Famille Hillenweck

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La famille Hillenweck est une famille alsacienne (dont le patronyme s’est écrit de diverses manières jusqu’au XVIIIe siècle (Hylweck, Hülweg, Hillweg, Hilweckh, Hillenweckh…), l’une des plus anciennes de Thann où elle a été présente au moins depuis le XVe siècle, et - par l’une de ses branches - jusqu’à la fin du XXe siècle[1]. À cette famille appartiennent notamment un abbé qui a marqué l'histoire de l'abbaye de Lucelle, et le peintre François Hillenweck au XVIIIe siècle. Les derniers Hillenweck présents à Thann ont été pris dans la tourmente des guerres franco-allemandes entre 1870 et 1945.

Le premier Hillenweck connu est Thiébaut ou Théobald Hylweck[2], né à Thann vers 1450-1453, qui a fait ses études à l’abbaye cistersienne de Lucelle, dans le nord du Jura français à proximité de la Suisse, et qui, une fois prêtre et moine, en est devenu cellérier et prieur. Élu abbé, il a été sacré à Bâle le . En 1499, les Confédérés suisses pillent Lucelle qui a pris le parti de leur ennemi l’empereur Maximilien 1er. En 1524, les paysans révoltés dévastent l’abbaye. L’abbé Hylweck entreprend des restaurations, et construit un nouveau clocher. Il étend même les possessions de l’abbaye. Quand, en 1529, les iconoclastes du diocèse de Bâle s’attaquent aux églises, il sauve des statues – de la Vierge et de saint Bernard - qu’il porte à travers la ville jusqu’à Lucelle. Il se retire en 1532, et meurt en 1535.

Entre l’époque de Thiébaut Hylweck et le début du XVIIe siècle à partir duquel les registres paroissiaux permettent de reconstituer les filiations, les données disponibles[3], malheureusement fragmentaires, attestent de la présence à Thann de plusieurs Hillenweck assez prospères. Contrairement à d’autres familles alsaciennes qui ont disparu pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), les Hillenweck y ont survécu. À partir de 1600 environ, et jusqu’à nos jours, on peut reconstituer leur filiation à partir des registres paroissiaux de Thann (rédigés en latin) puis à partir de l’état civil.

Une famille de notables de Thann

La vie de la cité

Plusieurs membres de la famille Hillenweck ont exercé des fonctions officielles à Thann, en tant que « bangard » (garde du ban) et « sénateur » (faisant partie du conseil dirigeant de la cité).

La ville de Thann, possession des Habsbourg à partir de 1324, est devenue française en 1648 à l’issue de la guerre de Trente Ans, avec Mazarin pour seigneur. Trois fonctionnaires - le bailli, le greffier, le procureur fiscal - nommés par le seigneur et remplissant aussi des fonctions conférées par l’intendant représentant de l’autorité royale géraient les affaires, de concert avec le «Magistrat ». Celui-ci était formé d’un tribunal et surtout d’un conseil (dénommé «senatus» dans les registres paroissiaux) composé de deux bourgmestres et de plusieurs conseillers, recrutés par cooptation[4]. Aucun citoyen de Thann (en latin, les « bourgeois » y étaient dénommés « cives ») ne pouvait occuper de fonction officielle s’il n’avait pas été bangard, c’est-à-dire garde-vignes, « Banwarte » en allemand, « Bangert » en alsacien, premier niveau du « cursus honorum ».

Ces bangards, au nombre de quatre, choisis parmi les bourgeois solvables et honorables, étaient nommés pour un an par le « Magistrat ». Il subsiste aujourd’hui, près de la sous-préfecture, à proximité du centre culturel, une cabane des bangards, autrefois située au milieu des vignes. On y trouve des bas-reliefs sculptés et des panneaux de bois peints, par lesquels les bangards commémoraient leur mandat. On y lit leurs noms, les emblèmes de leur métier, des renseignements météorologiques, etc. D’autres tableaux de la série sont conservés au musée de Thann[5].

Les Hillenweck à partir de 1600

Les trois premières générations de Hillenweck qui se sont succédé à partir de 1600 sont les suivantes.

