Vasconie

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Vasconie

Ve siècle  VIIIe siècle

Description de cette image, également commentée ci-après
Éxtension de la Vasconie au début du VIIIe siècle.
Informations générales
Statut Territoire des Vascons
Langue(s) Aquitain (proto-basque), Latin médiéval

Entités précédentes :

La Vasconie, en latin Vasconia (parfois écrit Wasconia[1]), désigne un vaste territoire occupé, structuré et défendu par les Vascons[2] de la fin du VIe siècle jusqu'au XIe siècle. Ce territoire jouait un rôle de zone tampon ou de défense naturelle contre les incursions de puissances extérieures comme les Francs, les Wisigoths ou encore les Omeyyades[3],[4]. Loin d'être une simple périphérie soumise aux puissances voisines, elle constitue un espace autonome dans lequel les communautés vasconnes conservent leurs institutions, leur langue et leurs modes de vie propres. Il y a deux Vasconies séparées par une frontière naturelle que sont les Pyrénées, qui sont unies dans une même dynamique historique.

  • La Vasconie citérieure, au nord des Pyrénées[4], regroupait des peuples aquitains et vascons, souvent très dialectisés[3]. Elle devient le duché de Vasconie, un territoire dont le nom remplace officiellement celui de la Novempopulanie à partir de 626[7],[8]. Les Vascons maintiennent leur présence dès la fin du VIᵉ siècle. La tentative franque de structurer la région par la création d'un duché de Vasconie ne marque pas une soumission, mais une reconnaissance tactique de l'autorité des chefs locaux, souvent eux-mêmes vascons. Ces ducs ou princeps (princes) exercent un pouvoir militaire et administratif réel, comme en témoigne l'installation de leur cour à Saint-Sever, appelé Caput Vasconiae. Une dynastie vasconne y gouverne, étroitement liée à celle de Pampelune au sud[3].

À plusieurs reprises, les deux Vasconies tentent de se réunifier. Le roi navarrais Sanche III le Grand se proclame roi de toute la Vasconie, tandis que son cousin, le duc de Gascogne Sanche-Guillaume, agit en allié politique. Malgré leur coordination, jamais Sanche-Guillaume ne rend hommage au roi des Francs, et leur projet d'unification pyrénéenne échoue à la mort de Sanche III, ouvrant une période de fragmentation politique.

Malgré cet émiettement, les solidarités pyrénéennes perdurent. Les Vascons du sud soutiennent les Aquitains dans leurs révoltes contre les Carolingiens, tout comme ils s'étaient auparavant opposés à Rome. Lorsque les Plantagenêt établissent leur domination sur la Gascogne, les juristes locaux insistent sur le statut particulier de la terre vasconne, considérée comme un alleu, libre de toute sujétion au roi franc[3].

Ainsi, malgré les pressions venues du nord (Francs, Carolingiens) ou du sud (Cordoue, puis les royaumes chrétiens), la Vasconie maintient pendant plusieurs siècles son autonomie culturelle et politique[9].

Étymologie

Le mot latin Vascones (probablement prononcé waskonès) est, comme le mot français « Basques », lié à la racine basque bien connue : euska-, qu'on trouve notamment dans Euskadi le Pays basque ») et dans Euskal Herria le peuple basque »).

En français, Vascones a donné non seulement « Basques », mais aussi « Gascons ».

Attestations grecques et latines jusqu'au Ve siècle

La première mention se trouve dans la Géographie (Livre III, 4.9) de Strabon (vers -63/23), qui se réfère à un ouvrage de Posidonios d'Apamée (-135/-51). Strabon parle des Ouaskoonooï et du Ouaskoonoon ethnos, qu'il associe aux localités de Calahorra/Calagurris (La Rioja), Pampelune/Pompaelo (Navarre) et Oiartzun/Olasso (Guipuscoa)[10], cette dernière située non loin de Pasaia.

Dans le domaine latin, le mot Vascones est attesté au Ier siècle chez Pline l'Ancien (23-79) et Juvénal[11] (55-130). Pline l'Ancien parle notamment du saltus Vasconum[12], le mot saltus désignant un pays non cultivé (trilogie : ager, silva, saltus).

Le mot grec « Baskonia » apparaît pour la première fois sur la carte de Ptolémée (100-168). Dans sa Géographie[13], Ptolémée parle à deux reprises des Vascons, citant Olasso et son promontoire, ainsi que les noms de quinze places fortes de l'intérieur, dont certaines sont mentionnées par Pline comme faisant partie du conventus de Saragosse/Caesaraugusta, dans la province de Tarraconaise.

Le mot Vasconia est plus récent en latin. On le trouve chez Paulin de Nole (353-431), originaire de Bordeaux/Burdigala[14]. Les Vascones sont notamment le sujet d'un échange épistolaire entre Paulin et Ausone (310-395), lui aussi de Bordeaux. Ausone les considère comme des barbares (ils ne parlent pas le latin) et des sauvages (ils vivent dans un saltus)[15].

Attestations du haut Moyen Âge

Le chroniqueur franc Grégoire de Tours parle en 587 de la « Wasconia ». Grâce à ses écrits, on sait que ce territoire subit sa troisième grande invasion, après celles des Romains et des Wisigoths, celle des Francs. À partir de la fin du VIe siècle, les Vascons et Aquitains ou les tribus proto-basques subissent une forte pression militaire de la part des Francs. Pour contenir ces populations et sécuriser la frontière sud, les Mérovingiens instaurent un duché de Vasconie. Bien que cette structure soit formellement une création franque, elle repose largement sur des élites locales d'origine vasconne. Pour les Vascons et Aquitains, le duché devient un cadre de pouvoir semi-autonome, dans lequel ils conservent leur langue, leurs coutumes et une grande liberté d'organisation. Le duché reflète ainsi moins une domination franque qu'un compromis entre pouvoir central et résistance régionale[8].

Au VIIe siècle, le cosmographe dit « Anonyme de Ravenne » inclut dans sa carte le mot Baskonia. Il distingue deux zones, Guasconia ou Vasconum patria patrie des Vascons ») au nord des Pyrénées et Spanoguasconia Gascogne hispanique »), division qui correspond à celle des provinces romaines. Dans son livre Geografica, il écrit : « Les anciens Aquitains appelaient leur patrie « Baskonia » (Guasconia). De même, proche de la Baskonia, se situait la patrie « Hispanobaskonia » (« Spanoguasconiam »).

Sur une carte du XIe siècle située dans l'abbaye de Saint-Sever, réalisée par Stephanius Garsia de Mauléon, les mots Aquitania et Waskonia » sont bien délimitées comme territoires séparés, sans division entre la Vasconie citérieure Vasconie ultérieure.

Le blason de la ville de Saint-Sever, fondée à la fin du Xe siècle, porte la devise : Caput Vasconiae Tête de Gascogne[16] » ou « Cap de Gascogne[17] »), attestée depuis le Moyen Âge.

Histoire

Notes et références

Voir aussi

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