Eudes d'Aquitaine
duc d’Aquitaine et de Vasconie (vers 681-735)
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Eudes[1] (Eudon, Eudo, Oto et Odo), est duc d'Aquitaine et de Vasconie vers 681[2] jusqu'à sa mort en 735[3]. Mort en 735, il est un duc d'Aquitaine actif dans le premier tiers du VIIIe siècle.
| Duc de Vasconie | |
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| Duc d'Aquitaine | |
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| Nom dans la langue maternelle |
Odo |
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| Enfants |
À son accession au titre de duc, le duché allié aux Vascons et ennemi des Francs, s'étend de la Loire jusqu'au-delà Pyrénées, avec Toulouse comme capitale, ainsi que la Vasconie ultérieure. Il exerce le pouvoir sur l'espace aquitain à partir des années 710 et apparaît dans les sources comme dux à la tête d'un vaste territoire s'étendant du sud de la Loire aux Pyrénées.
Lors de la guerre civile des Francs, Eudes prend le parti du roi de Neustrie Chilpéric II face à Charles Martel et à Clotaire IV d'Austrasie, ce qui accroît la reconnaissance de son autorité sur l'Aquitaine. La coalition de Chilpéric, de son maire du palais Raganfred et de Eudes, est battue par Charles lors de la bataille de Néry le , Eudes retourne dans ses terres avec le roi Chilpéric, qu'il protège. Son exil prend fin cette même année, à la suite du décès du roi Clotaire IV, mis en place par Charles. Eudes remet Chilpéric en avant et obtient la paix avec le duc des Francs Charles ; Chilpéric est proclamé roi de tous les Francs avec l'assentiment de Charles. L'interprétation de ces événements varie : l'historiographie classique y voit la reconnaissance d'un « vice-royaume » aquitain, tandis que des travaux récents invitent à replacer ces relations dans un jeu d'alliances et de rapports de force propres à l'aristocratie franque du temps.
Durant son règne Eudes doit aussi faire face aux raids des Omeyyades venus d'Espagne, qu'il parvient à repousser dans un premier temps (bataille de Toulouse en 721). Vers 732, les Omeyyades reprennent l'avantage sur les Aquitains ; Eudes fait alors appel à Charles Martel. Les Francs prennent la direction de la contre-attaque, stoppant les Omeyyades en 732, entre Poitiers et Tours. Eudes ressort de cette bataille très affaibli politiquement. Le duché devient définitivement vassal des Francs après sa mort en 735.
Origine
Les sources historiques sérieuses indiquent que l'origine familiale de Eudes d'Aquitaine est incertaine. Aucune source contemporaine ne donne de généalogie claire et fiable. Les hypothèses le rattachant à un duc nommé Lupus ou à une lignée précise proviennent de traditions tardives, jugées fragiles ou non prouvées par les historiens modernes[4],[5],[6].
Biographie


Eudes d'Aquitaine profita des rivalités entre les royaumes francs de Neustrie et d'Austrasie pour affirmer son autorité sur l'Aquitaine et les territoires limitrophes, réduisant ainsi l'influence directe des rois francs dans ces régions[7].
Le royaume de Neustrie du roi Chilpéric II se voit aidé par le maire du palais Rainfroy, que les Austrasiens accusent de prétendre au trône avec le qualificatif de « tyrannus ». Charles Martel bat Rainfroy à Vinchy le [8],[9], malgré son alliance avec les Frisons païens. Rainfroy se rabat sur les Vascons qui forment la majeure partie des troupes d'Eudes. « C'est pourquoi Chilpéric et Rainfroy envoient une ambassade auprès d'Eudes pour obtenir son alliance contre Charles Martel. Ils lui offrent le royaume et des dons[8] ». Eudes est donc reconnu officiellement roi d'Aquitaine par le roi de Neustrie[10]. Cependant, la force militaire manque au Gallo-Romain du Sud-Est, ce qui permettra à Charles Martel de supprimer son indépendance très rapidement[11].
