Collation (bibliographie)
organisation et classification des informations écrites dans un ordre standard, souvent numérique ou alphabétique
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La collation est la description physique d'une édition particulière d'un livre ou d'un document. Elle permet l’identification et le classement d’une édition d’un ouvrage par les caractéristiques physiques qui le distinguent sur le plan bibliographique[1].
Plusieurs éléments descriptifs qui caractérisent le document au niveau bibliographique sont pris en compte pour constituer la collation. On retrouve notamment le nombre de volumes, la pagination, les illustrations et le format[2].
La manière de présenter la collation est régie par des normes de référence comme l’International Standard Bibliographic Description (ISBD). Ces normes encadrent les pratiques entourant la description de catalogage comme la forme, l’ordre et le contenu des notices. La collation peut alors être écrite différemment dans les notices selon la norme suivie pour la faire. Par exemple, un document composé de trois volumes avec un nombre de pages cumulé de 1095 ayant des illustrations en couleur et ayant une hauteur de volume de 25 cm pourrait s’écrire comme suit avec la norme de référence ISBD :
Collation : 3 vol. (1095 p.) : ill. en coul. ; 25 cm[3]
Cependant, de plus en plus de bibliographies paraissent sans collation complète sauf dans des cas précis où l’objet « livre » est le sujet de l’étude comme c’est le cas dans les études sur les livres rares ou anciens[4]. On retrouvera alors le plus souvent une version simplifiée de la collation avec simplement la pagination de l’ouvrage. Aussi, aujourd’hui, on va le plus souvent utiliser le terme de « description matérielle » plutôt que de « collation » pour désigner la description des éléments physiques d’une notice bibliographique ou de catalogue.
La collation des monographies anciennes
Dans la collation de livres anciens, on ne donne pas le format en centimètre comme pour ceux plus récents. On donnera plutôt son format réel ou bibliographique. Ce dernier est déterminé à partir de la manière dont ont été pliées les feuilles ayant servi à faire les cahiers du livre[5]. Dans les règles de l’ISBD, on peut voir que plusieurs manières d’exprimer le format bibliographique sont acceptées et qu’il varie selon l’établissement de catalogage :
- ; 1°, 2°, 4°, 8°, 12°, etc.
- ; 1:o, 2:o, 4:o, 8:o, 12:o, etc.
- ; 1mo, 2do, 4to, 8vo, 12mo, etc.
- ; in-plano, in-fol./in-2, in-4, in-8, in-12, etc.[3]
À la suite de ces indications, des précisions sur le nombre de colonnes de texte pourraient aussi apparaitre. On retrouve aussi dans certains ouvrages anciens une foliotation (la numération des feuillets) plutôt qu’une pagination. Elle sera elle aussi inscrite dans la collation[5].
Les illustrations dans ces livres anciens ont aussi des particularités dans la collation. Leur présence et la manière de les indiquer dans celle-ci divergent selon leur type. Les motifs ornementaux, comme les lettrines ou les fleurons, ne sont pas dénombrés. Les figures gravées sur bois sont inscrites dans la collation et signalées avec la mention « fig. ». Les planches hors texte sont dénombrées et ont la dénomination « pl. ». La marque de l’imprimeur ou de libraire, qui est gravée sur bois ou en taille-douce, doit être mentionnée à la fin de la collation[5].
La collation en archivistique
L’utilisation du terme « collation » pour signifier la description de documents ou d’objets particuliers est aussi utilisée en archivistique. Dans ce contexte, la collation sert davantage à décrire la quantité de documents et d’objets d’une unité archivistique et la nature de ceux-ci que de décrire la structure interne d’un ouvrage comme c’était le cas dans la section précédente.
La collation en l’archivistique canadienne
Dans les Règles pour la description des documents d’archives (RDDA), les règles générales en usage au Canada pour décrire les documents d’archives, on retrouve les éléments à considérer pour décrire correctement la zone de la collation des notices descriptives (voir la règle 1.5 des RDDA)[6]. La zone de la collation sert à exprimer l’étendue de l’unité archivistique à décrire, soit la dimension linéaire des fonds, des séries, des dossiers et des pièces de celle-ci. Pour chacun de ces éléments, des indications quant au genre spécifique des documents seront mentionnées pour connaître les sortes de documents constituant le fonds comme des documents textuels, des cartes et des photographies[7]. D’autres caractéristiques matérielles, les dimensions et des documents d’accompagnement peuvent aussi être mentionnés, si nécessaire, dans la zone de la collation[6].
Un exemple de collation d’une unité archivistique pourrait alors être écrit ainsi en suivant les RDDA:
Collation :
- 7 m de documents textuels
- 2 bobines de film : muet, n. & b.
- 45 photographies : n. & b., 20 X 25 cm
- 50 dessins techniques
- 19 cartes postales