Eugène Hénard
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
| Distinction |
|---|
Eugène Alfred Hénard, né le à Paris, où il est mort le [1], est un architecte et urbaniste français.
Fils de l'architecte Antoine-Julien Hénard, il fut adjoint au directeur des services d'architecture de l'Exposition universelle de 1900 et membre fondateur de la Société française des urbanistes en 1911.
Eugène Hénard est l'inventeur des « ronds-points » ou sens giratoires, appelés à l'époque carrefours à sens giratoire. Les premiers virent le jour à Paris en 1906[2].
Il défendit plusieurs projets urbanistiques pour Paris comme celui d'une nouvelle grande croisée de Paris ou l'agrandissement de la place de l'Opéra, avec à chaque fois la prise en compte des nouveaux impératifs liés à l'accroissement de la circulation. Il fut aussi un grand partisan de la multiplication des espaces verts dans les villes.
Parmi ses réflexions sur le transport, il proposa également des rues à étages multiples pour faciliter la gestion des réseaux (d'eau potable, d'eau sale, de télégraphe voire pneumatiques, d'électricité ou d'air pur) et pour s'adapter à l'importance des flux[3].
La nouvelle grande croisée de Paris
Eugène Hénard est notamment connu pour avoir défendu entre 1904 et 1912 son projet de création d'une nouvelle grande croisée de Paris. Il proposait ainsi de faire du Palais-Royal le lieu de l'intersection de deux grandes avenues perpendiculaires partageant Paris en quatre quartiers[4]:161.
Il définit l'idée d'une percée d'une avenue du Palais-Royal, grande voie est-ouest, passant au milieu du jardin et d'une transversale nord-sud qui aurait été la rue de Richelieu élargie et renommée avenue de Richelieu. La première aurait eu 35 mètres de large, la seconde 40. Toutes deux se seraient prolongées jusqu'aux portes de Paris en utilisant au mieux les voies existantes.
Les grandes ailes du Palais-Royal auraient été traversées par des guichets semblables à ceux du Louvre[5],[Note 1]. Au point de croisement de ces deux grandes artères devait être établi un carrefour circulaire, dont l'architecture se serait rattachée à celle du Palais-Royal[4]:166.
Eugène Hénard proposait également d'unir le Palais-Royal à la Banque de France en supprimant la rue Radziwill : la Banque de France aurait alors construit sur la nouvelle avenue du Palais-Royal une façade « digne du premier établissement financier de France[4]:159 ».
Pour Eugène Hénard, la circulation générale de Paris aurait bénéficié de la création de la nouvelle avenue du Palais-Royal[4]:159, « sorte d'artère aorte placée au cœur de la cité et qui par ses pulsations puissante régulariserait le mouvement central ».
Ce projet prévoyait également[4]:166-7 :
- la suppression des étroites rues de Valois, Montpensier et Beaujolais[4]:167, cette dernière étant partagée entre le Palais-Royal et la rue des Petits-Champs ;
- le dégagement et la mise en pleine lumière du bâtiment de la bibliothèque nationale de la rue de Richelieu ;
- le déplacement de la fontaine Molière à l'angle de l'avenue de l'Opéra et de la nouvelle avenue de Richelieu, juste en face de la Comédie-Française ;
- le remplacement des quatre passages du Louvre du côté de la rue de Rivoli et la construction à leur place d'un nouveau guichet du Louvre, plus large et semblable à celui du quai, construction déjà projetée par Lefuel ;
- la création au point de rencontre de la nouvelle avenue du Palais-Royal et de l'avenue de l'Opéra d'un carrefour en étoile en 6 branches.
- le remplacement du pont des Arts par un pont en X[6].
Pour Eugène Hénard, l'ensemble formé par le débouché du Palais-Royal, le carrefour en étoile, la place du Théâtre français avec ses fontaines, le nouveau guichet triomphal du Louvre aurait constitué au centre de Paris une réunion de sites où l'art monumental trouverait maintes occasions de « s'épanouir et d'apporter à la ville un surcroît incontestable de beauté ».
L'ensemble de ce projet fut pris très au sérieux pendant plusieurs années et donna lieu en 1912 à de vives polémiques au sein de la Commission du Vieux Paris[5].
L'agrandissement de la place de l'Opéra

Eugène Hénard part du constat que les places antérieures au XIXe siècle ont eu une superficie supérieure à celles qui leur ont succédé alors même que les problèmes de circulation n'existaient pas[4]:314 : 19 000 m2 pour la place Royale, 17 000 m2 pour la place Vendôme, 75 000 m2 pour la place de la Concorde alors que la place Saint-Michel fait 6 000 m2, la place de l'Opéra 9 000 m2, la place de la République 36 000 m2.
Eugène Hénard prôna alors la création de nouvelles places mais aussi l'agrandissement de places existantes comme la place de l'Opéra. Il ajoute aux considérations liées au problème posé par la circulation et l'automobilisme des considérations esthétiques en regrettant qu'il soit impossible de bien saisir dans son ensemble la façade principale du monument[7].
Il propose donc de doubler la largeur de la place et de lui donner une forme presque circulaire, légèrement ovalisée : l'ovale aurait eu 120 mètres sur 136, son excentricité étant assez faible pour ne pas ralentir le mouvement giratoire par des courbures à rayon trop réduit.
Au milieu de la place, une grande trémie circulaire de 20 mètres de diamètre donnerait du jour et de l'air aux galeries rayonnantes pratiquées sous la chaussée pour le passage des piétons, ainsi qu'à la station du Métropolitain. On aurait accédé aux passages souterrains et à la station par deux escaliers centraux et par sept escaliers périphériques[7].
De la place, on aurait découvert trois perspectives : celle de la rue de la Paix, avec la colonne de la Grande Armée ; celle de l'avenue de l'Opéra, avec le dôme lointain d'un des pavillons du Louvre ; celle de la rue du 4-Septembre, avec des lignes de fuite plus confuses.
Eugène Hénard proposa de rééquilibrer ces trois perspectives en ajoutant deux points hauts, de même valeur que la colonne Vendôme, l'un dans l'axe de l'avenue de l'Opéra, l'autre dans celui de la rue du 4-Septembre. Il définit donc un programme de construction de deux colonnes de masses égales pour former le point de vue final des trois perspectives. Partant du principe que les monuments purement décoratifs ne sont pas inutiles, il proposa d'ériger deux colonnes supplémentaires, l'une à la gloire des arts et surmonté d'une statue de Victor Hugo, l'autre à la gloire des sciences à la gloire de Louis Pasteur[4]:322. La colonne des Arts se serait logiquement située dans l'axe de l'avenue de l'Opéra qui conduit au Théâtre-Français et au musée du Louvre. La colonne des Sciences se serait trouvée dans l'axe de la rue du 4-Septembre qui mène de la Bibliothèque nationale et au Conservatoire national des arts et métiers[4]:325.








