Expéditions ottomanes à Aceh

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Peinture turque du XVIe siècle représentant la flotte ottomane protégeant la navigation dans le golfe d'Aden. Les trois pics sur la gauche symbolisent Aden. L'œuvre est conservée à la Bridgeman Art Library.
Carte du Sultanat d'Aceh.

Les expéditions ottomanes à Aceh sont les missions envoyées par l'Empire ottoman à Aceh, un sultanat situé à la pointe nord de l'île de Sumatra à l'est de l'océan Indien, afin de combattre les Portugais[1],[2]. Ce sont les plus lointaines des expéditions navales ottomanes dans l'océan Indien.

Une alliance informelle entre l'Empire ottoman et le sultanat d'Aceh existait au moins depuis les années 1530[3]. Le sultan Alauddin souhaitait développer ces relations, à la fois pour tenter d’expulser les Portugais de Malacca et pour étendre son propre pouvoir à Sumatra[3].

Selon des récits rédigés par l’amiral portugais Fernão Mendes Pinto, la flotte ottomane arrivée pour la première fois à Aceh en 1539 était composée d’environ 300 Ottomans (y compris des Égyptiens), de Swahilis, de Somalis originaires de Mogadiscio, ainsi que de contingents provenant de diverses cités-États, de Sindis de Debal et de Thatta, de Gujaratis de Surat, et d’environ 200 marins Malabars de l'État de Janjira, envoyés afin d’aider la région batak et le Sud-Est asiatique maritime[3].

À la suite de l'ambassade de 1562, Aceh semble avoir déjà reçu des renforts ottomans, ce qui renforça ses capacités militaires et lui permit de conquérir les sultanats d'Aru (en) et de Johor en 1564[3].

Les Ottomans envoyèrent une aide militaire au sultanat d'Aceh dans sa lutte contre les Portugais[4],[1].

Le magistrat espagnol Dávalos se plaignit, dans une lettre écrite en 1585, de la présence de musulmans originaires du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et de Grenade en Asie du Sud-Est, certains s'étant installés à Bornéo et à Sumatra. Il mentionna également la participation de musulmans du Moyen-Orient aux combats contre les Portugais à Ternate dans les Moluques en 1581[5].

Expédition de 1567

L’ambassade envoyée à Constantinople en 1564 fut dépêchée par le sultan Alauddin Riayat Syah al-Kahhar[3]. Dans son message adressé à la Sublime Porte, le sultan d'Aceh désignait le souverain ottoman comme le khalifah (calife) de l'islam[3].

En juin 1567, une flotte ottomane de 19 galères et plusieurs navires à voile part du port de Suez dans la mer Rouge à destination du sultanat d'Aceh sur ordre du sultan Selim II[6]. Cependant, l'expédition ottomane est arrêtée au Yémen où elle appuie la répression d'une révolte. Seules deux galères sont autorisées à poursuivre vers Aceh. Les armuriers et soldats ottomans sont d'une aide précieuse au sultan acehnais Alauddin al-Kahar contre les Portugais mais il échoue à prendre la place forte stratégique de Malacca lors du siège de cette ville en 1568 (en).

Les Ottomans enseignèrent aux Acehnais la fabrication de leurs propres canons, dont certains atteignirent des dimensions considérables. L’art de produire ce type d’armement se diffusa dans l'ensemble de l'Asie du Sud-Est maritime. Des canons réputés furent ainsi fabriqués à Makassar, Mataram, à Java, chez les Minangkabaus, à Malacca et à Brunei. Un grand nombre de ces pièces d'artillerie rares furent capturées par les puissances coloniales européennes ; les cloches de plusieurs églises néerlandaises à Aceh furent fondues à partir d’armes ottomanes récupérées. Certaines de ces cloches portent encore les emblèmes ottomans qui figuraient à l’origine sur les fûts des canons[1].

Au début du XVIIe siècle, Aceh disposait d'environ 1 200 canons de bronze de taille moyenne, ainsi que d'environ 800 autres armes, telles que des canons pivotants à chargement par la culasse et des arquebuses[1].

Conséquences

Notes et références

Bibliographie

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