À la manière de Dagobert Ier, vice-roi d'Austrasie, Judicaël, duc ou roi des Bretons, de Chramn et de Caribert II, nommés tous deux rois d'Aquitaine, il y a une tradition franque du vice-royaume (Unterköningtum[12]). Lorsque Chilpéric II et Rainfroy accordent un « royaume et des dons » à Eudes, ils ne livrent pas le royaume de Neustrie à Eudes mais paient une alliance par la reconnaissance du vice-royaume d'Aquitaine et la scellent par un échange de dons[13] selon un cérémonial rigoureusement identique à celui qui régla la rencontre entre Judicaël et Dagobert Ier[14]. Ils la donnent contre une reconnaissance de son indépendance et le titre de roi[15]. Eudes se reconnaît soumis à Chilpéric II puisqu'il n'entre pas en relation avec le roi d'Austrasie et refuse d'obéir au maire du palais austrasien. Juridiquement, le vice-roi d'Aquitaine est légitimement reconnu comme seigneur-roi « domnus princeps »[16].
Une alliance étant faite et une armée, commandée par Chilpéric II, Rainfroy et Eudes, part en découdre contre Charles Martel mais leur inflige une défaite le entre Senlis et Néry près de Soissons[17]. Eudes réussit à s'enfuir avec une partie de ses hommes et passe au sud de la Loire. Il accueille ensuite Chilpéric à Toulouse, mais refuse de reprendre la lutte contre les Francs. Il livre d'ailleurs Chilpéric en 720 à Charles Martel contre un traité de paix.
Eudes a besoin de cette paix pour pouvoir affronter les Arabes, qui conquièrent l'Espagne depuis 711 et ont pris Narbonne en 720. Il triomphe de l'émir Al-Samh ibn Malik al-Khawlani entre Toulouse et Carcassonne en 721 (bataille de Toulouse), et met aussi deux fois en déroute l'émir Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi, en 725 et 726. Les Sarrasins ont néanmoins pris Nîmes et Carcassonne (725)[15].
En 731, Charles, l'accusant d'avoir violé le traité de paix de 720, passe la Loire à deux reprises et prend Bourges[15].
Il marie sa fille Lampégie[18] avec Uthman ibn Naissa aussi nommé Munuza, gouverneur dissident de Cerdagne. Mais en 732, Munuza, en révolte contre le wali d'Espagne Abd-er-Rahman, est tué par les troupes de Gehdi ben Zeyan.
Les Omeyyades d'Espagne lancent alors deux offensives simultanées, une qui remonte la vallée du Rhône jusqu'à Sens, et l'autre conduite par Abd-er-Rahman qui franchit les Pyrénées, ravage l'Aquitaine, prend Bordeaux et défait les troupes d'Eudes dans une bataille sanglante au passage de la Dordogne ou de la Garonne.
Le duc d'Aquitaine s'enfuit et demande de l'aide à Charles Martel, son ancien ennemi. Celui-ci réunit une armée, la rencontre a lieu en octobre 732 près de Poitiers, donnant la victoire aux Francs.
Après avoir perdu Bordeaux, Eudes accepte la suzeraineté de Charles Martel et meurt en 735.
Ses fils Hunald Ier et Hatton d'Aquitaine lui succèdent. La Chronique de Frédégaire mentionne Remistan[19] comme un fils d'Eudes d'Aquitaine, oncle de Waifre à qui le roi Pépin Ier d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux, confie un fief dans le Berry.
Issus de son mariage avec Adèle de Pfalzel fille de Dagobert II : Sa fille Gerlinde de Pfazel qui a épousé le Duc Adalbert d'Alsace. Son fils Albéric (?-714/721) qui est le père de saint Grégoire d'Utrecht. Et Haderich (?-après 699).
Dans la culture populaire
- Le groupe de folk métal gascon Boisson Divine a écrit une chanson traitant d'Eudes d'Aquitaine (et plus précisément de la bataille de Toulouse), nommée Caussada deus Martirs (« chaussée des Martyrs » en gascon) dans leur album Volentat (2015).