Famille Arminjon

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Devisefrangar non flectar (rompt, mais ne plie pas)
PériodeXVIe siècle - à nos jours
ChargesSénateur de Savoie
Conseiller à la Cour de cassation de Turin
Conseiller à la cour d'appel de Chambéry
Président de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie
Arminjon
Image illustrative de l’article Famille Arminjon
Armes de la famille

Devise frangar non flectar (rompt, mais ne plie pas)
Période XVIe siècle - à nos jours
Origine Savoie
France
Italie
Charges Sénateur de Savoie
Conseiller à la Cour de cassation de Turin
Conseiller à la cour d'appel de Chambéry
Président de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie
Fonctions militaires Contre-amiral de la Marine italienne
Récompenses civiles Ordre national de la Légion d'honneur, ordre du Mérite, croix du combattant, ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, ordre de Saint-Grégoire-le-Grand

La famille Arminjon ou Armenjon est une famille originaire de la région naturelle des Bauges, en Savoie. Famille bourgeoise jusqu'aux premières décennies du XIXe siècle, elle est une famille de notables en Savoie aux XIXe siècle et XXe siècle. L'une de ses branches a été anoblie en 1835 par le roi Charles-Albert de Sardaigne (1842 selon Régis Valette[1]). Elle a été également représentée à Lyon et en Italie.

De la famille Arminjon sont issus des docteurs en droit, des avocats, des conseillers de Cours, un sénateur au Sénat de Savoie, un contre-amiral de la Marine italienne, des membres de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie dont l'un fut président (1927-1958), des décorés de différents Ordres, plusieurs religieux dont l'un fut provincial des jésuites de Lyon.

Henri Bouvier, ancien maire du Châtelard (1965-1995) et auteur d'une monographie dédiée à sa commune, à propos des anciennes familles locale, débute sa présentation par la famille Armenjon ou Arminjon[2].

Le patronyme originel semble être Armenjon, d'après l'abbé Laurent Morand (1830-1894), auteur de trois volumes sur l'histoire du massif des Bauges (1891)[3]. L'historien Xavier de Montclos (1924-2018), dans son ouvrage L'ancienne bourgeoisie en France du XVIe au XXe siècle (2005), s'appuyant sur l'ouvrage d'Henri Arminjon (1972), donne pour cette famille les formes orthographiques Hermenion, Hermenjon, Herminion, pour les XIVe et XVIe siècles[4]. L'abbé Morand indique que le patronyme Armenjon évolue avec l'apparition de deux branches dans la seconde moitié du XVIIe siècle[3]. La première modifie rapidement la graphie de son nom en adoptant la prononciation usuelle, où le « i » prend la place du « e », donnant Arminjon[5]. La seconde branche porte, au siècle suivant, le surnom de Vaudey[5].

Histoire

La famille Arminjon ou Armenjon est une famille originaire du Châtelard, dans le massif des Bauges, possédant une « modeste fabrique de fer », et dont l'activité s'est déroulée du milieu du XVIe siècle au début du XIXe siècle[6],[7]. À partir du XVIIe siècle, des membres de la famille Arminjon se sont installés dans les grandes villes du duché de Savoie, Chambéry, Annecy, Thonon et Évian, obtenant pour certains le statut de bourgeois. L'un d'entre eux est anobli lors de son intégration au Sénat de Savoie au XIXe siècle.

Origines

La première mention de la famille remonte au XIVe siècle, avec notamment un acte de reconnaissance du [3],[2]. La famille est installée au hameau du Villaret Rouge, situé dans la paroisse du Châtelard, où elle possédait une fabrique de fer[3],[2],[4], au milieu du XVIIe siècle[8]. Des membres de cette famille sont mentionnés lors du recensement de 1561[3],[2]. La généalogie de Pierre [I] Armenjon est connue avec la mention, vers 1561, d'un arrière-grand-père, Bernard, d'un grand-père, soit Antoine ou soit Jacques, et de son père Jean[3],[9]. La famille est dite « vassale principale » de l'abbaye du Betton[3],[2], se situant dans une petite vallée de la Maurienne voisine.

L'abbé Morand indique que Jean reçoit les droits de l'abbaye d'établir des fabriques de fer[9]. Ces petits-enfants, fils de Pierre [I] Arminjon, sont connus à travers un acte de partage du  : Pierre [II], Jean-Claude, Claude et Jacques[9]. Les deux aînés, Pierre [II] et Jean-Claude, sont à l'origine de deux branches[3]. Louis, le fils de Pierre [II], s'installe au hameau de Rossillon, situé dans la paroisse de Lescheraines[3].

Le recensement de 1561 indiquait que la communauté de Villaret-Rouge était constituée de douze feux ou chefs de maison, dont celle de Bernard Armenjon[10]. Celui de 1740 comporte « Pierre Armenjon, la veuve de Claude Armenjon, François Armenjon, la veuve d'autre François Armenjon, Jean-Baptiste Armenjon, autre Jean-Baptiste Armenjon »[10].

