Empreinte typographique
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L'empreinte typographique est une suite de caractères permettant l'identification formelle d'une édition particulière d'un livre ancien[1]. Ces caractères typographiques sont prélevés d’une série d’emplacements spécifiques fixes et déterminés à l’avance, afin d’éliminer toute interprétation subjective. Les empreintes recensées sont consignées sur un support informatique qui permet ensuite de valider si un même exemplaire de cette édition a déjà été catalogué, puisque plusieurs exemplaires de la même édition présentent les mêmes empreintes[2].
Cet identifiant est, en première approximation, l'analogue des outils contemporains que sont le doi pour les articles et l'ISBN pour les livres[1].
Plusieurs systèmes existent en parallèle. Ils ont été développés suite à des expérimentations visant à extraire des éléments d’identification distinctifs à travers les monographies anciennes. Comme une formule définitive d’empreinte n’a pas encore été entérinée par un accord international, la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA) considère plusieurs formes d’empreinte typographique acceptables dans ses standards de description bibliographiques ISBD[3].
L'empreinte LOC
Le système LOC (Londres-Oxford-Cambridge) a été développé conjointement par des bibliothécaires du British Museum, de la Bibliothèque Bodléienne (Oxford) et la Bibliothèque de l’université Cambridge. Débuté en 1968, l’objectif du projet LOC était de développer des techniques pour permettre de compiler à l’ordinateur un catalogue conjoint de leurs trois institutions incluant tous les livres imprimés avant 1801[4]. À l’issue du projet, un rapport a été publié qui détaille certains des problèmes rencontrés ainsi que leurs solutions (Computers and early books : report of the LOC Project investigating means of compiling a machine-readable union catalogue of pre-1801, par J. W. Jolliffe). Dans le but de pouvoir identifier d’une manière certaine si plus d’une copie de la même édition d’un livre était disponible dans plusieurs des bibliothèques, les participants au projet ont développé le système d’empreintes LOC, un système d’empreintes d’identification uniques à chaque document pouvant ensuite être comparé à l'aide de l’ordinateur[5].
Il est basé sur une suite de 16 caractères : l'empreinte comporte ainsi en principe les deux derniers caractères des deux dernières lignes :
- du premier recto après la page de titre ;
- du quatrième recto après celui-ci ;
- du premier folio portant la numérotation 13 ;
- et les deux premiers caractères des deux dernières lignes du verso de la page portant la numérotation 13[6].
Un 17e signe complète cet ensemble, qui spécifie où a été prélevé le 3e groupe de 3 caractères (folio chiffré 13 ou 17, ou compté) et par la date telle qu’elle figure sur le volume[6].
Il est à noter qu’en construisant ou en vérifiant le code, on tient en compte les ponctuations, mais on ignore les espaces. Des instructions complètes détaillent aussi les règles à suivre concernant les pages blanches, les illustrations, les colonnes et plusieurs autres complications et exceptions[7].
L'empreinte STCN
Ce système a été développé pour répondre aux besoins de catalogage du STCN (ou Short-Title Catalogue, Netherlands), un projet de bibliographie nationale néerlandaise couvrant la période jusqu’à l’an 1801, et incluant des documents imprimés au Pays-Bas ou écrit en néerlandais[8]. Comme pour le projet LOC, un des défis était de trouver une méthode économique et fiable d’identifier les différentes éditions d’un même document imprimé. La méthode de l’empreinte permettant d’identifier des caractéristiques distinctives d’une édition spécifique, et a donc été introduite au Pays-Bas en 1971 par le professeur J. Gerritsen pour servir sur le projet du STCN. Cette empreinte a ensuite été révisée dans une optique d’informatisation en 1982, permettant de distinguer entre les différentes éditions d’un ouvrage même lorsque les copies sont des réimpressions ligne pour ligne. L’empreinte STCN fourni une identification formelle de chaque copie qui sert ainsi de comparatif dès la première description enregistrée. Les entrées subséquentes incluent une note fournissant une variante textuelle propre à cette édition, permettant aux usagers de comparer n’importe quelle copie avec l’entrée STCN pour ainsi l’identifier.
L’empreinte STCN est formulée de la manière suivante : année et format du livre, un indicateur, la signature ainsi que le texte au-dessus de celle-ci, ainsi que la ponctuation entre ces composantes[9].
Pour déterminer les caractères se trouvant directement au-dessus de la signature, on trace des lignes verticales imaginaires à la gauche et à la droite des signatures, et les caractères qui apparaissent en entier entre ces lignes font partie de l’empreinte (généralement, on ne considère pas les caractères incomplets). Ce système d’empreinte tient donc compte d’éléments d’une édition qui ne servent pas au texte, mais plutôt au typographe ou au relieur, soit la signature. Plusieurs autres règles sont mises en place pour déterminer l’empreinte complète[10]. Le système d’empreinte mis en place pour le projet STCN a été mis en application par une équipe restreinte de collaborateur, le processus impliquant que les descriptions soient établies avec le livre en main, puis vérifiées par un collègue chevronné toujours en présence du livre. Cette méthode de travail a permis au projet de conserver la rigueur requise pour que l’application des règles et procédures soit effectuée avec précision, une des qualités du projet[11].
Le projet STCV, qui travaille à décrire toutes les publications apparues avant 1801 sur les limites du territoire actuel de la Flandre (incluant Bruxelles), porte une attention particulière aux éléments de la collation et de l’empreinte et utilise aussi le système d’empreinte STCN dans l'élaboration de son catalogue[12].