Essai sur les règnes de Claude et de Néron

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PaysDrapeau de la France France
Genreessai
Éditeurfrères De Bure
Essai sur les règnes de Claude et de Néron
Auteur Denis Diderot
Pays Drapeau de la France France
Genre essai
Éditeur frères De Bure
Lieu de parution Paris
Date de parution 1778

L' Essai sur la vie de Sénèque, sur ses écrits et sur les règnes de Claude et de Néron est un ouvrage de Denis Diderot paru en et réédité dans une version plus aboutie en 1782.

Origine

Dans les années 1770, d'Holbach et son cercle cherchent à appuyer leur position philosophique matérialiste sur les principes du stoïcisme et incitent Jacques-André Naigeon à publier une nouvelle édition de l’œuvre de Sénèque. La traduction en est confiée à Joseph Lagrange, précepteur des enfants de d'Holbach, qui s'en acquittera jusqu'à sa mort en 1775 ; Naigeon achèvera alors la traduction et annotera le texte.

De la postface à l'Essai sur les règnes

Pour compléter l'édition, Naigeon et d’Holbach demandent à Diderot de rédiger une postface. Diderot se base sur les écrits de Tacite, de Suétone et de Sénèque lui-même mais il éprouve le besoin, pour bien pénétrer la pensée et l’œuvre du philosophe latin, d’approfondir sa connaissance des empereurs romains sous les règnes desquels il avait vécu. Cette biographie, presque une apologie, s’accompagne donc d’un commentaire sur l’exercice du pouvoir et le caractère des empereurs Claude et Néron. Cet essai prendra une telle ampleur qu'il devra être édité à part sous le titre Essai sur la vie de Sénèque le philosophe, sur ses écrits, et sur les règnes de Claude et de Néron qui occupera un septième volume des Œuvres de Sénèque.

L'Essai sur la vie de Sénèque paraît en , chez de Bure à Paris[1]. La page de titre du 7e tome porte le millésime 1779, mais les comptes rendus parus dans la presse littéraire en attestent de la publication de l'ensemble de la série au plus tard en [2]. Ni Naigeon, ni Diderot ne sont nommément cités dans cette édition, pourtant publiée avec privilège. Diderot était pourtant bien identifié comme l'atteste la présentation du Mercure de France :

« Un des Écrivains les plus célèbres de notre siècle a bien voulu en décorer l'Ouvrage de son ami & le plus précieux monument qui nous reste de la Philosophie ancienne ne pouvoit être plus dignement couronné[3]. »

L'ouvrage contient une attaque voilée contre son ancien ami Jean-Jacques. Dans une note, Diderot rejette comme non valides les attaques portées contre Sénèque par son contemporain Publius Suillius Rufus, mais en formulant sa critique de Suillius de telle façon qu'on peut y voir en fait une attaque contre Rousseau. Dès la publication de l’ouvrage, la critique se déchaîne.

Diderot décide alors de répondre aux différentes attaques dans une nouvelle édition du texte, une fois et demie plus volumineuse que la première et qui comprend deux tomes. Le nouveau titre, Essai sur les règnes de Claude et de Néron et sur les mœurs et les écrits de Sénèque pour servir d’introduction à la lecture de ce philosophe, atteste par ailleurs d'un déplacement de la focalisation sur les questions politiques ; Diderot traite cette fois des rapports entre les philosophes et le pouvoir.

Le traitement n'en est évidemment pas moins périlleux et, pour contourner la censure, Diderot fait imprimer l'ouvrage à Bouillon, avec une adresse fictive à Londres et sans nom d'auteur, en 1782[4].

Contenu

C'est la dernière œuvre qui paraîtra de son vivant et elle n'est pas exempte d'une dimension testamentaire, jusque dans ses aspects éditoriaux. Ainsi que le note Michel Delon :

« À travers la figure [de Sénèque], il se justifie d'avoir échappé à la misère, d'avoir richement doté sa fille et de s'être sali les mains en allant dialoguer avec l'impératrice de Russie[5]. »

Au-delà d'une biographie de Sénèque, Diderot étudie dans l’Essai les rapports entre le philosophe et le pouvoir et livre l'aboutissement de sa pensée politique. La réflexion politique traverse toute la vie de Diderot. Dans la Promenade du sceptique il écrivait déjà, que si on lui imposait silence sur la religion et la politique, il n'aurait plus rien à dire ; et l'article Autorité politique de l'Encyclopédie (1751) est une autre balise majeure. Toutefois, l'expression écrite de ses idées politiques se concentre après la déception de ses rencontres avec Catherine II en 1774. En particulier, les textes de l’Essai peuvent être rapprochés de ses importantes contributions à l’Histoire des deux Indes, écrits et publiés à la même époque[6]. Sa déception personnelle à l'égard des despotes et monarques éclairés le conduit à remettre en cause toute forme de puissance despotique exercée au détriments des Hommes et de la société, voire de toute autorité.

Édition

Bibliographie

Notes

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