des vêtements de réforme pour la santé et l'hygiène et les expose, les présente sur des mannequins ou défile elle-même dans les allées comme mannequin[1],[3].
Pour Emmy Schoch, les exigences esthétiques du vêtement sont tout aussi importantes que l'exigence de confort. Elle demande le respect de la couture comme artisanat d'art, appelant à l'arrêt de la hiérarchisation des professions artistiques, jusqu'alors divisées entre beaux-arts et arts appliqués[2],[5].
La réforme vestimentaire des années 1900 s'étend également aux sous-vêtements. Emmy Schoch s'implique alors dans la Zentralstelle für erprobte Unterkleidung (Office central des sous-vêtements évalués), qui s'occupe de la collecte et de l'exposition de sous-vêtements et de leurs patrons[3].
Emmy Schoch aborde la question vestimentaire en relation avec le mouvement dans la vie quotidienne. Dans son essai « Kleid und Bewegung » de 1928, elle écrit sur les limites que les vêtements imposent à la liberté des femmes « Tant que l'on reste immobile ou que l'on effectue des mouvements extrêmement limités, la robe va comme un gant ; si l'on veut bouger vigoureusement, il faut l'enlever rapidement pour ne pas la déranger. »[6]. « Le vêtement, créé à l'origine pour protéger le corps, est vite devenu un suicide. Le corps n'existe que pour donner au vêtement ce qui lui est dû. Le vêtement est devenu une chose indépendante, croyant pouvoir modifier à volonté les formes naturelles du corps, voire les nier. Mais le corps n'est pas une chose dont la transformation et le remodelage arbitraires sont entre les mains de l'humain. »[7].
Le mouvement de réforme vestimentaire tend à limiter l'ornementation sur les vêtements. Emmy Schoch, en accord avec la théorie d'Henry van de Velde, estime qu'« elle ne doit pas être appliquée arbitrairement, mais doit découler de la coupe et de la matière. » Elle veut également que ces nouveaux vêtements soient accessibles à toutes les femmes[3]. Cette exigence, doublée du souci de tenir compte des exigences de goût, de couleurs et de lignes de chaque cliente, la pousse à suivre l'exemple de certains grands magasins et de créer un département de robes dites semi-finies. Celles-ci coûtent environ un tiers de moins que les robes entièrement finies et correspondent aux besoins de la vie moderne. Il s'agit de robes brutes que les clientes peuvent terminer elles-mêmes ou avec l'aide de la couturière de l'entreprise[3].
En 1908, une exposition qui lui est consacrée au Musée des arts décoratifs de Cologne, Ausstellung moderner Kleider aus der Werkstätte von Emmy Schoch Karlsruhe, remporte un grand succès, au point qu'une offre lui est faite pour installer son atelier dans la ville[3].
La réforme vestimentaire apparaît généralement comme un mouvement progressiste et moderne, intégré au mouvement féministe. Cette approche a cependant été souvent contestée. Selon Aliena Guggenberg, Emmy Schoch fait justement partie des "réformatrices conservatrices" car elle perpétue l'image traditionnelle du rôle des femmes[3].
Défense de la profession et engagement dans la formation
Emmy Schoch transmet son approche aux générations suivantes d'apprenties, qu'elle forme depuis l'ouverture de son atelier jusqu'à sa retraite en 1954. Elle continue à proposer des cours de couture et de broderie peu après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, intégrant une école à son atelier[3].
Elle recrute du personnel expérimenté, donne la préférence aux apprenties qui, grâce à une meilleure éducation et à leur origine « de bonne famille », répondent aux exigences de goût et d'appréciation artistique. L'idée que la couture féminine combine artisanat et arts et métiers est déjà répandue à cette époque. Jusqu'à sa retraite en 1954, elle forme des femmes au métier de couturière[1].
En 1926, elle reçoit un prix de l'Office du Commerce du Land de Bade pour son travail d'enseignante[1],[3].
En 1908, elle est élue membre du conseil d'administration de l'École des métiers de Karlsruhe. Elle est la première femme à ce poste. En 1910, elle est également élue au conseil d'administration de la nouvelle Association pour l'éducation des jeunes de Karlsruhe, pour le département des écoles professionnelles (Karlsruher Jugendbildungsvereins für die Abteilung Gewerbeschule)[1],[3].
