Fela Kuti
musicien et activiste nigérian (1938-1997)
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Fela Kuti, également connu sous le nom de Fela Anikulapo Kuti, ou simplement Fela, est un chanteur, saxophoniste, chef d'orchestre, cryptarque et homme politique nigérian, né le à Abeokuta et mort le à Lagos.
| Surnom | Black President |
|---|---|
| Nom de naissance | Olufela Olusegun Oludotun Ransome-Kuti |
| Naissance |
Abeokuta, Nigeria |
| Décès |
(à 58 ans) Lagos, Nigeria |
| Activité principale | Chanteur, musicien, chef d'orchestre |
| Genre musical | Afrobeat, avant-pop[1] |
| Instruments | Chant, saxophone, clavier, clarinette, tambour, guitare |
| Labels | Wrasse Records |
Fondateur de l'organisation République de Kalakuta au Nigeria, il est considéré comme l'inventeur de l’afrobeat, fusion de musiques afro-américaines (jazz, funk), de musiques d'Afrique de l'Ouest (principalement le highlife du Ghana), et de musiques traditionnelles de son pays le Nigeria (dont essentiellement des rythmes de son groupe ethnique, yoruba).
Présentation
Dans un Nigeria à peine sorti de la guerre du Biafra et propulsé en quelques mois au rang d'un des plus grands pays exportateurs de pétrole, Fela Kuti y faisait figure d'un artiste musicien engagé contre la corruption, la dictature et le pouvoir des multinationales.
Populaire auprès des laissés-pour-compte des ghettos de Lagos, le Black President (l'un de ses surnoms) se sert de sa musique (comme d’une arme) pour brosser un sombre tableau des mœurs socio-politiques. Ses morceaux, qui durent en moyenne un quart d’heure, sont agrémentés de paroles (dans un pidgin local) ciblant la dictature militaire, la corruption qui gangrène les élites, et décrivant la misère de la rue. Au-delà de ces tableaux sombres, les textes de Fela Kuti suggèrent par ailleurs aux Africains de « conquérir leur liberté par un retour aux sources qui leur rendra leur identité et leur vérité ».
Fela Kuti allie le jazz et la soul aux rythmes africains (notamment le ju-ju nigérian et le highlife ghanéen), donnant ainsi naissance à l’afrobeat. Sa popularité s’étend au-delà des frontières du pays. Mais très vite, il s’attire les foudres du pouvoir militaire qui supporte très mal ses satires. Après la sortie de son album antimilitariste Zombie (1976), sa propriété baptisée Kalakuta Republic est entièrement rasée par un raid militaire au cours duquel sa mère, âgée de 78 ans, est défenestrée. Elle succombe quelques mois plus tard des suites de ses blessures. Fela Kuti est plusieurs fois jeté en prison et torturé[N 1].
Biographie

Abeokuta et Lagos (1938-1958)
Fela Hildegart Ransome[2] naît le à Abeokuta, dans la colonie britannique du Nigeria. Issu d’une famille bourgeoise yoruba, il grandit dans un univers familial engagé. Son père, le pasteur Ransome-Kuti, l’initie très tôt au piano et sa mère Funmilayo Ransome-Kuti, une professeure et syndicaliste[3], influence son militantisme.
Jouant de la trompette, Fela Kuti fait son apprentissage musical à Lagos, la capitale économique du Nigeria, au son des Cool Cats, un groupe de highlife dirigé par Sir Victor Olaiya[3].
Études musicales à Londres (1958-1963)
Destiné à devenir médecin, Fela s’envole en 1958 pour Londres[4]. Toutefois, au lieu d'étudier la médecine (comme ses deux frères l'avaient fait avant lui), il s'oriente vers la musique.
Au Trinity College of Music, il étudie le piano en plus de la trompette[3], et fait ses premières armes sur scène. En 1959, il forme son premier groupe, Fela Ransome Kuti and His Highlife Rakers, jouant un mélange de highlife ouest-africain et de calypso des Caraïbes, teinté de jazz américain[5]. En 1962, il rencontre le musicien ghanéen Ebo Taylor, partisan comme lui d'un style de jazz plus africain[6],[7].
