Fawzia al-Otaibi lance en 2016 avec ses sœurs Maryam et Manahel[1] une campagne contre le système de tutelle masculine en Arabie saoudite, en publiant des messages en ligne avec le hashtag #IAmMyOwnGuardian. Quelques jours plus tard, Fawzia al-Otaibi et sa sœur Maryam sont arrêtées[2]. Manahel al-Otaibi publie en ligne un message concernant leur arrestation ; ce message est devenu internationalement viral, et entraîne leur libération de prison[2].
Un policier la verbalise en 2019 pour attentat à la pudeur à cause d'une vidéo publiée sur son compte Snapchat, où on la voit danser en jeans avec une casquette de baseball pendant un concert à Riyad. Elle paye l'amende puis émigre à Dubaï[2].
Fawzia al-Otaibi retourne en Arabie saoudite en 2022, mais elle est convoquée par les autorités pour un interrogatoire[3]. Elle s'échappe alors du pays[4], d'abord pour aller à Bahreïn, puis en Turquie[5]. Lorsque la police saoudienne constate qu'elle ne se présente pas au commissariat pour l'interrogatoire, une interdiction de voyager lui est signifiée[2]. Sa sœur Maryam est également interdite de voyager et fait l'objet d'un mandat d'arrêt[6]. Leur sœur Manahel est arrêtée[3].
Après une première comparution devant le tribunal en 2023, sa sœur Manahel est reconnue coupable en 2024 d’infractions terroristes liées à sa tenue vestimentaire, parce qu'elle effectue des achats sans abaya et à cause de l’expression de ses opinions en ligne. Elle est condamnée à 11 ans de prison[7], privée de tout contact avec sa famille, et placée à l’isolement avec une jambe cassée[8].
Fawzia al-Otaibi s'installe en 2023 à Édimbourg en Écosse[2]. Elle milite depuis 2024 avec Amnesty International pour obtenir la libération de sa sœur[9]. Elle déclare à Amnesty International qu'elle pense que si sa sœur est finalement autorisée à téléphoner, c'est uniquement pour faire comprendre à sa famille qu'elle doit cesser de parler publiquement de son incarcération. Elle craint que son autre sœur, Maryam, ne soit arrêtée à tout moment[9].
Elle est distinguée en 2024 parmi les 100 femmes de la BBC honorées pour leur rôle éminent et leur influence exemplaire[3].