Exercice African Lion
exercices militaires conjoints entre les États-Unis et le Maroc
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African Lion est un exercice militaire multinational annuel coorganisé par le United States Africa Command (USAFRICOM) et les Forces armées royales marocaines (FAR). Lancé en 2004, il est considéré comme le plus grand exercice militaire dirigé par les États-Unis sur le continent africain, englobant plusieurs domaines, notamment terrestre, aérien, maritime et les opérations cybernétiques[1].
L’exercice s’étend généralement sur plusieurs pays, dont le Maroc, la Tunisie, le Ghana et le Sénégal ; et réunit des milliers de soldats venus d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Europe et d’alliés de l’OTAN[1].
Histoire

L’exercice African Lion a été organisé pour la première fois en 2004 comme initiative bilatérale de formation entre les États-Unis et le Maroc. Il visait à renforcer la coopération militaire, améliorer l’interopérabilité et soutenir la sécurité régionale. Initialement limité à des exercices de poste de commandement et des manœuvres tactiques, il a depuis pris une ampleur et une complexité considérables[2].
L’exercice est dirigé par l’USAFRICOM et coorganisé par les Forces armées royales marocaines. Il implique la coordination entre plusieurs branches des forces armées américaines (armée de terre, marine, corps des Marines, armée de l’air) et, côté marocain, l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air[3].
Au fil des années, African Lion est devenu le plus grand exercice militaire conjoint annuel du continent africain. D’autres pays hôtes comme la Tunisie, le Sénégal et le Ghana ont périodiquement accueilli des volets de la formation. Le nombre de participants a régulièrement augmenté, les dernières éditions réunissant plus de 40 pays, dont la France, l’Italie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Brésil et des éléments de l’OTAN[4].
Les exercices intègrent des opérations multidomaines : terrestres, aériennes, maritimes, cyber et spatiales, ainsi que des activités d’assistance civique humanitaire et des simulations de réponse aux catastrophes. Les entraînements comprennent des insertions aéroportées, des tirs réels, des débarquements amphibies et des missions médicales[5].

Des figures militaires de haut rang ont dirigé des éditions passées, parmi lesquelles le commandant de l’USAFRICOM, le chef d’état-major des Forces armées royales et des officiers supérieurs de pays alliés.
African Lion 2021 a marqué le retour à des opérations à grande échelle après les perturbations liées à la pandémie de COVID-19. L’exercice a mobilisé plus de 7 000 militaires de neuf nations, dont les États-Unis, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal. Les activités, organisées sur plusieurs sites, comprenaient des volets terrestres, aériens et maritimes. Les opérations navales ont comporté des formations multinationales et des manœuvres dans l’océan Atlantique[6].
Les éditions 2023 et 2024 ont élargi le champ des entraînements en intégrant des modules avancés de cyberdéfense et de planification logistique conjointe, reflétant un accent accru sur la préparation multidomaine et l’interopérabilité entre forces partenaires[5].
Objectifs

Les principaux objectifs de l’exercice sont :
- Améliorer l’interopérabilité entre les forces américaines, marocaines, alliées de l’OTAN et partenaires africains[7].
- Renforcer la capacité de déploiement rapide et la préparation au combat sur divers terrains et emplacements stratégiques en Afrique[3].
- Promouvoir la sécurité et la stabilité régionales grâce à l’entraînement collaboratif et au partage du renseignement[8].
- Favoriser les partenariats de défense multinationaux à travers une large participation d’alliés et de partenaires[9].
- Simuler des environnements opérationnels réels par des exercices menés dans le désert, les montagnes, les zones côtières et urbaines représentatives de zones de conflit en Afrique du Nord et de l’Ouest[7].
Exercices par année
African Lion 2023

Du 22 mai au 16 juin 2023, l’exercice African Lion 23 s’est déroulé dans plusieurs régions du Maroc, dont Agadir, Tan-Tan, Benguérir et Tafraout, notamment dans la zone désertique de Mahbès[10]. Environ 6 000 soldats issus de vingt pays africains et internationaux y ont participé, dont le Maroc et les États-Unis, accompagnés de 27 pays observateurs. Les unités engagées ont simulé l’affrontement avec un ennemi via des tactiques interarmes, appuyées par des sorties aériennes (F-16 et B-1B). Au sol, les opérations ont inclus des tirs d’artillerie pour dégager des champs de mines, permettant aux unités du génie d’ouvrir des passages pour des missions d’assaut et de contre-assaut, avec des chars Abrams accompagnés d’unités d’infanterie[11].
African Lion 2024
Les Forces armées royales et les forces armées des États-Unis ont conjointement organisé la 20e édition de l’exercice African Lion du 20 au 31 mai, couvrant Benguérir, Agadir, Tan-Tan, Aqa et Tafraout[12]. Selon un communiqué du Commandement général des Forces armées royales, ces manœuvres mobilisent environ 7 000 personnels issus d’une vingtaine de pays, dont l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), aux côtés des FAR et de leurs homologues américains. Les activités incluent des exercices tactiques terrestres, maritimes et aériens, de jour comme de nuit, des entraînements de forces spéciales, des opérations aéroportées ainsi que des exercices de planification opérationnelle pour les officiers d’état-major au sein d’une Task Force[13].