Fela fait également, dans la capitale britannique, la rencontre d'une jeune métisse nigériano-américaine, Remilekun Taylor, avec qui il se marie et dont il aura un enfant : Femi Kuti.
Le highlife des Koola Lobitos
Rentré au Nigeria en 1963, diplôme en poche[5], Fela Kuti met sur pied une nouvelle formation, les Koola Lobitos (« les petits loups cools », en hommage au groupe Cool Cats de Victor Olaiya), dans lequel il joue de la trompette et une musique totalement apolitique[3].
Il fait la rencontre du batteur Tony Allen, qui devient le pilier du groupe[3]. Au Kakadu Club de Yaba, le groupe joue un mélange de highlife ghanéen, et de jazz et rhythm and blues américain, tout en étant en quête d'une sonorité typiquement africaine[3].
Les Koolas Lobitos accompagnent l'américain Chubby Checker et la Jamaïcaine Millie Small lors de leurs tournées nigérianes[3].
À Accra et Lagos, Fela assiste aux débuts du Sierra-Léonais Geraldo Pino, qu'il côtoie ensuite en 1967, pendant une année passée au Ghana[3].
Africa 70 et la création de l'afrobeat
En 1969, il part tenter sa chance aux États-Unis. Il débarque à New York, et après plusieurs mois sur place, repart de Los Angeles. Sur place, il rencontre et sort avec Sandra Izsadore, une militante noire qui lui expose les idées de Malcolm X et Eldridge Cleaver[8]. Il est particulièrement fasciné par le charisme de Huey P. Newton, leader des Black Panthers[3]. De retour au pays, l’homme n’est plus le même.

Il change le nom de son groupe de Koola Lobitos pour Africa 70[3]. De même, il ne chante plus en yoruba, mais en pidgin, langue véhiculaire mêlant anglais et termes nigérians, de manière à être accessible à une plus grande partie du public du pays[2]. Il se convertit à l'animisme et prend le patronyme d'Anikulapo — « celui qui porte la mort dans sa gibecière » — Kuti — « qui ne peut être tué par la main de l'homme ».
Musicalement, il théorise un nouveau genre qu'il baptise afrobeat, au rythme moins jazz, plus proche du funk, de la soul et de rythmes africains[4]. Ses concerts marathoniens[3], ponctués de discours enflammés, se déroulent sous une impressionnante orchestration rythmique assurée par de puissantes percussions et des cuivres envoûtants (très souvent ponctuée de grandes envolées au saxophone).
Dans ses textes, il chronique la vie de tous les tous les jours sous l'emprise du régime militaire du général Gowon[3]. Avec les morceaux Shakara et Yellow Fever, il dénonce la manière dont les femmes nigérianes s'occidentalisent, par leurs tenues et par l'usage de crèmes blanchissantes. Sur Gentleman (en) (1973), il s'adresse aux hommes africains en leur demandant de ne pas s'habiller à l'occidentale, et dans Confusion (en) (1975) ou No Bread (1976), il critique le néo-colonialisme, appelant à une meilleures répartition des ressources, notamment le pétrole nigérian[3].
Bien que censuré par les médias d’État, il collectionne les succès en même temps que grandit sa popularité. Les pochettes de ses albums, aux motifs engagées, sont signées pour la plupart du peintre nigérian Lemi Ghariokwu (en)[3].
Toute une génération d'artistes locaux le suivent dans ce mouvement afrobeat : Sir Victor Uwaifo & his Melody Maestroes, Segun Adewale (en), Smahila & the S.B.'s, Black Children ou Sir Patrick Idahosa[3].
Suivant les conseils de son manager J.K. Braimah, Fela s'installe dans un club, baptisé Afro-Shrine, dans l'enceinte de l'Empire Hotel de Lagos. En 1973, il y reçoit la visite de Ginger Baker, Paul McCartney, et même James Brown en personne[3].
