Exactions lors de la crise anglophone au Cameroun

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DateDepuis 2017
VictimesCivils
Morts6 500
Exactions lors de la crise anglophone au Cameroun
Image illustrative de l’article Exactions lors de la crise anglophone au Cameroun
Des femmes manifestent en brandissant une affiche montrant des images d'atrocités commises pendant le conflit.

Date Depuis 2017
Lieu Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Ouest (Cameroun)
Victimes Civils
Morts 6 500
Auteurs Armée camerounaise, groupes armés peuls et groupes séparatistes
Guerre Crise anglophone au Cameroun

Depuis 2017, lors de la crise anglophone au Cameroun, de nombreuses exactions sont commises ou attribuées à la fois à l'armée camerounaise, à des groupes armés peuls et à des groupes séparatistes. Ces violences entraînent de nombreuses victimes civiles et causent des dégâts matériels. Depuis cette date, ce conflit a fait 6 500 morts et plus 700 000 déplacés dont 63 800 personnes qui ont fui de l'autre côté de la frontière, au Nigeria.

Dans un rapport publié le , Human Rights Watch (HRW) expose que les exactions des forces armées camerounaises comprennent des exécutions extrajudiciaires, un usage excessif de la force et l'utilisation injustifiée d'armes à feu contre des manifestants, la torture et les mauvais traitements infligés à des membres présumés de groupes séparatistes en détention, ainsi que l’incendie de maisons et de propriétés dans plusieurs villages. Cette approche s'assimile à une politique de la terre brûlée. L'ONG évalue un total de 131 villages et identifier plusieurs centaines de structures montrant des signes de destruction dues à des incendies criminels dans 20 localités de la région du Sud-Ouest. HRW recueille également le témoignage de témoins provenant des villages de Kwakwa, Kombone, Bole, Wone et Mongo Ndor qui rapportent avoir vu l'armée entrer dans leurs villages avant d’avoir fui pour leur propre sécurité. Selon ces mêmes témoins, quatre femmes âgées sont abandonnées pendant les opérations militaires et y auraient été brûlées vives dans leurs maisons. L'armée aurait abattu plusieurs autres personnes dans les villages de Kwakwa, Wone, Bole et Belo dans la région du Nord-Ouest, dont sept personnes présentant des déficiences intellectuelles ou des troubles du développement qui avaient eu des difficultés à fuir[1].

Le , HRW accuse les forces gouvernementales et une milice peule alliée d'avoir perpétré le meurtre d’une vingtaine de civils, dont 13 enfants dans le village de Ntumbaw de la région du Nord-Ouest. L'armée a démenti dès les premiers jours, assurant qu’il s’agissait des conséquences d’un « malheureux accident », l’explosion de conteneurs de carburant consécutive à des échanges de tirs entre soldats et rebelles séparatistes et n’a évoqué la mort que de 5 civils. Dans son rapport, HRW cite des témoignages évoquant des meurtres commis par 10 à 15 « militaires du Bataillon d'intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise, et au moins 30 Peuls armés » qui « ont incendié cinq maisons, pillé de nombreux autres biens et passé à tabac des habitants »[2]. Le , à l’issue d’une enquête menée conjointement par des responsables de l’armée camerounaise et des observateurs indépendants, l’implication de l'armée dans ce massacre a été reconnue par les autorités camerounaises[3]. Le , selon un rapport de Human Rights Watch, des soldats camerounais violent 20 femmes, tuent un homme, brûlent et pillent des maisons à Ebam, dans la région du Sud-Ouest. 36 personnes sont emmenées dans un camp militaire, où nombre d'entre elles sont sévèrement battues et torturées. Une personne meurt en captivité. Les autres sont libérées entre le 4 et le , après que leurs familles ont versé de l'argent[4].

Le , HRW affirme dans un rapport que des soldats de l’armée camerounaise ont tué au moins neuf civils à Mautu dans la région du Sud-Ouest en janvier de la même année. Dans leur rapport, HRW affirme que des témoins ont déclaré qu’une « cinquantaine de soldats, dont des membres du BIM, sont entrés à pied à Mautu le 10 janvier vers 14 heures et ont commencé à tirer sans discernement alors que les gens prenaient la fuite » et que « les soldats ont tué neuf personnes, dont une femme âgée de 50 ans et une fille de six ans, et qu’ils se sont rendus d’un domicile à un autre à la recherche de combattants séparatistes et d’armes, menaçant les habitants et pillant leurs biens »[5].

Le , HRW affirme dans un rapport que des soldats du 53e Bataillon d'infanterie motorisée (BIM) ont tué neuf personnes, dont quatre femmes et une fillette de 18 mois, dans le village de Missong dans la région du Nord-Ouest, lors d'une « opération de représailles contre une communauté soupçonnée d'abriter des combattants séparatistes »[6]. Quelques jours après la publication du rapport de HRW, le porte-parole de l'armée camerounaise Cyrille Serge Atonfack Guemo a publié une enquête fédérale sur l'action[6]. La déclaration a révélé que les soldats étaient à la recherche d'un soldat disparu lorsqu'ils ont été confrontés à un groupe de résidents en colère. Selon une enquête gouvernementale, les soldats ont répondu de manière « inappropriée » et « manifestement disproportionnée » en tuant quatre hommes, quatre femmes et une fillette de 18 mois. Un enfant d'un an a été légèrement blessé et transféré à l'hôpital[7].

Par des groupes armés peuls

D’après les rapports du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), entre le et le , environ 200 membres des comités de vigilance peuls ont tué cinq personnes et incendié 600 maisons provoquant la fuite d'au moins 4 500 personnes des villages de Koshin, Fangs et Bu-U, dans la région du Nord-Ouest[8]. Le , Amnesty International accuse les groupes armés peuls, d'avoir perpétré de multiples et graves exactions[8].

Par des groupes séparatistes

Notes et références

Voir aussi

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