Ettadhamen
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Le quartier d'Ettadhamen se forme dans le sillage des vagues de migration intérieure (pauvres, petits agriculteurs et chômeurs) qui marquent la Tunisie au début des années 1950, sous la présidence d'Habib Bourguiba, lorsque des centaines de familles quittent leurs villages pauvres des gouvernorats du Nord-Ouest (Siliana, Béja, Jendouba et Le Kef)[1] pour les faubourgs de la capitale[2].
La jeunesse du quartier joue un rôle central dans la révolution de 2011 qui renverse le président Zine el-Abidine Ben Ali car elle aspire à changer ses conditions de vie difficiles, mais sans succès[1]. Si les traces des principaux contributeurs au soulèvement populaire sont encore présentes sur les murs des maisons et des ruelles environnantes[2], les projets d'infrastructure restent en effet absents de la région dans les années qui suivent, ce qui contribue à la détérioration de la situation et à la propagation de la criminalité, avec du trafic de stupéfiants et un niveau élevé de frustration et de dénuement chez les jeunes, dont la plupart choisissent l'émigration clandestine[1],[3]. Des mouvements islamistes militants se développent par ailleurs et certaines cellules djihadistes émergent, notamment parmi la jeunesse[2].
Avant la scission d'Ettadhamen-Mnihla en deux municipalités distinctes (Ettadhamen et Mnihla) en 2016, l'ensemble est habité par près de 142 953 personnes (2014[4]).
Économie
La transition politique de l'État tunisien après la révolution de 2011 contribue à l'état de stagnation économique, avec une augmentation du nombre de diplômés universitaires et une absence de stratégie globale offrant des solutions radicales pour réduire le taux de chômage. Celui-ci est estimé à plus de 60 %, tandis que le taux de pauvreté est de 70 %, car le revenu mensuel de milliers de familles ne dépasse pas 200 dinars, alors qu'il atteignait 27,88 % pour les diplômés supérieurs en 2014[1].
Culture
Complexe des jeunes

Ettadhamen est équipé d'un complexe multidisciplinaire dont la mission est de former les jeunes et de développer leurs talents dans un certain nombre de domaines, tels que la musique, le théâtre et la lecture. Il est inauguré par le président Béji Caïd Essebsi en 2018[5].
Festivals d'été
Le quartier a son propre festival qui se tient annuellement de la fin juillet à la première semaine d'août. En 2019, la communauté locale célèbre la 33e édition du festival qui est considéré comme l'un des quelques événements de divertissement disponibles[6]. Le festival réunit des activités de tout type, mais surtout des concerts et parfois des pièces de théâtre.
