Ferdinand Cavallera
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Ferdinand Cavallera est un jésuite français, professeur de théologie positive à la Faculté de théologie de l'Institut catholique de Toulouse, né au Puy-en-Velay le , et mort à Toulouse le .
Ferdinand Cavallera est né au Puy-en-Velay de parents d'origine piémontaise, d'Ailoche dans la province de Biella. Il est entré jeune à l'école apostolique de la Compagnie de Jésus à Bordeaux où il a suivi ses études secondaires jusqu'à la classe de philosophie. Il est entré dans le noviciat de la Province de Toulouse réfugié à Vitoria[1], . Son maître des novices a été le père Besson qu'il a retrouvé plus tard à l'Institut catholique de Toulouse où il a été professeur puis doyen honoraire de la Faculté de droit canonique[2]. Ses premiers vœux sont prononcés le . Pendant deux années il est étudiant en lettres dans la maison de Sainte-Marie-des-Champs, à Toulouse, puis auditeur de philosophie, en 1897, à Uclès, dans le château des chevaliers de Saint-Jacques-de-l'Épée, puis pendant deux ans à Vals-près-le-Puy. Dans les six années qui ont suivi son noviciat, il a étudié et enseigné le latin, le grec et le français, appris à parler l'espagnol et l'italien et à lire l'anglais et l'allemand. Devenu « régent », il enseigne la grammaire et les humanités au « juvénat » de Sainte-Marie-des-Champs, en 1900, l'année suivante la rhétorique au collège de Montpellier en même temps qu'il prépare une licence ès lettres. En 1902 et 1903, il enseigne la rhétorique supérieure aux « juvénistes » repliés dans les îles Anglo-Normandes, à Jersey où règne l'influence du père jésuite Georges Longhaye (1839-1920) et où il a pour collègue le frère Adhémar d' Alès (1861-1938). Pierre Teilhard de Chardin y a été élève.
En , il a commencé à Enghien, en Belgique, ses études de théologie au moment où la crise moderniste allait atteindre son extrême acuité avec la mise à l'Index de cinq livres d'Alfred Loisy, le . La théologie enseignée à Enghein était proche celle du séminaire de Wurtzbourg.
Au cours de sa troisième année de théologie, il présente à la Faculté des lettres de l'Université de Paris, le , deux thèses sur la patristique. La thèse principale, Le schisme d'Antioche (IVe – Ve siècle), était patronnée par Aimé Puech. La thèse complémentaire en latin est une édition critique d'une pièce en grec qu'il avait découverte à Leyde. Cette soutenance a fait l'objet d'un compte-rendu par Adhémar d'Alès[3]. Ces deux thèses sur le schisme d'Antioche font l'objet d'une critique par Louis Saltet ans le Bulletin de littérature ecclésiastique[4] et une réponse de Ferdinand Cavallera dans la même revue[5]. Louis Saltet doute que l'homélie attribuée à Eustathe soit bien de lui et critique la thèse française en écrivant qu'« une érudition très étendue ne suffisent pas pour étudier la littérature patristique. Il y faut la connaissance des dogmes. Il est nécessaire de prendre au sérieux l'idée de développement théologique et d'en faire un instrument de critique ». Si les critiques de Louis Saltet sont justifiées, les deux thèses ont reçu le prix Zappas de l'Association pour l'encouragement des études grecques. Il a reçu l'ordination sacerdotale le en même temps que Joseph de Guibert. Il reste encore deux ans en Belgique pour terminer ses études, à 's Herenelderen, puis à Louvain où il est inscrit en patrologie et se forme aux langues orientales. Il noue des relations avec le père Joseph de Ghellinck. Ses études ne sont pas interrompues par le service militaire car il n'est pas encore naturalisé français.
Après le décès du père Eugène Portalié, professeur de théologie positive de l'Institut catholique de Toulouse, le , cette chaire lui est proposée. Il est nommé professeur de théologie positive et bibliothécaire à la faculté de théologie. Il a enseigné à l'Institut catholique de Toulouse jusqu'à la fin de l'année scolaire 1950-1951. Il a rédigé deux articles sur la théologie dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, en 1910 sur la théologie historique, et en 1925 sur la théologie positive. Il a écrit dans le second : « Si on va au fond des choses, on se rend compte aisément que des deux sources de savoir, déjà reconnues par la philosophie antique, auctoritas et ratio, c'est l' auctoritas qui constitue l'objet propre de la théologie positive, la ratio étant celui de la scholastique. L'auctoritas, c'est l'ensemble des témoignages nous apportant la révélation divine, la ratio c'est la spéculation s'exerçant à l'occasion de ces témoignages... : où l'on voit à la fois la distinction la distinction et l'union nécessaire de ces deux disciplines pour la constitution de la science sacrée ». Il ajoute « la première tâche de la positive doit donc être de recueillir aussi exactement que possible les documents du magistère ecclésiastique depuis l'origine et de tenir à jour le répertoire où l'enseignement soit solennelle, soit ordinaire, se fait l'écho de la vérité révélée ».
Il a aussi assuré un cours sur la doctrine sociale de l'Église et, pendant quelques années, un cours sur la littérature italienne.
Il a été un des premiers collaborateurs du père Joseph de Guibert à la fondation de la Revue d'Ascétique et de Mystique, en 1920. Il est devenu le directeur de cette revue à partir de 1928 jusqu'à sa mort, en 1954. Il a été avec le père Joseph de Guibert un des principaux collaborateurs du Dictionnaire de Spiritualité ascétique et mystique dirigé par le père Viller, en 1928. Il a dirigé le Bulletin de Littérature Ecclésiastique, revue de l'Institut catholique de Toulouse, de 1928 jusqu'à sa mort.
Ses principales œuvres concernent la patristique. Il a commencé en 1906 avec sa thèse de doctorat ès lettres sur le schisme d'Antioche avec une thèse complémentaire latine sur un sermon d'Eusthate d'Antioche. En 1908, il a rédigé une étude sur Saint Athanase, puis un index de la Patrologia Graeca de Jacques-Paul Migne, en 1912, et un Thesaurus doctrinae catholicae, ex documentis Magisterii ecclesiastici, en 1920, similaire à celle de Dezinger. Son ouvrage principal a été consacré à la vie et l'œuvre saint Jérôme inaugurant la collection Spicilegium Sacrum Lovaniense. La première partie publiée comprend deux tomes. Le premier tome est divisé en cinq livres racontant sa jeunesse et son premier séjour en Orient (347-382), son séjour à Rome (382-385), ses premières années à Bethléem (385-402), son intervention dans la polémique origéniste (391-402), ses dernières années (403-419). Le tome 2 contient la chronologie de saint Jérôme et des notes complémentaires. La seconde partie qui devait traiter de sa théologie n'a pas été rédigée. En 1923, il a obtenu pour cet ouvrage le prix Thérouanne de l'Académie française[6].
Il a publié un Précis de la doctrine sociale de l'Église, en 1931 et 1937, à la suite de ses cours. Il a rédigé de nombreux articles sur la théologie spirituelle dans les revues qu'il dirigeait et pour le Dictionnaire de Spiritualité. Il a travaillé à une édition critique en quatre volumes des Lettres spirituelles du père Jean-Joseph Surin, en collaboration avec le père L. Michel.