Moderne Frauenkleidung
Emmy Schoch épouse Max Friedrich Hermann Leimbach, un commerçant fribourgeois en 1910. Son mari quitte son emploi dans une banque pour rejoindre l'entreprise en pleine expansion de sa femme, puis en devient le propriétaire en 1926. L'entreprise, qui compte alors 50 employés, s'installe dans de vastes locaux aux 11 et 13 de la Herrenstrasse en 1912. Le nom de l'entreprise est modernisé, devenant «Moderne Frauenkleidung» (Vêtements féminins modernes), gardant une référence à la réforme vestimentaire. Les départements couture et coupe, la broderie à la main, le tissage à la main, la broderie machine, l'atelier de dessin et un département pour les assistants hommes y sont créés, et l'entreprise s'accroît de dix personnes supplémentaires jusqu'à la guerre[1].
À l'atelier de la Herrenstrasse s'ajoute une école qui propose des cours de techniques de couture, de broderie et de décoration textile, non seulement aux aspirantes couturières, mais à toutes les femmes[3].

Emmy Schoch est, à ce moment-là, largement connue grâce à ses tournées de conférences et à une couverture médiatique positive, parfois enthousiaste[1].
Vente par correspondance
Elle se lance alors dans la vente par correspondance de vêtements sur mesure. Son catalogue de 1913, « Das deutsche Typenkleid » (La robe type allemande) est diffusé dans tout le pays. L'avant-propos se réfère à Goethe « Une chose ne convient pas à tout le monde » et souligne que les femmes de goût doivent adapter leurs vêtements à leur individualité plutôt que de se laisser guider par la mode. Le catalogue propose des styles vestimentaires éprouvés, non pas des vêtements prêts-à-porter, mais des vêtements confectionnés par des mains expertes à partir des meilleurs matériaux. Il présente 56 modèles illustrés en pleine page, attrayants, élégants et pratiques, des robes simples, allant des robes d'après-midi, du streetwear, des vêtements d'intérieur et de sport aux robes de soirée, des chemisiers aux uniformes d'infirmière. Des tableaux de tailles facilitent les commandes. Les robes sont censées aller immédiatement, seuls les chemisiers sont disponibles pour examen. Le paiement s'effectue en espèces à la livraison ou à l'avance. Outre le savoir-faire artisanal et le talent créatif, le courage entrepreneurial et l'organisation sophistiquée sont remarquables[1],[3].
Emmy Schoch-Leimbach se considère comme une artisane, réalisant des créations fonctionnelles et adaptées aux matériaux. Elle fournit à ses clientes des robes finies et semi-finies, confectionnées dans les meilleurs matériaux et avec un savoir-faire artisanal de haut niveau. Son style s'inscrit dans l'air du temps. Les discussions sur la qualité des créations pour la production en série ont, entre autres, influencé l'industrie de la mode. Le Werkbund allemand est fondé en 1907 pour la promotion de l'innovation dans les arts appliqués et l'architecture. Mais son exposition de Cologne de 1914 mécontente l'Association pour l'amélioration du vêtement féminin en raison d'une faible représentation de la mode allemande contemporaine. C'est pourquoi l'association organise sa propre exposition de vêtements allemands pour femmes et enfants au Musée des Arts décoratifs de Cologne[8].
Première Guerre mondiale
Avec le déclenchement de la guerre en 1914, les ventes de l'entreprise Schoch s'effondrent. La pénurie de matériaux impacte les activités commerciales et Max Leimbach est mobilisé de 1916 à 1918. Seuls quelques nouveaux modèles sont présentés, alors même que l'industrie de la mode allemande tente de rompre avec la domination française et d'établir ses propres tendances avec des concepts à orientation nationale. Les effectifs doivent être réduits pendant la guerre. Seuls les principaux employés sont conservés dans l'entreprise, notamment la directrice Anna Egeter, employée de longue date, depuis 1908[1],[3].
Les restrictions économiques poussant les femmes à confectionner elles-mêmes des vêtements, Emmy Schoch continue de proposer des cours pratiques de couture à son atelier, au moins au début de la guerre[3].
À partir de 1917, Emmy Schoch abandonne les termes « nouveau costume féminin » et « vêtements féminins modernes » pour son atelier, se démarquant maintenant du mouvement vestimentaire réformiste. Les publicités le désignent désormais simplement comme un « Atelier de mode »[3].
L'entre-deux-guerres
Les vêtements de l'après-guerre étant plus confortables et pratiques, la mode réformée n'est plus au cœur de son modèle économique. Emmy Schoch se considère comme une créatrice de mode et non plus comme une artisane. Ses créations vestimentaires suivent les tendances du moment. Elle utilise à nouveau la broderie comme procédé stylistique. Après une reprise réussie, l'inflation qui sévit de 1921 à 1924 détruit le patrimoine privé du couple Schoch-Leimbach, mais n'entraîne pas la fermeture de l'entreprise. La situation financière difficile de la population affecte sans doute également la clientèle de l'atelier Schoch. En 1926, Max Leimbach devient propriétaire nominal de l'entreprise, mais le nom Emmy Schoch est conservé[1],[3].