Fabrique de fer des Armenjon

L'activité familiale tournée vers le travail du fer, débute au début des années 1650, au Villaret Rouge[7],[8]. Jean-Claude Armenjon, auteur de la deuxième branche des Armenjon, après avoir appris le métier auprès d'un maître ferrier, à Cluses, revient dans les Bauges et installe « un haut-fourneau, un martinet et une martinette », au bord du Nant d'Aillon, en 1652[11],[12]. Il obtient le , « l'albergement des installations et du cours d'eau » de l'abbaye du Betton[11],[13]. Il met cependant fin rapidement à son activité, trop consommatrice de bois[12].

Son fils, (Jean) Pierre Armenjon, relance toutefois l'activité et la développe[12], mentionné en 1682[13]. Le site d'activité comporte « deux martinets, une martinette et une taillanderie attenante à la martinette, une forge et deux ateliers de clouterie » et emploie une vingtaine de personnes[12].

La famille Armenjon, ainsi que d'autres familles du Villaret, obtiennent les [14] et de l'abbaye[10],[13], contre une redevance annuelle, « La jouissance des terres, prés, bois, pâturages, maisons, granges, four, forge, martinet, moulins et foulons »[15]. La fabrique est mentionnée sur la mappe sarde de 1728[12].

Les Armenjon de la seconde branche se succèdent[11]. À (Jean) Pierre Armenjon (v.  1682) suit son fils Jean, vers 1720[12]/1729[13], puis le fils de ce dernier, Nicolas, entre 1743[12] et 1752[13]. En 1783, Jean Baptiste Armenjon dirige l'activité[12] (mentionné en 1797, par Morand[13]). Au cours de l'occupation du duché de Savoie par les troupes révolutionnaires françaises (cf. Histoire de la Savoie de 1792 à 1815), les stocks de fer sont réquisitionnés et Jean Baptiste Armenjon hérite de l'administration des fonderies appartenant aux monastères d'Aillon et de Bellevaux[12]. La productivité de la fabrique baisse[12]. En 1811, la fabrique emploie une quinzaine de salariés[11]. Cinq ans plus tard, le site est encore composé d'« un martinet, une forge pour la fabrication d'outils aratoires et trois petites forges pour les clous ». Jean Baptiste Armenjon devient le dernier exploitant du site[11], il semble ne plus être en activité en 1822[12]. Sa fille, Rosine qui a épousé le docteur Joseph-François Simond, installé au Châtelard, hérite en 1825[13],[Note 1] du site[12]. En 1876, l'ancien site de la fabrique n'appartient plus aux Armenjon, mais à un certain Louis Coppier[12].

Dispersion dans le duché de Savoie

Au XVIIe siècle, des membres de la famille Arminjon sont installés à Lescheraines, Chambéry, Thonon et Évian[16],[17].

L'un des quatre fils de Pierre [I] Arminjon émigre à Chambéry[18]. Cette branche acquiert le droit de bourgeoisie de la ville au cours du XVIIIe siècle[19]. Un Jean Arminjon est dit bourgeois en 1730[20].

Jean-François Armenjon descendant de la seconde branche, arrière-petit-fils de Jean-Claude Armenjon, s'installe à Annecy, où il acquiert une charge de notaire vers 1749[18]. Il épouse une Annécienne et a un fils[18]. Jacques Moret, notaire à Annecy, publie en 1945 un inventaire du domicile rue Saint-François, réalisé le , à la suite de la mort de Jean-François Armenjon ()[18]. Son fils est un notable annécien, débutant une carrière de notaire (1780) et devenant propriétaire dans le bassin annécien (Vieugy, Seynod, Chaboires, Veyrier et Menthon)[18]. Lors du tracé de la nouvelle route reliant Annecy à Faverges, ce dernier refuse de vendre sa propriété en bord de lac coupée pour cet aménagement[18]. Au lendemain de sa mort, sa femme la vend à la Ville, elle se situait à proximité de l'actuelle place au Bois[18].

Une branche s'installe à Évian, vers 1750, en la personne de Blaise Arminjon (1721-1800), notaire royal en provenance de Chambéry[4],[21]. Ce dernier reçoit des lettres de bourgeoisie de la ville, le , pour lui et ses descendants[21]. Son fils, Jean-François (1766-1827), notaire également et syndic de la ville, est le père de Mathias Arminjon, entré au Sénat de Savoie en 1827, puis élu sénateur le [21]. Il acquiert ainsi « avec les honneurs et privilèges de cette élection, au premier rang desquels, ipso facto, pour lui et pour tous ses descendants, le privilège de noblesse ancienne »[4].

Période contemporaine

Cette famille est inscrite à l'ANF en 1983[22].

Filiation

Personnalités

  • Blaise Arminjon (1721-1800), notaire royal (Chambéry, Évian), administrateur des biens du baron Jean-François de Blonay qui est ambassadeur du roi de Sardaigne[4],[26]. Marié à Étiennette Bidal, trois enfants dont un fils Jean-François (qui suit)[21].
  • Charles Arminjon (1874-1966), fils d'Ernest Arminjon (1828-1901) et de sa seconde épouse Julie-Célestine-Pierrette Gaillard (1841-1925), avocat à la Cour d'appel de Chambéry, membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie (élu en 1901), et président de l'institution de 1927 à 1958[31],[30],[36]. Marié à Gabrielle Ochier de Villeret, dix enfants dont :

Héraldique

Notes et références

Voir aussi

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