Famille Bonsignori
famille italienne
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La famille Bonsignori (Buonsignori ou Bonsignore) était une très riche famille de la noblesse féodale originaire de Sienne, grands banquiers du Moyen-âge, qui ont fondé la Gran Tavola, précurseur de la banque universelle et la plus grande et la plus importante banque du monde pendant plus d'un siècle[1].
| Type | Maison noble |
|---|---|
| Pays | République de Sienne |
| Fondation | XIè siècle |
Leurs possessions, leur fortune, leurs liens avec les différentes monarchies européennes et la papauté ont permis à la famille d'avoir une puissance considérable jusqu'au XVIè siècle.
Par le biais de la Gran Tavola, elle finança de nombreuses royautés comme les rois français et anglais mais aussi et surtout les papes.
Elle domina avec la famille Tolomei, les grandes foires de Champagne, hauts-lieux du commerce européen[1].
Histoire
Les origines de cette famille remontent au Moyen Âge siennois et s’inscrivent dans l’ancienne noblesse féodale. Ses nombreuses propriétés à Sienne et dans les campagnes voisines constituaient une base solide pour ses activités économiques, notamment l’octroi de prêts à intérêt. Dès le XIIᵉ siècle, les Bonsignori détenaient plusieurs châteaux et territoires — parmi lesquels Montegiovi, Monte Antico, Monteverdi, Montenero d’Orcia, Bagno Vignoni et le château du Potentino — ainsi qu’un important patrimoine urbain composé de maisons, moulins et entrepôts à Sienne. La majorité de ces biens leur appartenait déjà avant la création de la Gran Tavola, laquelle contribua encore à accroître une fortune familiale déjà considérable[1].
La puissance économique des Bonsignori est notamment attestée par le fait que la commune de Sienne ne réclama aucune garantie à Bonsignore di Bernardo lors de l’attribution du contrat des douanes du sel de Sienne et de Grosseto, contrairement à la pratique habituelle. De plus, lors de l’arrivée de l’empereur Otton IV à Sienne en 1207, une chronique anonyme rapporte qu’ils étaient « prêts, avec armes et chariots, à intervenir si nécessaire ». Ce témoignage souligne non seulement leur richesse, mais aussi leur statut noble, la détention d’armes et de forces militaires étant alors réservée à l’aristocratie[1].
La Gran Tavola
Orlando Bonsignori joua un rôle essentiel dans la création et le développement de la Gran Tavola, qui demeura, jusqu’à sa disparition, l’une des principales institutions bancaires de son temps, au point de compter parmi ses débiteurs plusieurs souverains européens. La famille possédait de nombreux comptoirs en Europe mais aussi au Levant et de nombreux employés chargés de la représenter. Les Bonsignori détenait un rôle prédominant en Europe puisqu'ils étaient avec la famille Tolomei, les principaux banquiers de la papauté. Les papes, en se finançant par ces deux familles notamment par le biais de la Gran Tavola, utilisait l'argent pour soutenir les angevins ou encore pour conforter leurs alliances avec d'autres souverains européens, comme les rois français, anglais. Même après la faillite de la banque, la famille Bonsignori conserva une position éminente au sein de l’aristocratie siennoise et entretint des alliances avec d’autres grandes familles de la ville, telles que les Tolomei, les Salimbeni et les Piccolomini[1].
Ciampolo Bonsignori, membre de la Compagnie des Fils de Bonsignore et neveu d’Orlando, épousa vers le milieu du XIVᵉ siècle Mita Tolomei. Son oncle Guglielmo contracta, à la fin du XIIIᵉ siècle, une alliance matrimoniale avec la noble Vanna Salimbeni. De cette union naquirent Lando († 1314), époux de Verde Ranuccini et père de Guglielmo, lui-même père de Vanna Bonsignori ; Nicolò, marié à Maddalena Savini ; ainsi que Filippo et Fazio. Ce dernier, autre fils d’Orlando, eut à son tour deux fils, Fazio, surnommé Cicognino, et Lando, qui épousa Bérénice di Sassoforte.
Enfin, Girolamo da Siena (vers 1335 – 1420), né Girolamo Buonsignori à Sienne et fils de Nicolò, appartenait également à cette illustre lignée noble[1].
Rôle politique
Plusieurs membres de la famille prirent part aux conflits opposant Guelfes et Gibelins. En 1271, l’instauration d’un gouvernement guelfe entraîna l’exclusion des grandes familles de la vie politique, parmi lesquelles figuraient les Bonsignori. Niccolò Bonsignori, chef des Gibelins siennois, dirigea le siège de Castiglione d’Orcia et fut, une décennie plus tard, contraint à l’exil en raison de ses engagements politiques[1].
Suite de ses activités économiques
À la mort d’Orlando, la direction de la banque passa à son fils Fazio. Toutefois, la concurrence intense exercée par les nouveaux établissements bancaires florentins, ainsi que l’incapacité des héritiers à entretenir les réseaux politiques et économiques qu’Orlando avait patiemment construits pour affirmer son autorité, conduisirent la Gran Tavola à la faillite. À la suite de sa dissolution, la Société des Fils de Bonsignore fut créée : elle s’ouvrit à des associés extérieurs à la famille, tandis que certains membres historiques s’en retirèrent. Entre 1292 et 1298, les Bonsignori remboursèrent plus de 200 000 florins à leurs créanciers, une somme équivalant à environ 30 millions d’euros actuels[2].
Malgré cette crise, les activités commerciales de la famille à Sienne se poursuivirent jusqu’au XVIᵉ siècle. Après la faillite de la banque, les Bonsignori prirent néanmoins la direction de la douane de Trapani. Ils s’inscrivaient ainsi parmi les nombreuses familles marchandes et nobles toscanes qui, face aux évolutions politiques siennoises, trouvèrent dans le Sud de l’Italie — et en particulier en Sicile — un cadre plus favorable à la préservation de leur prestige et de leur fortune.
La famille est attestée en Sicile dès la fin du XIVᵉ siècle, période durant laquelle ses membres s’engagèrent dans diverses activités économiques et s’intégrèrent rapidement au tissu social et commercial de l’île, à l’image de nombreuses familles de banquiers et de marchands originaires de Toscane et de Ligurie. À la même époque, le noble Giacomo Bonsignore di Siena, marchand siennois, est également mentionné comme s’étant établi à Naples[2].
Par la suite, les Bonsignore s’implantèrent dans les principaux centres commerciaux, où ils assumèrent la gestion des opérations douanières, notamment à Messine — où se développa une branche autonome — ainsi qu’à Agrigente et à Trapani. Entre 1500 et 1600, la branche trapanèse compta plusieurs magistrats municipaux qui exercèrent des charges de premier plan, en particulier durant la seconde moitié du XVIᵉ siècle. Parmi eux se distingue le sénateur Raffaele Bonsignore, membre du Sénat de Trapani en 1580 et 1581, institution ancienne et prestigieuse de la ville. Pietro, marchand actif entre le XVIᵉ et le XVIIᵉ siècle, appartenait lui aussi à la branche de Trapani. Si à cette époque la richesse de la famille n'avait plus rien à voir avec celle qu'elle avait au XIIè et XIIIè siècle, les Bonsignore restaient des nobles particulièrement importants[2].
Les artistes Bonsignori
Plusieurs familles ont porté ce nom. L'une d'elles est particulièrement connue car elle donna plusieurs artistes de renom dont Francesco Bonsignori, Girolamo Bonsignori ou encore Cherubino Bonsignori.