Euthyme Ier de Constantinople
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Prêtre chrétien |
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Euthyme ou Euthymios Ier de Constantinople, (en Grec : Εὐθύμιος Α΄ ὁ Σύγκελλος,) né vers 834 et mort le , est un moine, un théologien et le patriarche de Constantinople de au durant le règne de Léon VI le Sage. Ses activités sont marquées par une relation compliquée entre Léon et l’Église, relation qu’il tentera de renouer. Il est banni de son poste en 912.
Euthyme est né à Séleucie d'Isaurie, en Asie Mineure (actuelle Turquie)[1]. Si le lieu de sa naissance nous est relativement certain, la date de 834 n’est qu’approximative. Son hagiographie écrite quelques années après sa mort (la Vita Euthymii) nous écrit une enfance déjà pieuse[2]. Il aurait supposément eu des liens familiaux avec Grégoire le Décapolite, un important iconodoule[1].
À un jeune âge, Euthyme se consacre au mode de vie monastique, aussi entre-t-il dans un monastère sur le mont Olympe de Bithynie (Uludağ). Ce passage d’une durée indéterminée dans ce monastère le voit pratiquer l’ascétisme : Aréthas de Césarée vantera la résistance d’Euthyme face à la soif et à la faim, le fait qu’il se construit un instrument de « torture » pour s’empêcher de dormir, et le fait qu’il ne porte qu’un seul vêtement en hiver[2],[1].
Son prochain passage est dans un monastère près de la cité de Nicomédie ; la durée de son passage là-bas étant encore une fois indéterminé, et il se rend par après à Constantinople. La nature nomadique de cette époque de sa vie semble indiquer qu’il fut gyrovague ; moines itinérants qui erraient entre différents monastères sans en devenir membre. Cependant, c’est enfin à Constantinople qu’il se sédentarise, et il y rejoint le monastère de Saint-Théodore[1].
Père Spirituel de l'Empereur
En ces années, entre 867 et 877, Euthyme se rapproche du patriarche, Ignace de Constantinople, qu’il considère comme son maître. Cette proximité avec une figure si puissante le met en contact avec Léon, futur successeur au trône de l’Empire. C’est dans cette période qu’Euthyme est appointé comme père spirituel envers Léon, et ce dernier le choisira aussi comme confesseur[1],[2].
D’après la Vita Euthymii, lorsque Léon devient empereur en 886, il insiste grandement pour que son père spirituel le rejoigne dans le palais, mais ce dernier démontre de la réticence et semble vouloir maintenir un mode de vie plus spirituel que politique[1]. En ce temps-là, Euthyme est moine à l'église Sainte-Marie-de-la-Source, mais Léon le fait abbé d’un nouveau monastère qu’il fait bâtir dans le quartier de Samatya[1]. À cette époque, le frère de Léon, Étienne, est patriarche de Constantinople[3]. Cette proximité avec le haut siège religieux et politique de la cité à comme conséquence la nomination d’Euthyme au poste de syncelle ; un poste extrêmement important. Bien que ce n’était pas le cas de jure, en pratique, le syncelle était le successeur présomptif du patriarche au pouvoir. Ainsi, Léon fait symboliquement d’Euthyme le futur patriarche[4].
À cette époque, Léon entame une relation adultère avec Zoé Zaoutzès[5]. Le père de cette dernière, Stylien, est un puissant bureaucrate jouissant d’un grand degré d’influence sur l’Empereur. L’hagiographie d’Euthyme présente une bataille presque dualiste entre Stylien et Euthyme : le premier comme un cupide bureaucrate, le deuxième comme un noble moine. Si la bonté d’Euthyme et la cupidité de Stylien semblent quelque peu exagérés, (du fait que l’hagiographie semble avoir été écrit par un moine ayant connu Euthyme)[1] il est certain qu’une grande rivalité politique définit la relation d’Euthyme et Stylien. Au cœur de cette rivalité se trouvait Zoé.
L’amour de Léon pour cette dernière est cause de refroidissement dans l’amitié entre Euthyme et lui. Le moine s’oppose à cette relation adultère et prend le côté de Théophano, l’épouse légitime de Léon. D’après le Vita Euthymii, se rendant compte qu’il ne peut ramener l’Empereur sur le droit chemin du devoir, Euthyme décide de s’éloigner de lui[1]. D’après l’hagiographie, cet éloignement d’Euthyme permit à Stylien d’accroître son influence sur Léon[2],[1]. Quand le patriarche Étienne décède en 893, Stylien fait tout pour empêcher l’accession au patriarcat d’Euthyme[1], bien que ce dernier fût appointé comme syncelle. Ainsi, c’est Antoine II Cauléas qui accède au trône du patriarche[1].
La femme de Léon décède en 895[5] et l’époux de Zoé décède aussi autour de la même époque[1]. La possibilité d’un mariage légitime se présente au couple adultère, et Léon prend Zoé comme son épouse légale la même année[5]. Euthyme ne cache pas son désaccord, et il est banni au couvent de Saint-Diomède. Durant les deux ans lors desquels Léon est marié à Zoé (jusqu’à la mort de cette dernière), il tente de renouer ses liens avec son père spirituel, mais ce dernier refuse et rompt totalement lesdits liens, regardant comme « un attentat à la morale l’union de Léon et de Zoé. »[1] Les choses changent en 899, avec le décès de Zoé.