European Long-Range Strike Approach

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European Long-Range Strike Approach Approche européenne de frappe à longue portée »), également désigné par son acronyme ELSA, est un projet international de développement d'un système d'armes conventionnelles d'une portée supérieure à 2 000 km. Les pays participant au projet, tous membres de l'OTAN, sont l'Allemagne, la France, l'Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède. Approuvé le 11 juillet 2024 à Washington en marge du sommet de l'OTAN, ELSA devrait aboutir à la réalisation d'un missile de croisière lancé depuis le sol.

Contexte international

La Commission européenne présidée par Ursula Van der Leyen a publiquement averti que l’Europe occidentale devait se préparer immédiatement à la possibilité d’une guerre d’agression russe à grande échelle dans les prochaines années[1]. Le président français Emmanuel Macron a tenu également des propos sur la nécessité de de s'armer pour l'Europe face à la Russie[2].

Les forces russes ont occupé la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014, et la Russie l'a annexée. Depuis avril 2014, la Russie soutient et dirige la guerre dans le Donbass.

Le 24 février 2022, les Forces armées russes ont lancé une guerre d'agression à grande échelle contre l'Ukraine, et ont lancé des centaines de missiles de portée intermédiaire vers l'Ukraine.

Le Chef d'état-major des armées (CEMA) Thierry Burkhard, auditionné par la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale le 17 octobre 2024, a déclaré qu'en prenant en compte l'évolution de l'environnement stratégique, et l'armement des belligérants en Europe et au Proche et Moyen-Orient, il faut s'interroger si l'Europe doit aussi développer et posséder ce type d'arme.

Histoire du projet

La lettre d’intention portant sur une « approche européenne sur la frappe à longue portée » (en anglais : ELSA, pour European Long-Range Strike Approach) a été signée le 11 juillet 2024 à Washington[3], en marge du sommet de l'OTAN, par les ministres de la Défense de l'Allemagne (Boris Pistorius), la France (Sébastien Lecornu), l'Italie (Guido Crosetto) et la Pologne (Władysław Kosiniak-Kamysz). La Suède et le Royaume-Uni ont rejoint ce quatuor le 17 octobre 2024[4].

D'après un rapport d'information déposé le 30 avril 2025 par la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l'Assemblée nationale, « les États-membres de l’initiative sont invités à rejoindre des « clusters » qui correspondent à autant de domaines prioritaires relatifs à la longue portée. La capacité de frappe sol-sol dans la grande profondeur opérative est bien évidemment un élément majeur des discussions. L’initiative ELSA permet aux Nations membres de préciser au sein de chaque cluster leur besoin opérationnel [...] »[5].

Développement de missiles de portée intermédiaire

La France possède son propre missile balistique, le M51 lancé depuis les SNLE, de portée dite intercontinentale (plus de 5500 km).

De 1988 à 2018, la catégorie des missiles de portée intermédiaire était interdite en vertu du traité russo-américain dit « INF » consécutif à la crise des euromissiles, lequel interdisait à Washington et Moscou le développement, la construction et le déploiement de tout missile terrestre (nucléaire ou non) d’une portée de 500 à 5500 km.

La Russie possède des armes de précision à longue portée, notamment les missiles 9K720 Iskander et le missile de croisière SSC-8. Ces deux types d'armes peuvent être lancés depuis un véhicule de lancement tout-terrain et très mobile.

L'Allemagne et la Norvège développent un missile de croisière supersonique pouvant être lancé depuis la mer (Super Sonic Strike Missile).

Dans le cadre du programme « Nightfall », le ministère britannique de la Défense (MoD) a émis le 27 août 2025 un avis à l’adresse de l’industrie pour développer un missile balistique d’une portée supérieure à 600 km et pouvant être lancé « en toute sécurité depuis une plateforme mobile dans une environnement tactique à haut risque »[6].

l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé en octobre 2024, en signant l’accord de Trinity House, leur intention de « travailler ensemble » sur un « développement rapide de capacités de frappes de précision dans la profondeur (DPS – Deep Precision Strike) » afin de pouvoir « assurer la dissuasion conventionnelle en Europe »[7].

Le planeur hypersonique américain Dark Eagle, en cours de développement[8], est doté d'une autonomie de 2 800 kilomètres et difficile à atteindre pour de nombreux systèmes de défense aérienne. Il est prévu qu'il coûte environ 40 millions d'euros l'unité.

Caractéristiques des missiles de portée intermédiaire

  • Taurus KEPD350 : missile de croisière air-sol germano-suédois (portée supérieure à 500 km)
  • SCALP-EG / Storm Shadow : missile de croisière franco-britannique (portée supérieure à 250 km)

Notes et références

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