La « Kalakuta Republic »
Localisation sur la carte du Nigeria
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En 1974, il se retranche dans son habitation du quartier de Mushin, en plein ghetto de Lagos, qu'il transforme en véritable forteresse nommée Kalakuta, terme swahili signifiant « voyou »[8],[3], et qu'il déclare « république libre » et indépendante[9]. Par la suite, tout le quartier rejoint ce phalanstère qui comprend une clinique gratuite, une prison et un marché[3]. Fela y tient un rôle de chef traditionnel, consultant et donnant des audiances quotidiennes, entouré de ses femmes, de ses fils, de ses ânes, son babouin et son berger allemand[3].
Dans son bastion, Fela continue de composer et d'enregistrer des pamphlets, qui paraissent pratiquement chaque mois, se rendant tous les soirs à son club à dos d'âne[3]. Alors que le pays connaît un véritable boom pétrolier, une fracture sociale s'amorce entre, d’un côté une élite citadine corrompue, et de l’autre une grande majorité d’anciens paysans qui, attirés par le mirage pétrolier, ont déserté les régions rurales pour tenter leur chance à Lagos. La musique de Fela devient alors le cri du cœur de ces millions d'exclus sociaux.
À nouveau arrêté, pour consommation de stupéfiants, il ingurgite l'objet du délit. Il est alors battu jusqu'à la libération de la drogue par les voies naturelles. L'épisode donnera son nom à l'un de ses plus fameux morceaux, Expensive Shit[10].
En , les autorités nigérianes organisent à Lagos un Festival mondial des arts nègres (FESTAC 77). Pour des raisons idéologiques, Fela Kuti boycotte l'événement et organise de son côté une série de concerts gratuits qui attirent l’attention sur lui. Les journalistes et autres artistes présents dans la ville n’ont alors de mots que pour cet artiste musicien rebelle qui critique ouvertement l'establishment corrompu. Il chante notamment Zombie, un morceau dans lequel il se moque de l'armée et de la mentalité militaire en vigueur[3]. Le titre devient son hymne, ainsi que le chant de protestation des ghettos de Lagos et d'une bonne partie de l'Afrique[3]. Pour le Conseil militaire d'alors, sous la direction du général Olusegun Obasanjo, Fela Kuti est un agitateur.

Le , quelques jours après la fin du festival, tout un bataillon militaire prend d'assaut et détruit Kalakuta, brûlant les bandes magnétiques, violant des choristes de Fela et défenestrant sa mère Funmilayo Ransome-Kuti du deuxième étage. Elle meurt de ses blessures quelques mois plus tard[3]. Fela engage plus tard une action en justice contre les autorités mais celle-ci se solde par un non-lieu, les faits étant imputés à « des soldats inconnus au bataillon ». Il décrit notamment l'événement dans Unknown Soldier (en) — le soldat inconnu, et la pochette de l'album Kalakuta Show représente la scène[3]. À la suite de cette attaque, la musique de Fela devient plus sombre, avec des paroles plus acerbes et des accents free jazz dans son jeu de saxophone[3].
L'album Coffin For Head of State (Un cercueil pour le chef de l'État) raconte comment Fela est venu déposer le cercueil de sa mère décédée devant la présidence militaire[3].
Harcelé par la police, Fela s’exile au Ghana. Mais il en est expulsé une année plus tard pour avoir soutenu une violente manifestation d’étudiants (qui, en passant, avaient trouvé en « Zombie, oh zombie… » leur cri de ralliement contre la junte au pouvoir dans le pays).
En 1978, de retour au Nigeria, Fela épouse les 27 femmes choristes de son groupe, et se remarie avec sa première épouse, dans une cérémonie vaudou dirigée par un prêtre ifa.
Cette année-là, il part jouer au Festival de jazz Berlin avec les 66 membres d'Africa 70. Toutefois, plusieurs défections entament la solidité du groupe, avec notamment le départ de Tony Allen à l'automne pour poursuivre sa carrière solo[3].