À partir de 1922, l'accent est mis sur « les plus beaux vêtements sur mesure pour un style personnel », et à partir de 1926, l'entreprise propose des « robes de danse, de thé et d'époque distinctives », reflétant l'esprit insouciant de l'époque. À partir de 1929, le nom de l'entreprise se réfère davantage à son public cible : il s'agit désormais d'un « salon sur mesure pour dames élégantes et des dames bien habillées » (Maßsalon der eleganten Dame und der gutangezogenen Dame)[3].
Le national-socialisme
Outre leur dimension progressiste et émancipatrice, les efforts de réforme de la mode comportent très tôt une tendance nationaliste en opposition notamment aux diktats de la mode parisienne. Emmy Schoch, qui a jusqu'alors montré son intérêt pour la mode française et, en particulier, Paul Poiret, poursuit maintenant l'objectif de renforcer l'industrie de la mode nationale. Son engagement en faveur du renouveau du vêtement féminin évolue cependant vers l'idéologie fanatique d'une mode adaptée au "caractère allemand", loyal, sérieux et noble par opposition aux Français déraisonnables, sensationnalistes et avides de profit. L'objectif est d'éliminer tout style vestimentaire étranger. Emmy Schoch déteste aussi les robes proposées par les magasins de prêt-à-porter, souvent exploités par des commerçants juifs sur lesquels elle reporte son aversion. Dans une lettre du , elle écrit : « Ici, en Allemagne, la mode est presque exclusivement contrôlée par les Juifs. Depuis des années, elle leur est de plus en plus soumise, et même dans le plus petit village, un esprit étranger s'infiltre dans ce type de prêt-à-porter qui, sous des formes imitant le luxe, appartient à une autre sphère de la vie. Il existe une tentation d'insincérité dans les vêtements, et des vêtements qui peuvent imposer à un être humain des choses dont son cœur n'aurait jamais osé rêver. »[3],[9].
Le boycott des commerces tenus par des personnes juives en (Kauft nicht bei Jude, « N'achetez pas chez les Juifs ») affecte les entreprises de la Herrenstrasse et profite à celles qui, comme Emmy Schoch, ne tombent pas sous le coup du boycott. Aliena Guggenberg rapporte que ses revenus de l'entreprise ont plus que doublé entre 1938 et 1943[3].
La fiancée d'Otto Wacker (de) rédacteur en chef du journal nazi Der Führer et futur ministre de la Culture du Land de Bade, travaille pour l'entreprise. Elle met le couple Schoch-Leimbach en contact avec les milieux nazis dès les années 1920. En 1930, Max Leimbach adhère au Parti national-socialiste. Il justifie plus tard son adhésion en invoquant la volonté nazie de renforcer les métiers spécialisés face à la concurrence massive du prêt-à-porter. Il doit cependant démissionner du parti en 1939 parce qu'on découvre que son grand-père maternel est juif baptisé, ce qui fait de lui un « quart de juif ». Emmy Schoch démissionne également de la Ligue des femmes nazies dont elle est membre depuis 1938[1].
En 1933, elle postule, sans succès, à un poste au Bureau allemand de la mode[10] mis en place par le gouvernement pour diriger de manière centralisée et guider idéologiquement l’industrie du vêtement et de la mode du pays. Elle écrit au ministre de l'Intérieur Wilhelm Frick pour lui demander « une opportunité d'emploi dans le domaine de l'habillement allemand pour le peuple et pour tous », ajoutant « L'habillement et la mode sont profondément liés au problème racial. […] De même que l'on retrouve des Juifs dans chaque tumeur du corps humain (selon notre Führer), on retrouve l'habillement et la mode dans l'expérience de toutes les femmes ; pour le meilleur et pour le pire ». Elle associe également la mode et le taux de fertilité et, finalement, se propose comme experte en "Mode allemande pour le peuple et la santé" et sollicite un entretien avec le ministre, ce qui ne semble pas lui avoir été accordé[11],[12].
Après ces échecs, Emmy Schoch crée sa propre école de maîtrise dans le but de former un personnel d'excellence et d'éduquer les jeunes à un style typiquement allemand. Les « Ateliers et École de mode pour le vêtement allemand de Bade » ouvrent en 1935 au 11 Herrenstrasse, avec l'aide du directeur de la Kunsthalle, Adolf Bühler. Les ateliers ne restent que deux ans dans l'entreprise[3].
