Faya Ora Rose Touré
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Faya Ora Rose Touré, née Rose M. Gaines, née le à Salisbury, en Caroline du Nord, est une militante des droits civiques et avocate américaine.
Elle est la première femme noire juge dans l'Alabama[1],[2],[3],[4].
Faya Rose Touré est née le à Salisbury, en Caroline du Nord, du révérend DA Gaines et d'Ora Lee Gaines[3].
Touré fait sa première manifestation chez elle, auprès de sa famille. Sa mère était cuisinière dans un restaurant local, son père devait donc s'occuper des enfants et leur préparer des haricots quotidiennement. Elle entraine ses frères et sœurs à confectionner des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Plus de haricots ! Plus de haricots ! »[5].
Elle obtient son diplôme du lycée George Clem en 1962[3]. Elle un diplôme avec mention très bien de l'université Johnson C. Smith de Charlotte, en Caroline du Nord, en 1966, puis de la faculté de droit de Harvard en 1969[3],[6],[4].
Née Rose Gaines, Touré abandonne son « nom d'esclave » en 2002 et prend un nouveau nom en l'honneur d'Ahmed Sékou Touré, le premier président de la république de Guinée[7],[3]. Elle épouse le sénateur de l'État d'Alabama Henry Sanders[3],[6]. Ensemble, ils ont trois enfants naturels et quatre enfants en famille d'accueil[3].
Elle est auteure-compositrice et dramaturge et anime Faya's Fire, une émission de radio hebdomadaire[3],[4]. Elle est la créatrice de la chanson gospel « I'm Gonna Lift My Sister Up »[8],[9].
Droits civiques
Au début de son engagement militantisme pour la défense des droits civiques, deux événements la pousse à se tourner vers Malcolm X et sa philosophie plus que vers Martin Luther King Jr. et le mouvement des droits civiques. Jeune, elle déménage avec sa famille à Birmingham, en Alabama, oú son père, Damon Gaines, est appelé à exercer le ministère dans une église AME Zion locale. La famille déménage à « Dynamite Hill », où des suprémacistes blancs haineux bombardent les maisons des Noirs du quartier, transformant Birmingham en « Bombingham » dans les années 1960. Un jeune homme est tué dans leur rue et son père prend position pour l'état de légitime défense face à ce racisme meurtrier, estimant que c'était son droit constitutionnel.
L'autre expérience qui inspire la philosophie plus radicale de Touré s'est produite dans le Nord. Faya et son ami, le sénateur Henry Sanders, étudient à la faculté de droit de Harvard, où ils sont actifs sur le campus pour remettre en question le statuquo. Ils se rendent à une réunion dans une église de Détroit pour discuter du développement du Sud comme espace d'autodétermination pour les Noirs[9]. Soudain, la police fait irruption, arrêtant toutes les personnes présentes sans motif et les accusant de complot en vue de meurtre. Le couple ignore tout de cette accusation et subit de graves injustices aux mains de la police. Ils jurent de retourner dans le Sud pour y bâtir des institutions dirigées par des Noirs afin d'améliorer la vie des Noirs. Leur camarade de classe, Randall Robinson, auteur de « The Debt », raconte qu'« ils étaient les seuls de leur classe à être rentrés en Alabama pour faire exactement ce qu'ils avaient promis de faire pour leur communauté »[10].
Après Harvard, Touré travaille à la National Welfare Rights Organization (en) et au Columbia Center on Social Welfare Policy and Law[3]. Elle travaille ensuite pour la Legal Services Corporation (en) avant de fonder le cabinet d'avocats Chestnut, Sanders, Sanders, Pettaway & Campbell, LLC[3].
Elle travaille sur un certain nombre de cas très médiatisés de droits civiques au cours de sa carrière[3]. Touré travaille sur l'affaire Pigford c. Veneman, la plus grande affaire de droits civiques de l'histoire[3],[4] Elle gagne plus d'un milliard de dollars de dommages et intérêts auprès du ministère de l'Agriculture des États-Unis pour les agriculteurs noirs dans cette affaire[3],[4]. En 1982, le cabinet mène une étude sur le régime foncier des Noirs et documente la perte de terres par les Afro-Américains pour le Fonds foncier d'urgence du ministère de l'Agriculture[3],[5].
Elle fonde le National Voting Rights Museum (en), le McRae Learning Center, le Ancient Africa, Slavery and Civil War Museum, le Bridge Crossing Jubilee, le 21st Century Youth Leadership Movement et le Black Belt Arts and Cultural Center[3],[4].
Carrière judiciaire
Touré devient la première femme juge afro-américaine en Alabama lorsqu'elle est nommée juge municipale en 1973[3]. Elle a occupé ce poste jusqu'en 1977[3].