Dominique Thiébaut Lemaire
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Dominique Thiébaut Lemaire, né le à Thann (Haut-Rhin), est un écrivain Alsacien et haut fonctionnaire français.
Né en 1948 à Thann, dans le Haut-Rhin, Dominique Thiébaut Lemaire est élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (promotion 1968[1], agrégé de lettres classiques en 1971) et de l’École nationale d'administration. Il est sous-directeur, chargé des relations fiscales internationales au ministère de l’économie et des finances à Paris, de 1987 à 1995. Dans le même ministère, de 1995 à 2014, il est contrôleur d’État et contrôleur général économique et financier, nommé au contrôle des groupes Charbonnages de France, Gaz de France et Électricité de France successivement. Il est chevalier de l’ordre national du Mérite[2].
Poésie
Dominique Thiébaut Lemaire a publié des recueils de poèmes : Aérogrammes en 2010 ; Courts poèmes long-courriers en 2011, avec une préface de Philippe Démeron (directeur de la revue/anthologie de poésie Les Citadelles) ; Passions premières en 2012 ; De jour en jour à la fin de 2015 ; Colère et douceur en 2019. Ces recueils ont été illustrés par le peintre et graveur Sergio Birga.[réf. nécessaire]
Les sonnets des deux premiers, inspirés par l’expérience internationale de leur auteur, composent un tour du monde, complété par des « pièces d’identité » et prolongé par une méditation sur « ailleurs ». Ils constituent un témoignage sur l’état de la planète et sur les transports aériens à la fin du XXe siècle. Six pièces de Courts poèmes long-courriers ont été commentés par l'auteur dans la revue L'Archicube[3]. Le troisième recueil aux poèmes variés, sonnets, mais aussi ballades et rondeaux, est un retour vers les passions premières – y compris la passion de la poésie française – évoquées en six parties : Écrire, France, Tristesse, Fables et Adages, Femmes, Saisons.
Le poète Bernard Noël a écrit à propos d’Aérogrammes : « J’aime beaucoup la forte simplicité de l’image en couverture et de celles qui ponctuent le livre : toutes d’une belle évidence. Et j’apprécie le risque couru par Dominique Thiébaut Lemaire avec ses alexandrins et ses sonnets. Cela me touche par la construction de bruits de langue dont la sonorité fait sens au-delà de l’immédiate signification. »[4].
Au sujet de Courts poèmes long-courriers, l’essayiste Henri Lewi écrit à l'auteur[5] :
Au sujet des poèmes de ce recueil consacrés à l'Afrique, Stéphane Gompertz[6], dans la revue L'Archicube[7], écrit : « Dominique Thiébaut Lemaire unit les étapes de ses missions de fiscaliste par une suite de poèmes, un par capitale : beaucoup d'entre nous retrouveront dans ces évocations pittoresques, sarcastiques et aimantes les sensations et les surprises de leurs propres déplacements. »
À plusieurs occasions, des poèmes du troisième recueil, Passions premières, ont été lus en public, certains mis en musique et interprétés par Alain Delrue[8].
{{refnec|Les quatrième et cinquième recueils de poésie, De jour en jour et Colère et douceur, sont introduits l'un et l'autre par le sonnet qui se trouve en tête des Regrets de Du Bellay. Celui-ci, dit-il, se confie à ses vers :
Comme étant de mon cœur les plus sûrs secrétaires...
Aussi ne veux-je tant les peigner et friser,
Et de plus braves noms ne les veux déguiser,
Que de papiers journaux, ou bien de commentaires.
