Eugène Imbert

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Eugène Imbert
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Eugène Alphonse Monet de Maubois, dit Imbert, connu comme Eugène Imbert, né le à Paris (ancien 12e arrondissement) et mort le à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, est un poète français, chansonnier, goguettier et historiographe des goguettes et de la chanson.

Eugène Imbert, détail d'un portrait-charge d'après Hippolyte Mailly, 1875.

Eugène Imbert porte le nom des parents qui l'ont élevé, sa tante paternelle et le mari de celle-ci. Il est né à Paris le [1].

Il fait ses études au collège Charlemagne ; il suit pendant un an des cours de droit, et entre dans l'administration en 1843[2].

À dix-neuf ans, il écrit deux romances, Dans l'exil, Est-ce pécher ?[3]

L'autre soir, près de la chapelle,
Passait, fredonnant un refrain,
Mathurin ;
Aussitôt, sans que je l'appelle,
Il m'accoste, et sur le chemin
Prend ma main.
Joyeux, sur son cœur il la serre,
Je ne pouvais pas l'empêcher…
Seulement j'ai souri, mon père,
Est-ce pécher?

Introduit dans des sociétés lyriques, Eugène Imbert prend part à divers concours, et obtient plusieurs prix. Thalès Bernard, un poète, lui conseille de réunir ses textes en volume. Elles paraissent chez Havard, en 1862, sous le titre : Ballades et Chansons. Thalès Bernard en écrit la préface, en couplets, pour évoquer le rôle de la poésie chantée, dans les temps passés et présents.

Il collabora à diverses publications et fut rédacteur en chef de La Muse Gauloise. Il publia, en 1866, le numéro d'appel d'une revue La Chanson, qui n'aura pas de suite[4].

Oeuvre

Imbert écrit de la poésie sociale, La Tour Saint-Jacques, Notre-Dame, Garibaldi, Lamennais, la Chanson du bouleau... des tableaux populaire et des couplets fantaisistes : Le Rat du septième Léger, Quand je n'avais pas de chemise, C'est trop long, Enclume et Marteau, la Saint-Propriétaire, le Café des Incurables, le Pavillon du Vieux Lapin, Mon Jeune Homme et surtout les Bottes de Bastien.

Sa chanson la plus célèbre : Les bottes de Bastien, lui valut en 1859 d'« entrer à l'abattoir », c'est-à-dire de voir un des bœufs du grand cortège carnavalesque parisien de la Promenade du Bœuf Gras porter le nom d'une de ses œuvres[5]. Pour la fête, il fut baptisé Bastien en l'honneur de sa création[6].

Les œuvres poétiques d'Eugène Imbert ont été rééditées, en 1870, sous le titre Les Hannetons, et, en 1875, sous celui de Chansons choisies.

Ces deux volumes contiennent ses derniers couplets et des chants sérieux : Olivier Basselin, les Chansonniers, Encore un jour, l’Établi, la Nuit, Il fait soleil, le Clocher, les Feuilles, la Ferme, Confiance, le Chasselas, ainsi que des textes gais : Ma Pipe, les Hannetons, les Grèves, Nous ne sommes pas ivres, le Bout de l'an d'un Goguettier, l'Original, la Troisième[3].

Ses poésies ont été mises en musique par Henri Streich, Faure, Darcier, Duval, Collignon, Roger, Étienne Rey, Marquerie, Jeannin, Vaudry, etc. Il a composé lui-même quelques airs : Mon pauvre village, Il a neigé ce matin, de lui ; la Route, de Supernant ; Fleurs et Douleurs, de Mme Élie Deleschaux[1].

Il a écrit l'épitaphe de Drappier, au Père-Lachaise ; les vers sur la tombe de Voitelain, à Neuilly ; les strophes improvisées à la mort de Ch. Gille ; une chanson sur Pierre Dupont ; divers éloges de Béranger ; et enfin, le souvenir aux membres disparus de la Lice.

Il a composé un Traité de prosodie moderne, et a publié nombre de pages très-littéraires dans le Mousquetaire de Dumas, le Journal de Paris (où il tenait, avec About, l'article théâtre), le Diogène, le Tam Tam, la Muse Gauloise, le Réveil, la Tribune Lyrique[3].

Imbert a publié en prose : Affaire Clemenceau, Réquisitoire de l'Avocat-général. Cet opuscule réfute les paradoxes de Dumas fils, et imite le style emphatique des procureurs. Une brochure, intitulée La Goguette et les Goguettiers, réunit une série d'études sur le monde de la chanson.

Louis-Henry Lecomte écrit dans La Chanson du [3] :

« Sous un abord froid, Imbert possède une nature ouverte et franche. Sans fiel, mais enclin à la raillerie, il s'est attiré de quelques-uns le reproche de n'être pas sérieux. Ceux-là confondaient évidemment la sincérité avec la pose. Un chansonnier n'est pas obligé d'être gourmé et de s'ériger en prophète. La bonne santé produit la bonne humeur, et Imbert, Dieu merci, se porte à merveille.

Par sa science du vers, par l'élévation de ses idées, Eugène Imbert mérite d'être placé au premier rang des chansonniers modernes. »

Il meurt le à Saint-Rémy-lès-Chevreuse[7].

Notes et références

Œuvres partielles

Liens externes

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