Fela Kuti croit en l'idéal de l'unité africaine et tente de prêcher la paix entre les Africains. Panafricaniste et socialiste, il soutient en particulier Kwame Nkrumah (président du Ghana) et Thomas Sankara (président du Burkina Faso). Le Black Power (mouvement américain) le compte également parmi ses sources d'influences politiques. Fela a en revanche une position très critique à l'égard du gouvernement américain d'alors, auquel il reproche, d'une part de discriminer les Noirs, et d'autre part d'orchestrer des coups d'État dans des pays africains non-alignés.
Tentative politique
1979 voit le retour d’un gouvernement civil au Nigeria. Fela fonde alors son parti politique, le MOP (Movement of the People), et se déclare candidat aux élections présidentielles de 1983. Mais la route vers le pouvoir est barrée lorsqu’en 1981, les autorités l’enferment pour possession de cannabis et interdisent dans la foulée son parti ainsi que la branche culturelle de ce dernier : YAP (Young African Pioneers). À défaut d'être élu, il reprend le surnom de Black President, qui donne son titre à un album qui devient son premier grand succès international en 1981.
Dans la foulée, les albums International Thief Thief (en) et Original Sufferhead (en) dénoncent l'exploitation des richesses naturelles du continent par les multinationales occidentales[3].
À la fin de l'année 1979, le vibraphoniste américain Roy Ayers fait une tournée au Nigeria en compagnie de Fela Kuti dont il est un admirateur. De cette rencontre naît en 1980 l'album Music Of Many Colours (en), véritable hymne panafricaniste à l'attention des Noirs d’Afrique et de la diaspora. Leurs deux groupes, Ubiquity et Africa 70, fusionnent complètement leur musique, mêlant le funk, la soul et le jazz américain à l'afrobeat nigérian. Le morceau 2000 Blacks Got To Be Free, groovy et célébratoire, prédit que d’ici l’an 2000, les Noirs du monde entier seront libérés de la persécution[11],[12].
Egypt 80
En 1983, Fela liquide définitivement l'Africa 70, tout en étoffant en parallèle son nouveau groupe, Egypt 80, qui compte jusqu'à 80 membres. Les tournées le mènent un peu partout en Afrique, Europe, États-Unis, participant à la reconnaissance de la culture et de la musique africaines. Véritables ballets urbains africains, les danseuses du groupe font sensation, tout comme l'arrivée sur scène de Fela, torse nu sous un manteau de fourrure, le saxophone accroché au cou[3].
En 1985, il sort l'album Army Arrangement, qui met en lumière un scandale financier impliquant la junte au pouvoir. Alors qu’il s’apprête à se rendre à New York où il doit enregistrer son nouvel album, il est de nouveau arrêté à l’aéroport de Lagos pour exportation illégale de devises et écope de cinq ans de prison. Le juge qui l'a condamné avouera plus tard avoir subi des pressions gouvernementales[13]. La pression de milieux financiers, la large mobilisation d'artistes (organisation en Europe de concerts de soutien) ainsi que le renversement du régime dictatorial du général Muhammadu Buhari aboutissent à sa libération en 1986, après 20 mois d'enfermement. Fela fête sa liberté retrouvée en jouant devant 15 000 personnes[3] à la Fête de l'Humanité à La Courneuve[14].
Maladie et fin de vie
À partir de 1987, éprouvé par les excès en tout genre et l'acharnement des autorités à son égard[3], Fela entre dans une semi-retraite que seuls quelques concerts dans sa boîte (Shrine) et la sortie de l’œuvre anti-apartheid Beasts of no nation viennent animer. La pochette de cet album montre le président américain Ronald Reagan, la Première ministre britannique Margaret Thatcher et le président sud-africain Pieter Willem Botha avec des cornes de diables. Le titre provient quant à lui des propos de Botha : « Ce soulèvement [contre l'apartheid] fera sortir la bête qui est en nous. »[15]
Underground System (1993) est le dernier album original publié du vivant de Fela[10]. Il laisse à son fils aîné et successeur, Femi Kuti, le devant de la scène. Le rebelle flamboyant semble avoir perdu sa verve contestataire. Même au plus fort d'une nouvelle dictature (celle du général Sani Abacha) et l'emprisonnement de son frère Beko Ransome Kuti (président de la ligue nigériane des droits de l'homme)[16], il est resté sans réaction. Le fait est que l'homme se bat depuis des mois contre le sida et la maladie affecte d'autant plus gravement son corps que les nombreux sévices subis en prison l'ont affaibli.
