Roy Ayers

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Décès
(à 84 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Roy Edward Ayers
Nationalité
Roy Ayers
Roy Ayers en 2019.
Biographie
Naissance
Décès
(à 84 ans)
New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Roy Edward Ayers
Nationalité
Formation
Jefferson High School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Autres informations
Membre de
Roy Ayers Ubiquity (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Instrument
Label
Genre artistique
Site web
Discographie
Roy Ayers discography (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Roy Edward Ayers Jr. dit Roy Ayers, né le à Los Angeles (Californie) et mort le à New York (État de New York)[1], est un arrangeur, compositeur, interprète, musicien multi-instrumentiste et producteur américain. Surnommé le « godfather of Neo-Soul » (littéralement « parrain de la neo soul »), il a inspiré plusieurs courants musicaux, notamment l'acid jazz[1].

Roy Ayers grandit à Los Angeles dans une famille de musiciens : son père, préposé au stationnement, joue du trombone et sa mère enseignante donne des cours de piano[2],[3]. Il étudie le piano et l'harmonie dans sa famille et au collège. Il pratique également la steel guitar, la flûte, la trompette et la batterie, et fait partie de la chorale de l'église[4]. Bobby Hutcherson, qui est un de ses voisins, lui enseigne le jazz[3]. À cinq ans, il se voit offrir une paire de baguettes de vibraphone par Lionel Hampton, mais ce n’est qu’à l’âge de 17 ans qu’il se met sérieusement à l’instrument[4]. Il étudie la théorie de la musique au Los Angeles City College[3]. Dès 1958, il commence à jouer, avec Phineas Newborn Jr, Curtis Amy, Teddy Edwards, Leroy Vinnegar, Vi Redd, dans une formation jazz orientée post-bop en 1962[5].

Influencé à ses débuts par Milt Jackson et Cal Tjader, son jeu est caractérisé par une virtuosité et un sens de la mélodie certains et un modernisme tempéré. En 1963, il forme un quartet avec Hampton Hawes, et est engagé par Gerald Wilson et Jack Wilson. Son premier album, West Coast Vibes, sort chez United Artists Records la même année[4].

En 1966, Reggie Workman (le bassiste du quartet de John Coltrane) persuade Roy de se joindre à une jam session avec Herbie Mann au Lighthouse Club de Hermosa Beach, qui déboucha sur une période de quatre années aux côtés du grand flutiste, dont une participation à son chef-d’œuvre Memphis Underground[6]. Herbie Mann produisit ses trois premiers albums solos sur Atlantic Records, très jazz, qui lorgnent parfois comme chez Mann du côté du Brésilien Antonio Carlos Jobim.

En 1970, Roy quitte Herbie Mann et s’installe à New York où il forme son propre groupe, le Roy Ayers Ubiquity[7], en s’entourant de musiciens de premier plan, tels que Sonny Fortune, Billy Cobham, Harry Whitaker (de), Omar Hakim et Alphonse Mouzon. Après quelques tâtonnements du côté du jazz-rock de Herbie Hancock, et du jazz-soul de Herbie Mann, le groupe trouve rapidement sa voie en déclinant un jazz très funky, qui sur l’espace de douze albums, de 1970 à 1977, va marquer définitivement le son d’une époque. Il signe quelques-uns des titres les plus repris de tous les temps comme Everybody Loves the Sunshine (en) (1976), ainsi que d'autres projets dont RAMP (en) (initiales de Roy Ayers Music Project), dont le morceau Running Away reste l'un des grands succès de l'année 1977.

Photo en noir et blanc de Roy Ayers. Vu en contre-plongée, il est penché sur un vibraphone et tient des baguettes dans sa main droite.
Roy Ayers en 1979.

Roy Ayers ne reste pas étranger au mouvement « blaxploitation » (films produits et réalisés entièrement par et pour des Noirs hors des studios hollywoodiens). Si les bandes originales composées par Isaac Hayes pour Shaft ou par Curtis Mayfield pour Superfly sont relativement plus connues, celle de Roy Ayers pour Coffy (Jack Hill, 1973), un des films phares de la comédienne Pam Grier, est l'une des plus accomplie du genre, oscillant en funk, soul et R&B.

À la fin de l'année 1979, il fait une tournée au Nigeria en compagnie du fondateur de l'afrobeat, Fela Kuti, dont il est un admirateur. De cette rencontre naît en 1980 l'album Music Of Many Colours (en), véritable hymne panafricaniste à l'attention des Noirs d’Afrique et de la diaspora. Leurs deux groupes, Ubiquity et Africa 70, fusionnent complètement leur musique, mêlant le funk, la soul et le jazz américain à l'afrobeat nigérian. Il représente une production sensiblement tardive de soul africaniste, un courant qui connait son heure de gloire chez les musiciens afro-américains entre 1968 et 1975. Le morceau 2000 Blacks Got To Be Free, bien plus disco que la version de 2000 Blacks enregistrée par Ayers seul, prédit que d’ici l’an 2000, les Noirs du monde entier seront libérés de la persécution[8],[9]. Roy Ayers poursuit sa période afrobeat en solo avec Silver Vibrations en 1983, un album méconnu produit avec son propre label, Uno Melodic[1],[10].

La décennie 1990 le consacre comme figure majeure et tutélaire de l'acid jazz et du hip-hop ; par contrecoup, il devient l'artiste le plus samplé au monde aux côtés de James Brown et George Clinton, entre autres par les rappeurs[11],[4].

Dans les années 2000, Roy Ayers sort un album intitulé Mahogany Vibe (2004). Plusieurs compilations ont été éditées, dont en 2003 Virgin Ubiquity composée exclusivement d'inédits datant de 1976 à 1981. En 2008, il fait une apparition remarquée dans le jeu Grand Theft Auto IV en tant qu'animateur de la station de radio Fusion FM.

Roy Ayers s'est produit quatre fois au Montreux Jazz Festival dès 1971[12], en concert en France, notamment le au Cabaret Sauvage, le au Glazart à Paris, de nouveau au Cabaret Sauvage le dans le cadre du festival Jazz à la Villette et enfin au New Morning les et .

Il sort un ultime album en 2020 avec Ali Shaheed Muhammad et Adrian Younge[1]. Il meurt le à New York des suites d'une longue maladie[1],[3].

Entre autres influences, Pharrell Williams le considère comme l'un de ses phares musicaux[13].

Discographie

Notes et références

Annexes

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