Eugénie Pradez

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès (à 83 ans)
Lausanne
Nationalité suisse
Activité principale
Romancière, peintre
Eugénie Pradez
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait, date inconnue.
Naissance
Liège
Décès (à 83 ans)
Lausanne
Nationalité suisse
Activité principale
Romancière, peintre
Distinctions
1921 : prix d'honneur de la fondation Schiller
1927 : prix Anaïs-Ségalas
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman, nouvelles

Œuvres principales

Les feuilles tournent au gré du vent (1926)

Eugénie Pradez, née le à Liège et morte le à Lausanne, est une écrivaine et une peintre de genre suisse.

Origines et famille

Eugénie Pradez naît le à Liège, en Belgique[1], où officie alors son père[2], le pasteur Georges Pradez, auteur en 1894 d'une traduction en français, en vers, du Faust de Goethe[3]. Elle a deux sœurs et un frère[4].

Sa famille paternelle, issue du Languedoc, plus précisément de Bédarieux[5], est originaire de Vevey, dans le canton de Vaud, depuis 1700[6].

Enfance en Belgique et peinture

Elle grandit à Liège, où elle commence des études de peinture[1], qu'elle poursuit à Rome, notamment auprès de Modesto Faustini[2],[6].

Elle expose des tableaux de genre et des peintures à l'huile à Bruxelles, à Liège et en Suisse[2]. Deux médailles, l'une aux États-Unis, l'autre en Belgique, lui sont remises pour ses œuvres[1].

Arrivée en Suisse, écriture et journalisme

Elle s'installe à Pully en 1886 et enfin à Lausanne, à La Chablière, où vécut Benjamin Constant[2],[6], avec son père et ses sœurs, puis à la toute proche Petite Chablière avec ses deux sœurs[1].

Les prémices de sa cécité la conduisent à renoncer à la peinture et à se consacrer à l'écriture[1],[7], publiant des nouvelles et des romans et collaborant à diverses revues et journaux[2], notamment la Gazette de Lausanne. Sa première nouvelle, Gabrielle, paraît dans la Bibliothèque universelle[1].

Une polémique l'oppose à la fin 1909 et au début 1910 au peintre René Auberjonois sur l'impressionnisme, courant qu'elle critique violemment, parlant d'« enfantins tâtonnements »[8], déclarant « qu'il est plus facile de se moquer d'une technique traditionnelle que de se l'assimiler » et dénonçant l'arrivisme et la paresse de beaucoup de modernes[9]. Elle s'oppose[10] également dans la Gazette de Lausanne en 1914 à un défenseur du droit de vote des femmes à la suite d'un article qu'elle fait paraître sur le sujet du féminisme[11], où elle développe l'idéal « d'une mission individuelle toute intime de la femme, qui se traduirait par une influence éclairée et constante de toute femme sur son entourage et sur l'homme en particulier »[12].

Elle est très croyante[2]. Elle écrit à cet égard une petite brochure sous forme de dialogue en 1894, intitulée Nos Certitudes, sur le christianisme comme « puissance populaire de régénération morale et sociale »[13].

Maladie et mort

Elle est atteinte de cécité à partir de 1914[6]. Lors des dernières années de sa vie, sa santé l'empêchant de mener des travaux littéraires importants, elle publie de temps à autre des méditations sous forme de « Pensées » dans la Gazette de Lausanne[1].

Elle meurt le à la villa de la Petite Chablière, près de Lausanne[2], après plusieurs jours de maladie[14].

Thématiques et style littéraire

L'analyse de la psyché et de la vie intérieure est au cœur de son œuvre[1]. Ses romans « sont de subtiles analyses ouvrant les cœurs avec patience et minutie »[6], avec des personnages humbles, « victimes de la guerre, de la maladie, de la fatalité »[2] et entourés d'un « halo de mystère »[6].

Son œuvre est présentée comme suit en une de La Tribune de Lausanne en 1926 : « En ses romans, Mlle Pradez sait pénétrer dans l'intimité des cœurs, camper et faire vivre ses personnages en nous les montrant aux prises avec les menus faits de la vie quotidienne. Son art, tout en demi-teintes, en nuances et en notations subtiles, procède d'un cœur généreux, compatissant à toutes les souffrances humaines. »[15]. Pour Henry Bordeaux, dans sa préface au roman Les feuilles tournent au gré du vent[5], « Mlle Eugénie Pradez est la romancière des drames secrets qui se passent dans les cœurs honnêtes »[6].

Son style est décrit comme suit dans un article de 1913 de la Gazette de Lausanne : « son style correct, net, précis, s'harmonise avec cette conception [sérieuse de la vie]. Il n'a pas d'éclat verbal, mais il exprime fortement des pensées fortes. »[16]. Un article paru en 1907 en une de La Tribune de Lausanne relève pour sa part « la sobriété de ses descriptions »[17].

Distinctions

Œuvres

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI