Famille de Lantivy
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| de Lantivy | ||
Armes de la famille | ||
| Blasonnement | De gueules à l'épée d'argent en pal, la pointe en bas[1] | |
|---|---|---|
| Devise | Qui désire n'a repos | |
| Période | 1396 - à nos jours | |
| Allégeance | ||
| Pays | ||
| Charges | Conseillers au parlement de Bretagne, maire, conseiller général, préfet, consul général, maître des requêtes au Conseil d'État, sous-préfet, page de Napoléon Ier | |
| Fonctions militaires | Officiers, général de brigade | |
| Récompenses civiles | Ordre national de la Légion d'honneur | |
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La famille de Lantivy est une famille de noblesse bretonne d'origine chevaleresque remontant à 1396.
Elle compte parmi ses membres six conseillers au parlement de Bretagne, des combattants durant les guerres de la chouannerie, un haut fonctionnaire, un général.
L'auteur commun des deux branches de Trédion et de Kerveno est le chevalier Raoul de Lantivy, seigneur dudit lieu (nunc Lintivic) et de Keraudrenou, en Baud, de Kernazel, en Radenac, de la Ferrière (en Buléon), de Kerveno en Languidic, dans le département du Morbihan.
Une branche se fixa au XVIe siècle au Craonnais, d'abord à l'Ile-Tison, puis posséda la Lande de Niafles, la Cour de Livré, l'Épronniére, la Vieuville, la La Bouche d'Uzure, l'Épinay de Bouchamps.
Le nom de cette famille serait composé du mot "Lan", signifiant "territoire" en langue bretonne, et du prénom de saint Divy. "La famille de Lantivy" se traduirait donc par "La famille du territoire de saint Divy".
La famille de Lantivy est subsistante et a adhèré à l'Association d'entraide de la noblesse française le .
Généalogie simplifiée et personnalités
- Louis-André de Lantivy, fils de Louis-Pierre-Jacques de Lantivy et de Louise Langlois, fit les deux campagnes de Bavière et de Bohême à la tête d'un escadron du régiment de Fouquet-Cavalerie qu'il avait été autorisé à lever.
Il épousa :- le , Marie-Marthe-Henriette de Milon, d'où une fille mariée à M. Le Roy de la Poterie ;
- le , Charlotte-Hyacinthe-Claudine-Joseph de Montecler, dont deux filles et deux fils ; l'un d'eux signa le traité de la Mabilais. Une des sœurs, épouse divorcée de Charles-Jérôme de Maurey, épousa le curé intrus d'Azé, Louis Davière, devenu secrétaire-greffier de Château-Gontier.
Il fut arrêté en 1790 par la garde nationale de Craon au moment où il partait pour Paris avec sa famille et une voiture chargée de ses meubles les plus précieux qu'il désirait soustraire au pillage. Il eut beau protester qu'il se rendait à Paris pour se faire soigner par un spécialiste pour une ophthalmie, on le retint prisonnier pendant six semaines dans une maison particulière.
- Jean-Louis de Lantivy, décédé le à Vannes, et sa première épouse Anne-Marie-Françoise Tault de la Bouverie (décédée le à Ploërmel) eurent 8 enfants dont :
- Mathurin de Landivy de Trédion, né le à Ploërmel, émigra en compagnie de son frère cadet René-Joseph en , participa à la prise de Longwy et de Verdun par les émigrés, passa en Hollande d'enrôlant dans la légion de Béon et fut tué le 2 ou près de Charleroi.
- René-Joseph de Lantivy de Trédion, dit "Le chevalier de Lantivy", né à Ploërmel le fut admis au Collège de la Marine de Vannes le et émigra, âgé de moins de 16 ans, en en compagnie de son frère aîné, participant à la prise par les émigrés de Longwy et de Verdun (), puis passe en Hollande, s'enrôlant dans la légion de Béon, puis s'embarque pour l'Angleterre et de là, participa au débarquement de Quiberon. Fait prisonnier et détenu à Vannes, il fut fusillé le . Son nom est gravé sur le monument de la Chartreuse d'Auray[2].
- Augustin-Charles-Marie de Lantivy de Trédion, né à Vannes le , est le demi-frère des précédents, fils de la seconde épouse de Jean-Louis de Lantivy, Rosalie-Louise-Charlotte Le Brun (leur mariage fut célébré le dans la cathédrale de Vannes). Il s'engagea dans la Marine, participant pendant l'Empire aux campagnes de Hollande, de Russie, d'Allemagne, d'Espagne, notamment sur le vaisseau Le Tourville et l'aviso Le Téméraire et fut blessé pendant la campagne de Saxe en 1813. Il fut nommé maire de Vannes le et conseiller général du Morbihan en 1851, mais démissionna de ces fonctions en 1852 protestant contre le Second Empire. Il avait épousé en 1821 Joséphine-Louise-Sophie de l'Estourbeillon et eut 4 enfants dont :
- Augustin-Jean-Louis de Lantivy de Trédion, né à Lyon le , engagé en 1847, capitaine en 1856, participa à des campagnes notamment en Algérie et pendant la guerre de 1870 dans l'armée du Rhin et est fait prisonnier à Metz le (prisonnier à Bonn), rentrant de captivité le . Il est nommé lieutenant-colonel en 1878, colonel en 1882, général de brigade en 1887. Commandeur de la légion d'honneur. Il décéda le à Paris. Il avait épousé en 1859 Marie-Jeanne-Félicie de Richemont de Richard'son[3].
- Jacques-François de Lantivy, chevalier, seigneur de Kerveno fut baptisé le , marié avec Marie-Vincente Le Limonier de la Marche (née en 1741), eurent 5 enfants (4 garçons) dont trois participèrent aux combats de la Chouannerie :
- Jacques-Louis-Alexandre-Emmanuel de Lantivy de Kerveno, l'aîné, né le à Auray, officier des vaisseaux du roi, prit part, comme ses deux frères, aux guerres de la Chouannerie, mais survécut, décédant le . Il avait épousé Félicité-Marie-Élisabeth-Renée Conen de Saint-Luc dont il eut 5 enfants (il eût aussi deux filles d'un second mariage) dont :
- Gabriel-Marie-Jean-Benoît de Lantivy de Kerveno, né le au château du Bot en Quimerc'h, fut page de Napoléon Ier. En 1812, il dut quitter l'armée, ayant eu les pieds gelés pendant la campagne de Russie en 1812 (on dut lui amputer le pied droit). Devenu maître des requêtes au Conseil d'État, il fut nommé sous-préfet du Havre, puis préfet de la Corse en 1824, y faisant construire notamment la préfecture, l'hôtel de ville d'Ajaccio, le théâtre San Gabriel. Tombé quelque peu en disgrâce, il devient le préfet des Basses-Alpes et est révoqué en « pour raisons de santé », mais nommé consul général à Jérusalem, puis à Dublin.
- Jean-Baptiste-Paul-Marie de Lantivy-Kervéno, né à Auray, chevalier, émigra en 1791, revint en France et fit partie de la conspiration du marquis de la Rouërie, puis du Conseil royal de Bretagne. Il fit partie des chefs des divisions de la Chouannerie qui refusèrent le traité de la Mabilais signé le (30 germinal an III) entre les Conventionnels et les chefs bretons. Proche de Cadoudal, membre du Conseil du Morbihan, il fit partie de l'expédition de Pont-de-Buis en . Il participa ensuite à l'expédition de Quiberon, y fut blessé grièvement, laissant son commandement à son cousin Lantivy du Rest ; il se constitua prisonnier le et dut être transporté sur un brancard pour être fusillé à Auray le (12 thermidor an III). Ses ossements sont dans la crypte de la Chartreuse d'Auray.
- Emmanuel-Isidore de Lantivy-Kerveno, né le au château de Kerveno en Languidic fut fait prisonnier lors du débarquement de Quiberon le , emprisonné à Auray, sauvé par une ancienne religieuse, échappant donc à l'exécution, mais fut massacré six semaines plus tard à Carhaix par les Républicains alors qu'il combattait parmi les Chouans[2].