L'atelier de mode Schoch s'installe en 1938 au 3 Waldstrasse et survit à la Seconde Guerre mondiale avec douze personnes employées. Même si aucun acte explicitement antisémite ne peut être attribué au couple Schoch-Leimbach, leurs déclarations et écrits montrent qu'ils se sont ralliés à la propagande nationale-socialiste pour le bien de leur entreprise et s'y sont publiquement conformés[1],[3].
Après-guerre
L'atelier doit arrêter brièvement ses activités en 1945, pendant l'occupation de la ville par les troupes françaises. Dans sa demande de réouverture, Emmy Schoch déclare pouvoir employer 30 personnes et disposer de fournitures pour six mois, ce qui lui permet d'obtenir une licence d'exploitation temporaire. La ré-immatriculation de l'entreprise est retardée par la procédure de dénazification visant son mari[1]. L'époque du sur-mesure est cependant révolue. Emmy Schoch radie l'entreprise, devenue entre temps « Détaillant de textiles, d'accessoires de mode et atelier de couture », en 1953[1].
Emmy Schoch-Leimbach décède le à Karlsruhe, quelques semaines avant son 87e anniversaire.
« L'historique des activités d'Emmy Schoch, du début du XXe siècle à l'arrivée au pouvoir d'Hitler, illustre parfaitement le rôle des femmes artisanes et les divergences au sein d'un fort désir de réforme de la mode. La conception antérieure des arts et de l'artisanat, perçue comme une alternative permettant aux femmes d'obtenir une reconnaissance sociale pour leur pratique artistique personnelle, s'est transformée en une véritable opportunité de réaliser leur potentiel et d'être récompensées financièrement. Les explications sur le réseau et les stratégies marketing d'Emmy Schoch ont éclairé son parcours d'entrepreneuse. Sa connaissance pratique de la couture et de la broderie, combinée à son atelier de mode indépendant, lui a apporté des atouts décisifs pour promouvoir les idéaux de la réforme vestimentaire, notamment grâce à sa proximité directe avec la cliente. »[3].
Expositions et conférences (sélection)
- 1905 : Exposition au Musée national des arts appliqués de Stuttgart
- 1906 : Exposition avec défilé de mode au Verein Frauenbildung und Frauenstudium à Fribourg[1]
- 1907 à 1914 : Conférences à Essen, Cologne, Elberfeld, Bonn, Breslau, Dresde, Hanovre, Hambourg, Leipzig, Görlitz, Brême, Krefeld, Strasbourg et Düsseldorf
- 1908 : Ausstellung moderner Kleider aus der Werkstätte von Emmy Schoch Karlsruhe, (Exposition de vêtements modernes de l'atelier d'Emmy Schoch, Karlsruhe), Musée des Arts décoratifs, Cologne[3]
- 1910 : Conférence du Bund Deutscher Frauenvereine, exposition de mode réformée du Verein für Verbesserung der Frauenkleidung, Heidelberg[13]
- 1914 : Exposition de vêtements allemands pour femmes et enfants au Musée des Arts décoratifs de Cologne[14]
- 1914 : Exposition universelle du commerce du livre et du graphisme Bugra, Leipzig
- 2018-2019 : Auf Freiheit zugeschnitten. Das Künstlerkleid um 1900 in Mode, Kunst und Gesellschaft, Musée Kaiser Wilhelm, Krefeld[15]
- 2021/22 : Göttinnen des Jugendstils, Badisches Landesmuseum, château de Karlsruhe
Œuvres (sélection)
Emmy Schoch fait don de petites pièces de ses propres œuvres, des échantillons de tissus et des broderies, au Badisches Landesmuseum de Karlsruhe en 1962. La collection est complétée par la suite par des acquisitions[1]. Le musée possède notamment le "manteau japonais" en soie jaune et bleue (1911) et le corsage d'une robe de thé en satin de soie Liberty rose chatoyant (1912/13)[3],[16]
- 1906 : Robe en satin
- 1906 : Robe du soir
Distinctions
- 1907 : Médaille d'or, Vienne
- 1926 : Prix pour une formation d'apprentissage exemplaire
Adhésions à des associations professionnelles
- Deutscher Verband für die Verbesserung der Frauenkleidung (Association allemande pour l'amélioration des vêtements féminins)
- Gewerbeschulrat Karlsruhe (Conseil de l'école professionnelle de Karlsruhe)
- Zentralstelle für erprobte Unterkleidung (Bureau central des sous-vêtements testés)