Empire (album de Kasabian)

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Empire
Album de Kasabian
Sortie
Enregistré Février 2006
Studios Rockfield Drapeau du pays de Galles Pays de Galles
Durée 39:12
Genre Rock indépendant, rock électronique, glam rock
Producteur Jim Abbiss, Kasabian
Label Sony Music Entertainment

Albums de Kasabian

Singles

Empire est le deuxième album studio du groupe britannique de rock indépendant Kasabian sorti le sur le label Sony Music Entertainment. Enregistré en quinze jours dans les studios Rockfield au pays de Galles avec le producteur Jim Abbiss, ce disque aux sonorités plus glam rock que le précédent marque le départ de Chris Karloff et l'arrivée de Jay Mehler au sein du groupe. Accompagné de trois singles et globalement bien accueilli par la critique, il entre directement à la première place du classement britannique des ventes d'albums et y obtient un double disque de platine en moins d'un an. Il est aussi disque de platine en Irlande et disque d'or en Australie.

Kasabian entame la promotion de l'album dès l'été via des émissions de télévision et de radio, ainsi qu'en se produisant dans des festivals et en première partie des Rolling Stones pour sa tournée A Bigger Bang. Les musiciens poursuivent leurs concerts en Amérique du Nord, en Europe, au Japon, en Océanie et au Brésil jusque fin 2007. Malgré de multiples nominations pour les cérémonies de récompenses musicales, ils ne remportent que le titre de « meilleur groupe sur scène » lors des NME Awards 2007.

Contexte

Camarades au Community College de Countesthorpe, Sergio Pizzorno, Chris Edwards et Tom Meighan forment avec le batteur Ben Kealy un groupe qui reprend, dans un premier temps, les différents classiques d'Oasis[s 1]. Rejoints par Chris Karloff[s 2], ils commencent à se produire à partir de sous le nom de Saracuse[s 3]. Leurs premières compositions les amènent à enregistrer au studio Bedrock de Leicester[s 4]. La formation explore différentes voies (The Who, The Beatles, Can, Tangerine Dream, Beastie Boys, Stereophonics et la musique électronique[s 5],[s 6]) avant de produire sa première démo en 2001, dont les morceaux sont influencés par Primal Scream, les westerns spaghettis de Sergio Leone, les Stone Roses et dans une moindre mesure par Happy Mondays[s 7],[s 8], ce qui leur permet de décrocher un contrat avec Sony BMG[s 9]. Sans batteur depuis le départ de Ben Kealy et à la demande du label[s 10], ils se rendent dès le printemps 2002 dans une ferme sur les bords de Rutland Water, un lac artificiel près d'Oakham, pour composer et enregistrer de nouvelles chansons dans l'optique d'y enregistrer leur premier album studio. La formation prend alors le nom de Kasabian[s 11].

Pendant les sessions studio, le groupe voit alors se succéder Daniel Ralph Martin[s 12], puis Mitch Glover de Kosheen[s 13], à la batterie, mais aussi Garret « Jacknife » Lee à la production[s 14],[s 15] et Jim Abbiss au mixage[s 16]. En attendant que ce dernier termine sa tâche, Kasabian remonte sur scène pour tester ses titres[s 17]. Néanmoins, Mitch Glover doit laisser sa place à son frère Ryan Glover à la fin de l'été 2003 afin de participer à la tournée de Kosheen[s 18]. Portés par leur première démo officielle, Processed Beats[s 19],[1], et par The Movement, qui réunit les fans les plus fervents[s 20], les jeunes musiciens jouent dans tout le Royaume-Uni pour s'y faire un nom auprès de la presse spécialisée et du public. Ainsi, Eddy Temple-Morris, animateur sur XFM, leur offre son soutien et quelques passages à la radio[s 21]. En 2004, la formation assure les premières parties de groupes réputés (Black Rebel Motorcycle Club et The Who[s 22]), sort ses premiers singles (Reason Is Treason le [2], Club Foot le [3], L.S.F. (Lost Souls Forever) le [s 23]), participe à plusieurs grands festivals estivaux (Glastonbury Festival, T in the Park, V Festival, Reading and Leeds Festivals et Summer Sonic Festival[s 24],[s 25],[s 26]), et publie surtout son premier album, Kasabian, le [4],[s 27].

