Evusheld
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L'Evusheld, ou AZD7442, est une combinaison d'anticorps monoclonaux à longue durée d'action, ou action prolongée, mise au point initialement par une université américaine : la Vanderbilt University Medical Center (en). AstraZeneca en a acquis la licence en et mène plusieurs études de phase III dans le traitement et la prévention du Covid-19[1].
| AZD7442 | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Princeps | Evusheld |
| Administration | Injection intramusculaire |
| Laboratoire | AstraZeneca |
| Statut légal | |
| Statut légal | Approuvé |
| modifier |
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Selon des résultats préliminaires de phase III, ce médicament est le seul anticorps monoclonal à avoir prouvé en essais cliniques une efficacité à la fois en prévention des infections et en traitement des infections symptomatiques. Il est intéressant notamment pour des patients immuno-déprimés dont l'organisme ne réagit pas à un vaccin traditionnel.
Principe
L'AZD7442 est une combinaison de deux anticorps, le tixagevimab et le cilgavimab (AZD8895 et AZD1061) qui ciblent la protéine spike. Ils visent à empêcher la fixation du virus SARS-Cov-2 sur les cellules humaines et par voie de conséquence l'infection, tout en prévenant l'échappement, grâce au doublet[2]. La demi-vie des anticorps est potentiellement prolongée par l'introduction d'acides aminés, ce qui a pour but de rallonger leur effet prophylactique[3].
Le médicament est injecté en intra-musculaire[4].
Essais cliniques
Une étude de phase III intitulée STORM CHASER en évalue l'efficacité pour les patients ayant été infectés avant d'avoir été vaccinés[3]. Le , AstraZeneca annonce que l'objectif primaire n'a pas été atteint dans cette étude, avec une réduction de 33 % des infections, non statistiquement significative. En revanche, l'étude montre une réduction de 73 % des infections symptomatiques pour le sous-groupe testé PCR négatif au moment de l'injection (51 % dans les 7 premiers jours, 92 % au-delà)[5].
Une autre étude de phase III baptisée PROVENT en étudie l'effet prophylactique sur les patients immunodéprimés ou ne répondant pas au vaccin[6],[7]. L’essai portant sur 5 172 patients dont 75 % avait des comorbidités, en double aveugle randomisés 2:1 contre placebo (i.e. 3 460 traités, 1 737 placebos) s'avère concluant avec une réduction de 77 % des infections symptomatiques et de 100 % des cas graves (3 dans le groupe traité contre 0 dans le groupe placebo)[8],[9]. Des données complémentaires publiées le montrent une efficacité un peu supérieure, avec une réduction de 83 % sur six mois des infections symptomatiques chez les patients répondant mal au vaccin[10].
Enfin, l'étude de phase III nommée TACKLE mesure l'effet curatif, en termes de mortalité, sur des patients atteint par la Covid-19 mais non hospitalisés[11]. Le , AstraZeneca annonce avoir atteint l'objectif primaire de l'étude TACKE : l’injection intramusculaire d’AZD7442 réduit de 50 % (18/407 vs. 37/415) le risque d’hospitalisation ou de mort pour les patients symptomatiques depuis 7 jours ou moins. Pour le sous-groupe de patients ayant reçu l’injection dans les 5 premiers jours de symptômes, l’efficacité monte à 67 %[12].
Une étude parue dans le journal Nature le montre que la combinaison de l'AZD7442 avec le REGN-COV2 ou le bamlanivimab est potentiellement efficace contre les variant Beta et Gamma du Covid-19[13].
Variant Omicron
Dans une étude préclinique menée par des chercheurs indépendants de la FDA, Evusheld a montré une efficacité comparable contre Omicron à celle des autres variants, avec une concentration IC50 de 171ng/ml à 277ng/ml, soit un niveau d'anticorps neutralisants équivalent à celui des patients ayant déjà été atteint par le Covid-19[14]. Evusheld est le seul traitement prophylactique pré-exposition efficace et autorisé contre le variant Omicron[15].
Approbations
Le , l'Australie est le premier pays à donner une autorisation provisoire pour Evusheld[16].
Aux États-Unis, le produit reçoit le l'approbation d'urgence de la FDA en prophylaxie avant exposition pour les patients immunodéprimés[17].
En France, Evusheld reçoit le l'approbation de la Haute Autorité de santé en prophylaxie pour les patients immunodéprimés à très haut risque de complications[18]. À compter du , pour plus d'efficacité contre Omicron, la posologie recommandée par la Haute Autorité de Santé est doublée, de 300mg à 600mg. L'indication est élargie à tous les patients de plus de 12 ans immunodéprimés, quelle qu'en soit la cause[19].
Le , le CHMP, s'appuyant sur les résultats de l'étude TACKLE, recommande l'approbation d'Evusheld en Europe dans le traitement du Covid-19 pour les patients ne nécessitant pas d'oxygène mais à risque d'évolution vers une frome grave[20]. Sa commercilisation dans cette indiation est approuvée dans la foulée dans l'Union Européenne le [21].
Voir aussi
- REGN-COV2, double anticorps monoclonal contre la COVID-19.
- Bamlanivimab, anticorps monoclonal bloquant l'entrée du coronavirus dans la cellule.
- Sotrovimab, anticoprs monoclonal humain se fixant sur la protéine Spike.