Refusant en même temps la médecine occidentale et médecine traditionnelle nigériane, invoquant des « principes », Fela Kuti meurt le du sida et d'une insuffisance cardiaque[12]. Malgré les tensions entre l'artiste et les gouvernements militaires successifs, les autorités politiques militaires reconnaissent avoir perdu « l'un des hommes les plus valeureux de l'histoire du pays » et décrètent quatre jours de deuil national. Le , près d’un million de Lagossiens sortent dans la rue pour célébrer sa mémoire[17].
Conformément à son testament, Fela Kuti est inhumé à son domicile situé Gbemisola street à Ikeja (État de Lagos), à côté de la tombe de sa mère Funmilayo Ransome-Kuti.
Postérité

Deux de ses enfants, Femi Kuti et Seun Kuti, sont des artistes actifs dans le domaine musical et le genre afrobeat comme Fela.
Fela Kuti est resté un artiste très populaire au Nigeria. Un exemple de cette popularité est l'organisation d'une série d'événements appelés Felabration, qui, chaque année (à la semaine de l'anniversaire de sa naissance) rendent hommage au célèbre artiste.
En , le nom de Fela Kuti a été invoqué et scandé plusieurs fois durant les grèves nationales qui ont secoué le pays en protestation contre la hausse des prix de carburants.
Comme pour réparer les erreurs de l'histoire, le gouvernement de l'État de Lagos a octroyé 40 millions de nairas (environ 200 000 euros) pour que la famille de Fela Kuti puisse créer un musée en son honneur près de sa sépulture[18].
Bernard Lavilliers le cite dans sa chanson Noir et Blanc, qui évoque les artistes victimes des dictatures (album Voleur de feu).
En 2016, le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly crée le spectacle Kalakuta Republik, inspiré de la vie de Fela Kuti, présenté au festival d'Avignon[19],[20],[21],[22].
Le , la chanteuse Erykah Badu lui rend hommage dans un coffret qui comprend sept albums mythiques de la star nigériane, d'Army Arrangement à Underground System, des disques symboles de sa rébellion, tous sélectionnés par la reine du nu soul pour faire perdurer l’œuvre de l’artiste[23].
Le , Fela Kuti est récompensé à titre posthume d'un Grammy d'honneur lors de la cérémonie à Los Angeles. Il est le premier artiste africain qui obtient une telle distinction[24].
