Ferdinand Paul Gautier
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Ferdinand Paul Gautier est un fabricant d'instruments scientifiques français spécialisé dans les télescopes astronomiques de précision et les instruments de mesure, né à Paris le et mort dans la même ville le .
Paul Gautier, issu d'une famille parisienne modeste, fils d'Étienne Constant Gautier et de Marie Jaumain. Il fut contraint d'abandonner l'école et de travailler comme apprenti à treize ans. Il étudia la géométrie à l'école de dessin de la rue de l'École de médecine.
À dix-huit ans, en 1860, il entra dans l'entreprise de fabrication d'instruments de précision de Marc Secretan (1804-1867), qui avait été associé en 1845 avec Noël Paymal Lerebours (1807-1873) avant que cette collaboration s'arrête en 1855, où il travailla sous la direction de William Eichens (Berlin, 1818-Bourg-la-Reine, 1884). Ils participèrent en 1864 à l'installation à l'observatoire de Marseille du télescope à miroir de réflexion de Léon Foucault (1819-1868) ayant miroir de 80 cm en verre argenté qui fut pendant quelques années le plus grand du monde[1],[2]. Lorsque William Eichens créa sa propre entreprise en 1866, Paul Gautier le rejoignit et, en 1876, il fonda son propre atelier au 24 rue d'Enfer avant de s'installer au 56 boulevard Arago[3].
Il exposa une machine à diviser à l'Exposition universelle de Paris de 1878.

En 1881, Paul Gautier racheta l'entreprise de William Eichens. Il commença à développer plusieurs télescopes équatoriaux à coude, inspirés du modèle de Maurice Lœwy, qui furent largement utilisés. En 1871, Maurice Lœwy avait inventé une nouvelle forme de monture équatoriale qui prendra ultérieurement le nom d’équatorial coudé. Paul Gautier a construit pour l'observatoire de Paris, entre 1879 et 1882, le Petit équatorial coudé qui est équipé d'une lunette comprenant un objectif photographique de 33 cm de diamètre et un objectif visuel de 27 cm de diamètre (focale de 360 cm). Cet instrument est réalisé en collaboration avec les frères Henry (Paul-Pierre et Prosper-Mathieu Henry). Les frères Henry ont fourni les optiques (lentilles et miroirs) et Paul Gautier la monture et les mécanismes de conduite. Il a servi à l'élaboration du projet Carte du Ciel initié par Ernest Mouchez en 1887. Entre 1882 et 1889, il a construit six autres coudés pour les observatoires de Vienne, Alger, Lyon, Besançon, Nice (financé par le philanthrope Raphaël Bischoffsheim) et un second, le Grand Coudé, en 1891, pour l'observatoire de Paris. Le second coudé de Paris à une ouverture de 60 cm avec une longueur de focale de 18 m. Il est le plus grand instrument de ce type jamais construit. Cet instrument a permis d'établir l’Atlas photographique de la Lune. Au total, il a construit 18 équatoriaux doubles à monture anglaise.
Paul Gautier innova également au niveau du micromètre afin de réduire les erreurs de mesure. Il a fourni la plupart des astrographes pour le projet Carte du Ciel dont il a réalisé le premier exemplaire à ses frais en 1885.
En 1896, il dépose trois brevets concernant le cinématographe dont l'un concerne un appareil appelé le Zographe dont l'exploitation est confiée à la société L'Optique, société anonyme des grands télescopes fondée le par François Deloncle (1856-1922), mais cette société se déclare en faillite en 1901[4]. Il a construit le double équatorial, la grande lunette de l'observatoire de Meudon qui a une longueur de focale de 16 m et des diamètres d'objectifs de 83 et 66 cm.
En 1897, l'expertise de Paul Gautier est reconnu pour la qualité de ses instruments, en particulier pour la précision de ses vis, de ses cercles gradués et de ses montures de télescopes. Il est nommé membre du Bureau des longitudes. Il en est le président en 1903.
Au sommet de sa gloire, en 1900, il employait 40 personnes dans son atelier du boulevard Arago et avait construit 18 télescopes équatoriaux, 7 coudés, 3 lunettes astronomiques, 7 cercles méridiens, 5 sidérostats, 3 télescopes azimutaux, 13 astrographes et de nombreux instruments plus petits. Il travailla sur une grande lunette astronomique dotée d'une lentille de 132 cm de diamètre pour l'Exposition universelle de 1900 à Paris, financée par l'homme politique français François Deloncle et sa société privée. Cependant, ce fut un désastre : la lunette ne fut pas installée à un endroit approprié et le défaut de paiement faillit ruiner son entreprise.
Paul Gautier poursuivit ses travaux et développa un chronographe à imprimer.
Son entreprise fut rachetée après sa mort par Georges Prin en 1910 et prit ensuite le nom d' Établissements Secretan, Epry, Jecquelin successeurs.