L'album rentre directement à la 4e place du classement britannique des ventes d'albums[5], est certifié disque d'or au Royaume-Uni en dix jours, puis disque de platine en et double disque de platine à la fin de l'année[6], avec presque un million d'exemplaires vendus dans le monde[s 28]. Alors que Mitch Glover est revenu quelques mois[s 29], il laisse définitivement sa place à Ian Matthews pour les tournées de promotion en Europe[s 30],[s 31],[s 32], au Japon[s 33],[s 34], et sur le continent nord-américain[7],[8],[s 35]. À la suite du concert du à la Carling Brixton Academy pour le 24e anniversaire de Pizzorno[s 36], le groupe met à disposition le live en téléchargement sous le nom Live from Brixton Academy à partir du [9].

Enregistrement et production

photo d'un portail blanc et d'un chemin menant à une bâtisse.
Entrée des studios Rockfield dans lesquels Kasabian enregistre l'album.

Fin 2005, Pizzorno envoie ses premières démos à Jim Abbiss dans l'optique d'un futur album. Les musiciens désirent également changer de lieu pour l'enregistrement car ils se savent plus attendus que pour le premier, mais aussi parce qu'ils souhaitent « trouver l'endroit le plus propice pour libérer leur créativité »[s 28]. Karloff s'étant marié avec sa petite amie new yorkaise au mois de novembre et vivant désormais là-bas, il ne se voit pas revenir au Royaume-Uni pour les sessions studio[s 37]. Comme il est l'un des deux auteurs-compositeurs de Kasabian, son départ surprend tout autant l'ancien batteur Ryan Glover que les fans les plus assidus du Movement, alors même que le grand public n'est pas tenu au courant dans l'immédiat[s 38].

Malgré une certaine pression, ils enregistrent le deuxième album sur environ quinze jours en dans les studios Rockfield, au pays de Galles, au cours desquels le producteur vante leur professionnalisme et surtout leur créativité. En effet, une petite dizaine de chansons est rapidement terminée et malgré cela, ils continuent de composer de nouveaux morceaux[s 39]. Sous l'impulsion de Pizzorno et d'Abbiss, plusieurs artistes contribuent à la réalisation de ceux-ci : Joana Glaza, de Joana and the Wolf (en), chante sur Empire[s 40] et des instrumentistes à cordes jouent sur Me Plus One[s 41].

Avec le temps passé en studio, les membres de Kasabian se rendent compte que l'absence de Karloff et de sa guitare leur est préjudiciable. Ils proposent donc à Jay Mehler, membre du groupe Mad Action qui les a accompagnés dans une tournée, de participer à l'album sur lequel ils travaillent. Le guitariste monte alors sur scène avec eux, ce qui suscite de nombreuses spéculations de la presse musicale, l'annonce officielle du départ de Karloff n'ayant pas encore été publiée[s 42],[10].

Parution et réception

Sortie et succès commercial

L'annonce officielle du départ de Karloff est faite le [10], une semaine avant la sortie du premier single, Empire[s 42]. Celui-ci se classe 9e du classement britannique des ventes de singles[s 42],[5]. En parallèle des festivals auxquels il participe, Kasabian commence la promotion de son album dès la fin juillet en se rendant dans diverses émissions de télévision et de radio musicales telles celle de Zane Lowe sur la BBC Radio 1[11], The Friday Night Project (en) sur Channel 4 ou encore aux studios MTV de Londres[12],[13].

Empire sort le et débute directement à la première place du classement britannique des ventes d'albums[s 43],[14]. Il atteint la 3e place en Irlande[15] et la 19e en Nouvelle-Zélande[16]. Le disque peine à se vendre dans les autres pays, n'entrant dans le top 50 qu'en Italie et en Suisse[17],[18]. Il ne fait pas mieux que 56e en France[19], et ne dépasse pas la 114e place au Billboard 200 (États-Unis)[20]. Deux autres singles accompagnent par la suite la parution de ce deuxième album studio : Shoot the Runner le et Me Plus One le , qui se classent respectivement 14e et 9e[s 44],[s 45],[s 46]. Avec plus de 300 000 exemplaires vendus au Royaume-Uni en moins de deux mois, Empire y est certifié disque de platine dès le [6]. Il obtient la même récompense en Irlande pour 15 000 ventes[21] et le disque d'or en Australie avec 35 000 ventes[22]. Après moins d'un an d'exploitation, l'album devient double disque de platine dans son pays d'origine et s'y est depuis écoulé à plus de 800 000 exemplaires[6],[23].