Ces poèmes, proches de l'actualité (personnelle et sociale), cherchent à en extraire la substance durable. Ils sont liés aux livres de l'auteur sur le thème des passions et de la raison (cf. infra)[9]. Dans le propos liminaire de De jour en jour, Dominique Thiébaut Lemaire dit : « La poésie peut parler de tout, sans exclure l'actualité, les grandes et petites circonstances, les faits du jour, dont le renouvellement, dans un mouvement perpétuel, nous fait passer de l'instant fugace au temps qui dure. »
Ces textes sont en prose et en vers : « Sur les pages paires, celles de gauche, la prose précise le contexte, explique et complète les pages de droite, réservées aux vers... Dans ces poèmes, à la place où notre langue met l'accent le plus fort, sur les syllabes finales, ce ne sont pas seulement des rimes, mais des assonances et des allitérations, qui tissent des correspondances de significations en rapprochant les mots par leurs sonorités. »[10]
Dans le sixième recueil, Mythologie. humaine et divine comédie, préfacé par Maryvonne Lemaire Scavennec, il est question d'une quarantaine de personnages mythologiques (Orphée y apparaît au début avec Eurydice et à la fin avec les continuateurs de son art). L'auteur justifie son choix de la rime plate, celle de l'épopée et de la tragédie classique. Il applique une règle recommandée pour la première fois par Apollinaire et par Aragon, remplaçant l'alternance des rimes dites masculines et féminines par l'alternance de rimes consonantiques - finissant par une consonne - et de rimes vocaliques - finissant par une voyelle. Par exemple : «C'est là que peine en vain le malheureux Sisyphe /Qui ne peut accomplir cet effort décisif /De hisser d'accrocher ce rocher au sommet /Qu'il voudrait couronner sans réussir jamais», avec une rime intérieure (accrocher-rocher) pour évoquer ce vain effort.[réf. nécessaire]
Dominique Thiébaut Lemaire a créé en 2011 le site "Libres Feuillets" qui publie régulièrement des « billets » sous la forme de poèmes portant souvent sur l’actualité, et associés chacun à un texte en prose ; ainsi que des articles sur la littérature et les arts, par exemple en 2014 sur « Uña Ramos (1933-2014), musicien des Andes et du monde ».[réf. nécessaire]
Sciences humaines et sociales
Dominique Thiébaut Lemaire a publié en , avec la contribution de son épouse Maryvonne Lemaire Scavennec, un essai historique : Quatre familles dans les guerres. C'est une autobiographie familiale et individuelle concernant la famille Lemaire de La Bresse, la famille Hillenweck de Thann (voir aussi François Hillenweck[11] et la collégiale Saint-Thiébaut de Thann), les familles Scavennec et Rivier de Rosporden (voir René Scavennec[12], André Scavennec[13], Albert Rivier[14], et Paul Carron de la Carrière[15]).
La revue de l’Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure, en a rendu compte :
Un second compte rendu précise : il s'agit, par la pluralité des approches, généalogique, historique, économique, autobiographique, d'un « précieux témoignage sur les raisons qui ont porté des Français,vosgiens ou bretons, à défendre coûte que coûte leur liberté. »[16].
Des chapitres de Quatre familles dans les guerres, publiés sur le site Libres Feuillets, ont fait l'objet de références, notamment, dans Wikipédia (articles sur la commune vosgienne de La Bresse, sur la commune bretonne de Rosporden, sur Les Origines de Camille Claudel[17]).
Dominique Thiébaut Lemaire a publié en 2014 Bourdieu, une sociologie réflexive[18]. La quatrième de couverture relate : à l’époque où il était élève de l’École normale supérieure, Lemaire adécouvert l’enseignement et les recherches de Bourdieu ; plus tard, ayant relu les ouvrages du sociologue, il s’est senti assez proche de cette pensée, souvent méconnue, qui a évolué, de la sociologie de l’éducation à la sociologie de la production culturelle, et à la sociologie de l’État. Ce livre fait une grande place aux Méditations pascaliennes de Bourdieu (1997 et 2003) et à son Esquisse pour une auto-analyse (2004), où nous est livrée une « auto-socioanalyse ». Il cite comme significatif le proverbe béarnais (p. 22 de Bourdieu, une sociologie réflexive) : « bogue hérissée, châtaigne luisante. »
Dans Passions et raison aujourd'hui à la lumière de Descartes et de Spinoza, ouvrage résumé et complété par Les Passions et la raison, Dominique Thiébaut Lemaire réfléchit à l'actualité des Passions de l'âme de Descartes (1649) et de l'Éthique de Spinoza (1677) pour comprendre le monde contemporain. Ces deux philosophes ont vécu à peu près à la même époque et dans le même pays, les Pays-Bas. Le premier livre de Spinoza s'intitulait Les principes de la philosophie de René Descartes. À la limite des mathématiques, de la philosophie et de la littérature, à la frontière entre la psychologie et la sociologie, Descartes dénombre six passions « primitives », auxquelles toutes les autres se rattachent[19]. Après lui, Spinoza les réduit à trois affects primitifs[20]. La particularité de leur éclairage sur les passions ou affects tient notamment à l'importance de ce qu'on peut appeler la mathématique passionnelle. L'un de ses concepts fondamentaux est la notion de contraire, à la base des oppositions et symétries telles que celles entre l'amour et la haine, la joie et la tristesse, l'estime et le mépris[21].