- Jacques-Louis-Alexandre-Emmanuel de Lantivy de Kerveno, l'aîné, né le à Auray, officier des vaisseaux du roi, prit part, comme ses deux frères, aux guerres de la Chouannerie, mais survécut, décédant le . Il avait épousé Félicité-Marie-Élisabeth-Renée Conen de Saint-Luc dont il eut 5 enfants (il eût aussi deux filles d'un second mariage) dont :
Branche de Coscro
- Louis François de Lantivy ( † septembre 1668), seigneur du Coscro, conseiller au Parlement de Bretagne,
- marié le (chapelle des Aulnays, Lanouée) à Florimonde de Keradreux (1637 † - Saint-Germain, Rennes), dame héritière des Aulnays, dame douairière du Crosco, baronne héritière de Rostrenen, dont :
- Claude-François,
- une fille,
- Jeanne Hiéronyme (née le - Lanouée),
- marié le (chapelle des Aulnays, Lanouée) à Florimonde de Keradreux (1637 † - Saint-Germain, Rennes), dame héritière des Aulnays, dame douairière du Crosco, baronne héritière de Rostrenen, dont :
- Claude-François de Lantivy du Coscro (1656 - Lanouée † ), seigneur du Coscro, baron de Rostrenen, conseiller au Parlement de Bretagne,
- marié (contrat de mariage) le à Anne-Charlotte L'Evêque, dame héritière de Langourla, dont :
- un fils,
- Florimonde-Renée,
- marié (contrat de mariage) le à Anne-Charlotte L'Evêque, dame héritière de Langourla, dont :
- Florimonde-Renée de Lantivy du Coscro ( † ), dame héritière du Coscro, baronne héritière de Rostrenen, marquise du Plessis-Bellière du chef de son mari, Dame des Isles, des Aulnaix, Caradreux, Ménorval et autres lieux,
- mariée le à Jean Gilles de Rougé du Plessis-Bellière (1681 † tué le au siège de Saragosse), 4e marquis du Plessis-Bellière, marquis du Fay, colonel d'infanterie, dont :
- Innocente Catherine,
- Louis de Rougé du Plessis-Bellière ( † à Vienne-le-Châtel (Champagne)), 5e marquis du Plessis-Bellière, marquis du Fay, baron de Vienne-le-Château, Colonel de Vexin-Infanterie,
- marié le en la chapelle de l'Hôtel de Luynes à Marie Thérèse d'Albert d'Ailly (1709 † 1765), dont :
- Louis-Bonabes, mort jeune,
- François-Charles, mort jeune,
- Marie Anne Louise (née le à Paris),
- marié le en la chapelle de l'Hôtel de Luynes à Marie Thérèse d'Albert d'Ailly (1709 † 1765), dont :
- mariée le à Jean Gilles de Rougé du Plessis-Bellière (1681 † tué le au siège de Saragosse), 4e marquis du Plessis-Bellière, marquis du Fay, colonel d'infanterie, dont :
Les statues de Saint Louis et de Sainte Catherine élevées dans la collégiale de Rostrenen passent pour être les portraits de Louis et de Innocente Catherine, enfants de Jean Gilles et de Florimonde de Lantivy, baronne de Rostrenen au XVIIIe siècle.
Branche Davière-Lantivy
- Louis-Pierre-Jacques de Lantivy x Louise Langlois
- Louis-André de Lantivy, comte de Lantivy (1722-), chevalier, seigneur de Bouchamp, de l'Isle-Tizon, de la Lande de Niafles, de la Bouche d'Uzure, de l'Espinay, de Champiré-Baraton, de la Liervais, de la Cruardière, de la Croptière, patron de la paroisse de Niafles x 1. Marie-Marthe-Henriette de Milon de la Léaudière x 2. Charlotte-Hyacinthe-Claudine-Josèphe de Montecler. André-Louis de Lantivy émige en août 1793 avec sa seconde femme et décéde à Orléans.
- 1. Marie-Innocente-Jeanne-Baptiste de Lantivy (1750) x Pierre Le Roy, IIIe du nom, vicomte de la Potherie de Neuville
- 2. Louise-Hyacinthe de Lantivy (1756) x Louis-François de Goüyon
- 2. Louise-Charlotte-Julie de Lantivy (1757) x 1. Charles-Jérôme de Maurey x 2. Louis-Jacques Davière[4]
- 1. Louis-André-Charles-Remy de Maurey, né à Exmes, le
- 2. Théodore-Narcisse Davière, né à Blois le x 1. Marguerite-Joséphine Michel x 2. Nathalie-Delphine Niel
- 2. Théodore-Ferdinand-Charles-Lucien Davière, né à Paris, le
- 2. Achille-Jean-Baptiste Davière
- 2. Louis-André-Charles, comte de Lantivy (1760), chevalier, seigneur de l'Isle-Tizon, de la Lande, de Champiré-Baraton, de la Guitonnière, du Faouëdic, de l'Espinay, de Niafles, de la Bouche d'Uzure, de Kermenguy
- 2. Louis-Georges-Maurice De Lantivy (1763)
- Louis-André de Lantivy, comte de Lantivy (1722-), chevalier, seigneur de Bouchamp, de l'Isle-Tizon, de la Lande de Niafles, de la Bouche d'Uzure, de l'Espinay, de Champiré-Baraton, de la Liervais, de la Cruardière, de la Croptière, patron de la paroisse de Niafles x 1. Marie-Marthe-Henriette de Milon de la Léaudière x 2. Charlotte-Hyacinthe-Claudine-Josèphe de Montecler. André-Louis de Lantivy émige en août 1793 avec sa seconde femme et décéde à Orléans.