La sortie de l'album apporte de multiples nominations pour les différents trophées musicaux, mais une seule récompense finalement. Le , Kasabian et son album Empire sont ainsi devancés par Whatever People Say I Am, That's What I'm Not d'Arctic Monkeys pour le titre de « meilleur album ». La chanson homonyme subit le même sort avec When You Were Young des Killers aux Q Awards dans la catégorie du « meilleur clip »[s 44],[24]. Pendant la cérémonie des Brit Awards du , il est battu par Arctic Monkeys et Muse dans les catégories « meilleur groupe britannique » et « meilleur groupe britannique sur scène »[25]. Il remporte le titre de « meilleur groupe sur scène » lors des NME Awards le , mais s'incline une nouvelle fois devant Muse et Arctic Monkeys pour ceux de « meilleur groupe britannique » et de « meilleur album ». Le clip de Bones des Killers finit également devant celui de la chanson Empire[s 46],[26]. Le , Kasabian voit encore Muse lui passer devant dans la catégorie du « meilleur groupe sur scène » aux Q Awards[27].

Accueil critique

L'accueil médiatique d'Empire est globalement positif, l'album obtenant un score de 65100 sur la base de vingt critiques collectées par le site agrégateur Metacritic[28]. Dan Martin, du NME, voit dans cet album « toute la virtuosité de Kasabian, leur pureté, leur obstination, leur longévité et une très, très grande imagination » et conclut que « ce sera un crève-cœur quand il faudra les départager de Muse et Arctic Monkeys pour l'album de l'année »[30]. Craig McLean, pour The Observer, abonde dans ce sens et le décrit comme « un disque vibrant, enjoué, et — juste de temps en temps — génialement bizarre »[33]. Uncut y retrouve « le contenu lessivé de (What's the Story) Morning Glory? d'Oasis, du dynamisme et une confiance inébranlable en plus. C'est impitoyable »[p 7]. Mojo estime pour sa part que « l'album est globalement aussi puissant que son titre l'indique »[p 6], tandis que le magazine Q explique que « les ronchons écriront que c'est un mixage peu original du rock indépendant des années 1990 alors qu'en réalité cet album est bien meilleur que ce qui était fait à l'époque »[p 5]. Alternative Press en fait même « un pionnier de l'histoire contemporaine du rock »[p 4]. Pour Entertainment Weekly, « le côté fanfaron est un peu usant à la fin, mais à petites doses, c'est beaucoup de plaisir »[p 3].

Parmi les critiques moins favorables, musicOMH voit « une progression par rapport à leur premier album, mais pas encore au niveau de ce qu'ils suggèrent. [...] C'est tout de même un pas significatif dans cette direction »[34]. Sputnikmusic note aussi qu'« il y a de l'amélioration » mais admet que « ce n'est pas le chef-d'œuvre promis »[35]. Pour les Inrockuptibles, « le duo Pizzorno/Meighan n'a pas encore pleinement réussi à dompter tout ce qui faisait la force d'Oasis. Il a réussi à en retrouver l'énergie et l'exaltation, mais n'a pas encore pleinement atteint le même sens de la formule pop, de l'écrin mélodique qui touche instantanément le ventre »[36]. Chris Salmon, du Guardian, ne le juge pas non plus comme « un disque exceptionnel, mais il en offre suffisamment pour qu'il soit considéré comme bon », ajoutant que « la qualité des chansons devrait permettre qu'il se vende comme des petits pains »[29]. Jason MacNeil, pour PopMatters, estime aussi que « c'est un bon deuxième album », mais espère que « le troisième comportera plus d'éléments qui avaient provoqué le choc et l'émerveillement du premier »[31]. David Jeffries, d'AllMusic, partage cet avis et remarque que « le premier album était plus incisif, alors que celui-ci est plus grand, sans forcément être meilleur »[32]. Chris Long, pour la BBC, le considère également comme « un successeur adéquat au premier album » mais nuance en rappelant que « les légendes musicales ont plus d'une corde à leur arc et qu'il est temps que Kasabian trouve les siennes »[37]. Spin pointe du doigt « le changement constant de direction »[p 1], alors que Rolling Stone le décrit comme « bien pire que leur superficiel mais savoureux premier album » et conclut que « la grosse production sur celui-ci ne fait que rendre plus visible ses défauts »[p 2].