Panneau commémorant les bangards de 1714, on peut lire en bas à droite le nom de Franz Hillenweckh. Jeune frère de Francois Hillenweck, Mathieu Hillenweck avait un blason représentant un cœur percé de trois clous, d’après une dalle commémorative conservée dans la cabane des bangards[6].

Nicolas Hillenweck, dont les parents ne sont pas connus avec certitude, s’est marié avec Cunégonde Hirt. De ce mariage sont nés au moins six enfants de 1611 à 1630, dont Jean Guillaume, Jean Gaspard, Michel :

  • Jean Guillaume Hillenweck (Thann 1611-Thann 1685) drapier, bangard en 1650, s’est marié à Thann en 1644 avec Catherine Kibler (décédée à Thann en 1662), fille de Sébastien, bangard en 1590. L’un des témoins des mariés Hillenweck-Kibler a été Simon Rauch bangard en 1621. De cette union est né Jean Georges Hillenweck (Thann 1647-Thann 1709), marchand, bangard en 1676, sénateur, qui s’est marié à Thann en 1675 avec Marie Madeleine Guggenberger. Les témoins des mariés ont été François Barth, greffier de la cité, et Sigismond (ou Sigmund) Gobel (bangard en 1659, mercier, sénateur, bourgmestre dans les années 1680, mari d’Anna Barbara Guggenberger) ;
  • Jean Gaspard Hillenweck (Thann 1623-Thann 1695) : voir ci-dessous ;
  • Michel Hillenweck (né en 1625), charron (carpentarius), bangard en 1669, s’est marié à Thann en 1659 avec Anne Barbe Werner. Les témoins des mariés ont été Jacques Bösch, mercier, bangard en 1649, sénateur, et Jean Jacques Schnöbelen, charcutier, bangard en 1632.

Fils de Nicolas et de Cunégonde Hirt, Gaspard (Jean Gaspard) Hillenweck (Thann 1623-Thann 1695) s’est marié à Thann en 1659 avec Ursule Seelman(n) (née à Thann en 1639), fille de Jean Thiébaut et de Marguerite Hillenweck. Les témoins des mariés ont été Jacques Bösch et Sigismond Gobel, déjà mentionnés plus haut. Jean Gaspard Hillenweck a été bangard en 1665.

Du mariage de Jean Gaspard Hillenweck avec Ursule Seelman(n) sont nés notamment :

  • Jean (Jean Thiébaut) Hillenweck (Thann 1664-Thann 1742), bangard en 1715, qui s’est marié à Thann en 1702 ou 1703 avec Marie Cunégonde Bechler (Thann 1681-Thann 1760) ;
  • François Hillenweck (Thann -Thann ), artiste peintre, bangard en 1714, sénateur, qui s’est marié à Thann le avec Marie Catherine Jung (décédée à Thann en 1743), sans enfant ;
  • Matthias ou Mathieu Hillenweck (Thann 1682-Thann 1752), bangard en 1723, probablement cloutier, qui s’est marié à Thann en 1706 avec Anne Marie Buch (Thann 1678-Thann 1744).

Le peintre François Hillenweck

Fils de Gaspard Hillenweck et d'Ursule Seelmann, François Hillenweck, auteur d’une œuvre picturale répertoriée par le ministère de la culture[7], est mentionné dans l'inventaire topographique[8] réalisé par ce même ministère, et dans le dictionnaire du patrimoine alsacien[9]. Ses œuvres sont d’inspiration religieuse, marquée par le catholicisme qui, face au protestantisme, prônait le culte de la Vierge et des saints, et fournissait ainsi aux artistes une matière abondante. Il a peint de grands tableaux sur toile commandés en particulier par les Franciscains de Thann et les Dominicains de Guebwiller [10] à l'occasion de la rénovation de leurs églises. On trouve aussi des œuvres de lui dans la région de Colmar, à Widensolen et à Kientzheim (paroisse dont le curé, de 1763 à 1791, puis de 1802 à 1812, a été François Joseph Hillenweck, petit-fils de Jean Hillenweck frère du peintre. Voir ci-dessous les descendants de Jean Hillenweck).

Les Hillenweck après François Hillenweck

Pour approfondir

Notes et références

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