Eva Lombard
médecin missionnaire suisse
From Wikipedia, the free encyclopedia
Eva Lombard, née le aux Eaux-Vives et morte le à Thônex, est un médecin suisse, missionnaire protestant en Inde.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 87 ans) Thônex |
| Nom de naissance |
Évangéline Lombard |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Parentèle |
Elle est l'une des premières femmes suisses directrices d'un hôpital en Inde.
Biographie
Origines et famille
Évangéline Lombard, dite Eva, naît le aux Eaux-Vives, dans le canton de Genève. Elle est originaire de Genève[1].
Son père, Victor Jacques Lombard, est un banquier qui a abandonné sa carrière pour devenir aumônier dans des établissements pénitentiaires genevois (notamment les prisons de Saint-Antoine et de l'Évêché) ; sa mère, originaire de Riga (alors dans l'Empire russe), née Elisabeth Toméï, enseigne la lecture et l’écriture à des détenues[1].
Eva Lombard grandit avec sa sœur aînée, Bénédictine Rita Lombard, dans une famille impliquée dans les activités bancaires et imprégnée d'évangélisme. Son grand-père est le banquier Alexandre Lombard, qui avait joué un rôle majeur pour le maintien du dimanche comme jour chômé[1], et son grand-oncle est le médecin Henri-Clermond Lombard[2].
Eva Lombard reste célibataire toute sa vie et n'a pas d'enfants[1].
Études
Après sa scolarité obligatoire à Genève, Eva Lombard obtient une maturité gymnasiale au collège Calvin. Elle fait ensuite des études de médecine à l'Université de Genève à partir de 1912, qu'elle achève avec un doctorat en 1918[1].
Elle s'investit pendant cette période dans des sociétés chrétiennes estudiantines et participe à des rencontres à Constantinople en 1911 et au Mohonk Mountain House à New-York en 1913 en tant que déléguée de la Fédération universelle des associations chrétiennes d'étudiants[1].
Souhaitant s’engager dans la mission en tant que médecin, elle part à Londres pour assister aux cours de la London School of Tropical Medicine (1920-1921)[1].
Parcours professionnel et missions
Eva Lombard partageait la conviction de son père, persuadé d'avoir vécu une guérison miraculeuse en 1889, de la capacité d'action de la divinité sur les corps humains. De 1921 à 1954, elle travaille dans le Kanara, sur la côte occidentale de l'Inde, d'abord au sein de la Mission canaraise évangélique (une organisation suisse romande qui avait repris les activités de la Mission de Bâle en Inde à l’issue de la Première Guerre mondiale) puis, à partir de 1927, sous au sein de la Mission de Bâle. En juin 1923, après s’être familiarisée avec la gestion d’un hôpital à Mysore et la langue kannada, elle inaugure un nouvel hôpital pour femmes et enfants à Udupi, dont elle devient la directrice, financé en grande partie par une donation de sa mère. L’hôpital évolue d’une petite structure de six lits à une importante institution régionale, disposant au début du XXIe siècle de 200 lits et renommé Lombard Memorial Hospital. Eva Lombard œuvre encore de 1957 à 1960 dans un autre hôpital de la région, à Mandagadde, avant de se retirer à l'Abbaye de Presinge, près de Genève, une maison de repos appartenant aux diaconesses de Berne[1].
Eva Lombard est l’une des premières femmes missionnaires suisses à diriger un hôpital en Inde pendant de longues années. Par ses compétences médicales et sa gestion efficace, elle laisse une image largement positive, qui lui confère sur place une autorité et un statut qu'il lui aurait été difficile d'obtenir comme médecin en Suisse. Collaborant avec des médecins indiens, en particulier avec une doctoresse qui lui succède à la tête de l'hôpital, Kunjalia Salins, elle est toutefois convaincue de la supériorité du christianisme et de la médecine occidentale sur les traditions locales, voyant dans les pratiques religieuses indiennes, en particulier les rites de la naissance, l’une des sources des problèmes de santé publique[1].
Lettres publiées et conférences
Les lettres régulièrement adressées à sa famille témoignent des difficultés rencontrées et de sa découverte progressive de la société locale. Une sélection de ses premières missives, avec un choix de photographies, a été publiée en traduction allemande en 1924 par la Mission canaraise évangélique, qui était alors soucieuse de trouver des soutiens dans la partie germanophone de la Confédération[1].
Par ses conférences données en Suisse, notamment à l'Association suisse des femmes universitaires, sur son activité et sur la situation des femmes en Inde, Eva Lombard peut être considérée comme la représentante d’un féminisme imprégné à la fois de valeurs protestantes et de schémas de pensée colonialiste[1].
Mort
Eva Lombard meurt le à Thônex, dans le canton de Genève, à l'âge de 87 ans[1].