Enrique Flórez

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Enrique (ou Henrique) Flórez de Setién y Huidobro, O.S.A. (Villadiego, Burgos, Madrid, [1]) est un religieux augustin espagnol, célèbre comme historien, qui était également traducteur, géographe, chronologiste, épigraphiste, numismate, paléographe, bibliographe et archéologue du Siècle des Lumières.

En 1719, à dix-sept ans, il est entré dans l'Ordre de Saint Agustin à Salamanque. Il a fait ses études dans cette cité ainsi qu'à Valladolid, Ávila et Alcalá de Henares. Il est devenu docteur en théologie et professeur de théologie à l'Université d'Alcalá. Il a été de plus académicien de la Real Orden de Caballeros de Valladolid, membre de l'Academia del Buen Gusto (es) de Saragosse et Académicien de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Durant son séjour à Madrid, il a connu quelques-uns des espagnols les plus cultivés de son temps, comme Gregorio Mayans y Siscar, le père Martín Sarmiento, Blas Nasarre (es) et les Iriarte, Juan de Iriarte et Tomás de Iriarte. Il a été membre du conseil de l'Inquisition (1743), ainsi qu'assistant général de la province espagnole de son ordre (1765). Il a écrit les six volumes d'une Teología escolástica (1732–1738). Par la suite, il s'est tourné vers des études érudites et vers la recherche, particulièrement concernant l'histoire ecclésiastique de l'Espagne, appliquant les idées du Siècle des Lumières avec l'utilisation de la critique au sujet des sources originales. Il a abandonné alors sa chaire à Alcalá et a entrepris sa recherche à quarante ans, en 1742. Il a réalisé divers voyages dans toute l'Espagne à la recherche de documents et de références ainsi que pour consulter les archives. Il a exhumé de nombreux documents importants, quelques-uns d'entre eux perdus aujourd'hui. L'année suivante, il a publié la Clave historial con que se abre la puerta a la historia eclesiástica y política, livre qui a été réimprimé douze fois en un peu plus d'un demi-siècle[2].

Première page de l'éd. originale du tome XVIII de la España sagrada (1764).

En 1747 a été publié le premier tome de son œuvre la plus fameuse, la monumentale España sagrada, qui a fini par comprendre cinquante-six volumes et dont le père Flórez a composé les 29 premiers, les cinq volumes initiaux entre les années 1747 et 1750 ; le reste a été publié jusqu'en 1775, lorsque les deux derniers ont été imprimés à titre posthume. Flórez s'est clairement inspiré de la Gallia christiana (Paris, 1715–1785, 13 vols.) de Denis de Sainte-Marthe et de la Italia sacra (Venise, 1717–1722, 10 vols.) de Ferdinando Ughelli, deux des plus ambitieux projets historiographiques de son temps. Les augustins, ses compagnons de l'Ordre, n'ont pas voulu laisser l'œuvre inachevée et l'ont continuée. Se sont attelés à ce travail le père Manuel Risco, qui s'est occupé de l'édition des tomes 30 à 42; et Antolín Merino et José de la Canal, qui se sont occupés des tomes 43 à 46. Le désamortissement de Mendizábal en 1836 a interrompu les travaux, et les tomes 47 et 48 sont apparus grâce à Pedro Sainz de Baranda (es). Sous l'impulsion de l'Académie royale d'histoire, Vicente de la Fuente (es) a préparé les tomes 49 (1865) et 50 (1866). Carlos Ramón Fort (es) a élaboré le 51 édité en 1879 et le volume 52, élaboré par Eduardo Jusué (es), paru en 1917 ; Ángel Custodio Vega (es) a composé les deux dernières publications, qui ont parue en 1957.

Pour réaliser sa gigantesque tâche, Enrique Flórez a divisé l'Espagne en diocèses dont il a étudié la fondation, les monnaies, les monuments, les inscriptions, les manuscrits, les évêques, les églises, les couvents, les abbayes et les saints. Il a reproduit une grande quantité de manuscrits anciens, dont des textes des antiques chroniques comme les Anales toledanos, la Crónica compostelana et beaucoup d'autres. Ces éditions n'ont pas été faites avec la rigueur paléographique moderne qui aujourd'hui s'impose, mais on a cependant recours à la España sagrada aujourd'hui, et cela démontre la solidité du travail réalisé par les augustins studieux. Une grande partie de cette solidité dérive de l'humilité du sage père Flórez, qui consultait et échangeait avec toute sorte d'experts dans les domaines dans lesquels il était lui-même compétent, puis, il a entretenu une gigantesque correspondance littéraire et scientifique avec tous ceux qui se consacraient à l'étude des antiquités, l'épigraphie et la numismatique, ou ceux qui s'occupaient également de l'histoire antique et tardoantique de la péninsule ibérique, qu'ils soient ou non d'accord avec lui : les antiquaires Miguel de Espinosa, comte del Águila ; Andrés Burriel ; Patricio Gutiérrez Bravo ; Luis José Velázquez de Velasco, marquis de Valdeflores; Gregorio Mayans y Siscar ; Francisco Pérez Bayer, le bibliographe père Francisco Méndez, qui sera son biographe, ami et compagnon de travail, ou les frères Mohedano.

Il a soutenu diverses éditions sous sa direction attentive : Viaje de Ambrosio de Morales, por orden del Rey Don Felipe II a los reinos de León y Galicia y Principado de Asturias (1765) ; celle de De Formando Theologiae Studio Libri IV collecti ac restituti per R. P. M. Fr. Laurentium a Villavicentio ; celle de De Sacris Concionibus et le fameux Sancti Beati, Presbyteri Hispani Libanensis, In Apocalypsim (1770) ou Exposición del Apocalipsis par San Beato de Liébana, qui a été exhumé par le Padre Flórez. Il a écrit aussi comme numismate Medallas de las colonias, municipios y pueblos antiguos de España (trois vols., 1757, 1758 et 1773) et comme généalogiste Memoria de las reinas católicas, historia genealógica de la Casa Real de Castilla y León (1761, deux vols.), entre autres. Le livre «La Cantabria»[3], de 1768 devait en principe être un appendice au tome XXIV de la España sagrada, mais il a été publié de manière indépendante car il y était étudié divers points, «dignes de considération particulière, avec plus d'attention et de développement que ce que demanderaient normalement les questions abordées». Cette œuvre est considérée comme une référence pour la recherche dans les temps modernes des limites de l'antique Cantabrie, et est un point de départ pour de nombreuses études postérieures du peuple des Cantabres dans l'antiquité. Parmi les nombreux apports que nous fournit son travail, on doit mentionner de manière spéciale l'identification qu'il a réalisée des ruines de Retortillo (commune de Campoo de Enmedio) avec la cité romaine de Julióbriga.

Œuvres

Références

Voir aussi

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