Abaya

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Type
Costume traditionnel, vêtement d'extérieur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Origine
Abaya
Abaya moderne.
Caractéristiques
Type
Costume traditionnel, vêtement d'extérieur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Origine

L'abaya (عباية,ʿabāyah en arabe dialectal, عباءة,ʿabāʔah en arabe littéraire)[N 1] est un vêtement traditionnel féminin, qui consiste en une longue robe, ample et couvrante. Il est principalement porté dans les pays arabes, notamment en Arabie saoudite, dans les pays du golfe Persique, dans ceux de la Corne de l'Afrique, ainsi qu'au Maghreb.

Le terme est une translittération française de l'arabe عباءة (ʿabāʔah, forme littéraire) ou عباية (ʿabāyah, forme dialectale) qui se traduit littéralement par robe ou manteau, sans précision du type[1],[2]. La présence du « ʿ » initial explique que certaines personnes ne font pas l'élision et disent « la abaya ».

Description et origine

Selon le dictionnaire Le Robert, l'abaya est un vêtement féminin qui couvre l’ensemble du corps à l’exception du visage et des mains[3]. Selon certains historiens, l'abaya remonterait aux anciennes civilisations de Mésopotamie[4] il y a environ 4 000 ans[5].

À l'origine, l'abaya est un habit traditionnel chez les Bédouins, porté par les femmes dans le désert pour se protéger des conditions climatiques : le caractère ample de la robe permet de mieux supporter les fortes chaleurs et avec plus de confort[6],[7].

Si l'abaya populaire en Iran ou en Arabie est souvent noire, les couleurs peuvent varier[8], et le vêtement peut aussi être décoré de motifs en fonction du degré de religiosité des femmes le portant[9] ou lors d'occasions festives. Généralement, plus il y a de motifs ou de couleurs hétéroclites, moins l'aspect religieux est central dans le vêtement[10],[11],[12].

L'abaya est principalement portée dans les pays arabes, notamment en Arabie saoudite, dans les pays du golfe Persique[13], ainsi qu'au Maghreb[14].

Abaya et Islam

Il n'existe pas de texte religieux dans l'islam qui exige le port de cette tenue[15].

Le , le cheikh saoudien Abdullah al-Mutlaq indique que le port de l'abaya ne fait pas partie des impératifs religieux pour les femmes musulmanes[16]. Le , le vice-président du Conseil français du culte musulman confirme que l'abaya n'est pas une tenue religieuse mais plutôt une forme de mode vestimentaire[17].

Selon Le Petit Journal, elle est un habit traditionnel des Bédouins devenu plus tard dans la péninsule Arabique un symbole religieux islamique valorisant la modestie de la femme[7], mais elle est aussi perçue comme un héritage culturel[7],[18] différent de la question religieuse[19].

Un sondage Ifop réalisé en France pour Charlie Hebdo daté de indique que l'abaya est massivement perçue comme ayant un caractère religieux. Le même sondage signale les sites français en ligne qui commercialisent des abayas sous ce nom, et en excluant les vêtements vendus comme robe longue, le présentent comme un vêtement à caractère religieux[20].

Prestige

Marché du luxe

L'abaya, en tant que vêtement populaire chez les femmes issues du monde arabe, est l'objet de nombreuses collections artistiques à partir du début du XXIe siècle, notamment à Dubaï (EAU) où elle est considérée comme un marché du vêtement de luxe[12]. Bien que les motifs et les modèles puissent enfreindre les prescriptions religieuses de certaines mouvances rigoristes de l'islam[évasif], cela n'influe pas réellement sur leur popularité[10],[11],[12].

La mode vestimentaire influence elle aussi la tendance à remettre en cause le port de l'abaya longue, ce notamment par le biais du sport[21] ou de l'esthétique (couturiers libanais ou occidentaux, comme John Galliano, Paule Ka (en) ou Jean-Claude Jitrois)[22].

La mode de l'abaya est également importée en Europe par la styliste néerlandaise Nada Merrachi, qui ouvre officiellement sa boutique MERRACHI à Amsterdam, Anvers et Paris[23].

Mariage du prince héritier de Jordanie

Lors du mariage de Hussein ben Abdallah, le prince héritier de Jordanie avecc Rajwa Al Saif, le à Amman, la mariée porte une abaya blanche stylisée. De même, de nombreuses participantes et femmes présentes lors du mariage s'habillent de la sorte, majoritairement de couleur blanche et avec des motifs traditionnels, pour célébrer les nouveaux époux[8],[24].

Style

Algérie

La tunique masculine appelée abaya en Oranie, mannequin exposé au musée national du Bardo à Alger.

En Algérie, dans le Constantinois, l'abaya est parfois désignée comme une robe dotée de manches très courtes. Cette tenue est confectionnée à partir d'un tissu épais de forme carrée et comporte une capuche. De plus, elle est embellie par une superposition de tulle brodé qui présente des similitudes en termes de forme et d'ouvertures[25].

En Oranie, l'abaya est définie comme un corsage blanc fabriqué à partir de divers matériaux tels que le lin, le coton, parfois la laine ou la soie. Ce corsage est porté par-dessus une chemise et sous un burnous ou une djellaba[25]. Sa longueur atteint généralement la mi-jambe et il est dépourvu de manches, souvent accompagné de pans de tissu qui tombent jusqu'au milieu du bras. Dans la même région, le terme est également utilisé pour décrire une robe féminine qui se porte par-dessus une chemise. Cette robe, confectionnée en batiste, en soie ou même en velours, est d'une longueur étendue, sans manches et présente une ouverture prononcée à l'arrière[25].

La robe-tunique féminine, appelée abaya, qui équivaut à la djoubba ou gandoura de l’Algérie orientale a été introduite durant la période zianide. Durant la période coloniale, elle a muté en blouza moderne[26].

Réglementation

Notes et références

Voir aussi

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