Le scandale de l’usurpation : Julie de Lantivy et Louis-Jacques Davière
A partir de 1788, Julie de Lantivy, épouse de Charles-Jérôme de Maurey, se retrouve pensionnaire au Monastère de Buron. Son ancien confesseur, l'ancien moine de l'Abbaye Notre-Dame de Fontevraud[5], Louis-Jacques Davière, devenu curé constitutionnel d’Azé, la retrouve après la dispersion des couvents à Azé. Toute la famille de Lantivy ayant émigré, Julie de Lantivy est, ainsi que sa mère, arrêtée comme suspecte, incarcérée et condamnée à mort. Davière, devenu geôlier, propose à Julie un mariage de convenance pour la sauver. Le divorce avec Maurey, alors émigré, est prononcé le , et Julie épouse Davière cinq jours plus tard, le . Leur fils, Théodore-Narcisse Davière, naît le [6].
La construction d’une identité contestée
Théodore-Narcisse Davière, officier du Premier Empire et médaillé de Sainte-Hélène, adopte le nom de « Davière-Lantivy » à partir de 1814, et épouse en 1835 Nathalie-Delphine Niel sous ce nom. Cette dernière se fait appeler «Comtesse de Lantivy » à Saint-Germain-en-Laye, provoquant l’indignation d'autres membres de la famille Lantivy.
Une affaire de nom et d’honneur
En 1858, la famille Lantivy de Trédion, représentée par Augustin-Charles-Marie de Lantivy de Trédion, capitaine d’état-major, souhaite épouser Marie-Jeanne-Félicie de Richemont de Richard'son. Mais la présence à Saint-Germain-en-Laye d’une dame se faisant appeler « comtesse de Lantivy » (l'épouse Davière) bloque l’union. Une enquête révèle l’origine frauduleuse de ce titre. En 1859, le tribunal de la Seine interdit à Davière et à sa femme de porter le nom de Lantivy. Malgré les arguments de la défense (la possession du nom depuis cinquante ans, les services militaires, les blessures glorieuses), la justice reconnaît la légitimité de la famille Lantivy de Trédion. La « comtesse » Davière doit renoncer à son titre[7]. Le jugement du tribunal de première instance de la Seine fait défense à Théodore-Narcisse Davière et à sa femme Nathalie-Delphine Niel d'ajouter à leur nom, soit aucun titre nobiliaire, soit le nom de Lantivy[8]
Cette affaire illustre l’importance de la loi du [5], qui met fin à l’usurpation des noms et des titres. Elle montre aussi la persistance, après la Révolution française, de l’attachement des familles nobles à leur patrimoine symbolique, malgré la perte de leurs privilèges.
Davière-Lantivy
Officier distingué, arrêté à Rennes le [9] pour « propos séditieux »[10], Théodore-Narcisse Davière incarne les tensions de l’époque. Son frère, Davière de Lantivy de Château-Gontier[11], s’illustre même dans les rangs des républicains de Buenos Aires, soulignant la diversité des parcours issus de cette union controversée.
Armoiries
- Armes : De gueules à l'épée d'argent en pal, la pointe en bas[1],[12]
- Supports : deux lions
- Devise : Qui désire n’a repos
- Alias : D’azur, à 10 billettes d’or, 4, 3, 2 et 1, qui est de Baud, au franc-canton de gueules chargé d’une épée d’argent, qui est de Lantivy[1],[13]
- Armes de la famille de Lantivy
- Autres armes des Lantivy