Discographie
Albums studio
- Signature Tune
- It's Highlife Time
- Lagos Baby
- Omuti
- Ololufe
- Araba's Delight
- Wa Dele
- Lai Se
- Mi O Mo
- Obinrin Le
- Omo Ejo
- My Lady's Frustration
- Viva Nigeria
- Obe (Stew)
- Ako
- Witchcraft
- Wayo
- Lover
- Funky Horn
- Eko
- This Is Sad
- J'ehin-J'ehin
- Egbe Mi O
- Who're You
- Buy Africa
- Fight to Finish
- Why Black Man Dey Suffer
- Ikoyi Mentality versus Mushin Mentality
- Na Poi (part 1)
- Na Poi (part 2)
- You No Go Die Unless You Wan Die
- Open and Close
- Swegbe and Pako
- Gbagada Gbagada Gbogodo Gbogodo
- Shakara Oloje
- Lady
- Roforofo Fight
- Trouble Sleep Yanga Wake Am
- Question Jam Answer
- Go Slow
- Alu Jon Jonki Jon
- Chop and Quench
- Eko Ile
- Je'n Wi Temi
- Gentleman
- Fefe Naa Efe
- Igbe (Na Shit)
- Alagbon Close
- I No Get Eye for Back
- He Miss Road
- Monday Morning in Lagos
- He No Possible
- Expensive Shit
- Water No Get Enemy
- Noise for Vendor Mouth
- Mattress
- Everything Scatter
- Who No Know Go Know
- Confusion
- Kalakuta Show
- Don't Meke Garnan Garnan
- No Bread (No Buredi)
- Unnecessary Begging
- Ikoyi Blindness
- Gba Mi Leti Ki N'dolowo
- Yellow Fever
- Na Poi 75
- Upside Down
- Go Slow (nouvelle version)
- Monkey Banana
- Sense Wiseness
- Excuse-O
- Mr Grammatology-Lisationalism Is the Boss
- Zombie
- Mr Follow Follow
- J.J.D. (Johnny Just Drop)
- Sorrow, Tears and Blood
- Colonial Mentality
- Opposite People
- Equalisation of Trouser and Pant
- Fear Not For Man
- Palm-Wine Sound
- Shuffering and Shmiling
- Stalemate
- African Message (Don't Worry About My Mouth-O)
- No Agreement
- Dog Eat Dog
- Unknown Soldier
- V.I.P. (Vagabonds in Power)
- I.T.T. (International Thief Thief)
- Authority Stealing
- Africa - Center of the World
- Blacks Got To Be Free
- Coffin for Head of State
- Original Sufferhead
- Power Show
- Perambulator
- Frustration
- Army Arrangement
- Crosse Examination
- Government Chicken Boy
- Teacher Don't Teach Me Nonsense
- Look and Laugh
- I Go Shout Plenty
- Why Black Man Dey Suffer (version 1977)
- Beasts of No Nation
- Just Like That
- Overtake Don Overtake Overtake
- Confusion Break Bones
- Underground System
- Pansa Pansa
Albums en public
- Let's Start
- Black Man's Cry
- Ye Ye De Smell
- Egbe Mi O (Carry Me, I Want to Die)
- Movement of the People Political Statement Number I
- Gimme Shit I Give You Shit
- Custom Check Point
- Just Like That
- Confusion Break Bones
- Teacher Don't Teach Me Nonsense
- Beast of No Nation
Collaborations
- 1971 : Stratavarious de Ginger Baker
- 1975 : Jealousy de Tony Allen & The Africa 70
- 1977 : Progress de Tony Allen & The Africa 70
- 1988 : Oduduwa de Oluko Imo
- 1990 : Proud de Michael Rose
Compilations
- 2002 : The Best of the Black President (Barclay/MCA Records[25]/Wrasse Records (2002)[26]/Knitting Factory (2009)
Coffrets
- 2010 : FELA The Complete Works Of Fela Anikulapo-Kuti Wrasse Records, Knitting Factory Records, Kalakuta Sunrise[27]/Wrasse Records (2010)/Knitting Factory (2010)
Dans la fiction
- Fela back to Lagos, scénario : Loulou Dédola - dessin et couleur : Luca Ferrara, éditions Glénat, parue en 2019, (ISBN 978-2-344-02569-7)
Vidéographie
- 1978 : Concert filmé en Allemagne (Festival de Jazz de Berlin)[N 2].
- 1981 : Fela in concert (concert filmé à Paris, le , 57 min).
- 1982 : Fela : Musique au poing[N 3] de Stéphane Tchal-Gadjieff et Jean-Jacques Flori (documentaire, 53 min, France).
- 1984 : Fela Live at Glastonbury Festival 1984 (concert filmé au Royaume-Uni, 70 min).
- 2006 : Fela: Fresh from Africa d'Edward Jaheed Ashley (documentaire, 90 min, États-Unis).
- 2006 : Suffering and Smiling de Dan Ollman (documentaire, 60 min, États-Unis/Nigéria).
- 2014 : Finding Fela de Alex Gibney (film documentaire, 119 min, États-Unis).