Classements et certifications

Meilleures positions de Empire dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[38] 68
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[39] 64
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[40] 64
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[20] 114
Drapeau de la France France (SNEP)[19] 56
Drapeau de l'Irlande Irlande (IRMA)[15] 3
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[17] 40
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[16] 19
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[14] 1
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[18] 47
Certifications de Empire
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Australie Australie 35 000 + Disque d'or Or[22]
Drapeau de l'Irlande Irlande 15 000 + Disque de platine Platine[21]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 600 000 + Disque de platine 2 × Platine[6]

Tournées

photo d'un groupe se produisant sur scène.
Kasabian est en première partie des Rolling Stones sur plusieurs dates lors de leur tournée A Bigger Bang.

Dès , Kasabian commence la promotion de son deuxième album en participant à l'Oxegen le 8[41] et au T in the Park le 9[42], en plus de quelques passages en radio[s 43]. Au mois d'août, le groupe fait la première partie des Rolling Stones pour leur tournée A Bigger Bang à Zurich et à Nice, avant d'alterner festivals et concerts : Ibiza Rocks (en) le 12 avec Noel Gallagher (Oasis)[43], Édimbourg le 14[44], la Brixton Academy le 15[45], Dublin le 17[46], puis le V Festival les 19 et 20[47],[48] et Rock en Seine le 25[49],[s 43].

Après un passage dans les studios de la radio XFM, à la Maroquinerie de Paris et au KOKO début septembre[s 47], ils poursuivent leur tournée avec vingt dates aux États-Unis et au Canada du au , participant également à l'émission Late Show with David Letterman le [s 44]. Début novembre, ils participent à un concert caritatif aux côtés de Noel Gallagher pour l'association Focus 12 qui lutte contre les addictions à la drogue, avant d'effectuer de nombreuses émissions radiotélévisées (XFM, BBC Radio 2, Later... with Jools Holland, Top of the Pops 2 et Taratata notamment) pour la sortie du single Shoot the Runner[s 44]. Le groupe retourne ensuite aux États-Unis pour une tournée de sept dates[s 44], du à Millvale en Pennsylvanie au 21 à Dallas au Texas[50],[51], avant d'enchaîner avec une dizaine de concerts au Royaume-Uni pour conclure l'année[s 48].

Kasabian débute 2007 par une série de huit concerts au Japon du 6 au , puis par quelques dates en Australie et en Nouvelle-Zélande[s 49], notamment dans le cadre du festival itinérant Big Day Out, du au [s 45]. Il remonte ensuite sur scène pour une tournée en Europe (Belgique, Suisse, Allemagne, France, Pays-Bas et Espagne) au cours du mois de février[s 46]. Le , il participe pour la première fois à la soirée donnée en faveur de l'association Teenage Cancer Trust (en) au Royal Albert Hall, qui voit la venue de Noel Gallagher, The Coral ou encore The Who[s 46].

La formation se produit dans quelques festivals européens avant l'arrivée de l'été : Green Energy Festival au château de Dublin le [s 46], le Radio 1's Big Weekend à Preston le [s 50], le Festival de l'île de Wight le [52] et le Glastonbury Festival le [s 50]. Lors de cette tournée, les musiciens découvrent de nouveaux pays comme la Serbie, la Hongrie ou encore la Roumanie, avant de revenir à Londres pour l'unique représentation du Live Earth le , à Wembley[53]. Ils continuent ensuite sur le vieux continent jusqu'à la fin du mois  T in the Park le lendemain, Somerset House le 13, Ibiza Rocks les 16 et 17, Vieilles Charrues le 22, Vodafone Live! le 26 et iTunes Festival le 31[s 50],[s 51]  avant de s'envoler pour le Japon et le Summer Sonic Festival à Osaka et Tokyo[54],[55]. Le mois d'août voit une nouvelle fois le groupe se produire dans des festivals : Lowlands, V Festival, Musikfestwochen et Jersey Live[s 51]. Après un ultime festival pour 2007, le Planeta Terra le au Brésil[56], les membres de Kasabian achèvent l'année par une vente aux enchères de soixante-deux guitares Gibson, dont l'objectif est d'obtenir des fonds pour la musicothérapie Nordoff-Robbins, The Prince's Trust et Teenage Cancer Trust[s 52].

Caractéristiques artistiques

Fiche technique

Références

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