Eve teasing
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Eve teasing est un euphémisme qui désigne le harcèlement sexuel ou l'agression sexuelle des femmes par les hommes en Asie du Sud, et notamment en Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Népal. La Commission nationale pour les femmes en Inde a suggéré d'utiliser un autre terme pour désigner le problème car le nom « Eve », utilisé en référence à l'histoire de la création dans la Bible et à la nature supposée tentatrice de la femme, transfère la responsabilité sur la victime.
Dans les années 1970, de plus en plus de femmes vont à l'université et travaillent de manière indépendante et ne sont plus accompagnées d'une escorte mâle lors de leur déplacement, comme c'était la norme jusque-là. Le problème de l'Eve teasing prend alors des proportions alarmantes, attirant l'attention du public et des médias[1]. Le gouvernement indien doit prendre des mesures judiciaires et répressives pour tenter de juguler la pratique. Des efforts sont faits pour sensibiliser la police et des femmes en uniformes sont déployées[2]. Dans certains États, des helplines dédiées sont mises en place, des femmes recrutées dans les postes de police et des cellules spéciales créées[3].
Durant la même période, on assiste à une libération de la parole des femmes, à la croissance du nombre de plaintes déposées et à la multiplication des organisations de défense de femmes. Mais la gravité des incidents augmente parallèlement conduisant dans certains cas à des agressions au vitriol. En 1984, après des années de lobbying, un projet de loi est voté pour protéger les femmes : The Delhi Prohibition of Eve-teasing Bill[4].
La mort en 1998 de Sarika Shah, une étudiante à Chennai, résulte dans la promulgation de lois plus sévères pour contrer le problème en Asie du Sud[5]. Mais les femmes qui osent dénoncer leur tortionnaire sont stigmatisées comme P.E. Usha, une employée de l'Université de Calcutta, harcelée sexuellement dans un bus et dont la détermination à dénoncer son agresseur lui a couté son mari et l'opprobre de la communauté. La majorité des cas ne sont pas dénoncés par peur des représailles ou par honte[6].
Dans certains cas, la police relâche le coupable après une humiliation publique comme l'adoption de la position du murga (en)[7]. En 2008, une cour de Delhi condamne un jeune de 19 ans reconnu coupable d'Eve teasing à distribuer cinq cents tracts à la sortie des écoles détaillant les conséquences d'une conduite indécente[8].
Culture populaire

Certaines représentations du cinéma indien dépeignent l'Eve teasing comme le début d'un flirt, l'accompagnant de chansons et dances, qui conduisent invariablement l'héroïne à se soumettre aux avances du héros à la fin de la chanson. Les jeunes gens sont alors influencés par cette vision romancée du harcèlement[9].
D'autres cependant abordent le problème d'une manière plus réaliste, notamment à la télévision indienne dans des soaps comme Savdhaan India ou Crime Patrol.
