Figure, nu assis, figure accoudée
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| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type |
Huile sur toile |
| Dimensions (H × L) |
114 × 162 cm |
| Localisation |
collection privée (NC[1].) |
| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type |
Huile sur toile |
| Dimensions (H × L) |
89 × 130 cm |
| Localisation |
collection privée (NC[2].) |
Femme assise et Figure, nu assis, figure accoudée sont deux huiles sur toile peintes par Nicolas de Staël en 1953 à Lagnes et à Ménerbes. La première est répertoriée à cette date dans le catalogue raisonné de Françoise de Staël sous le no 724. Elle précède de très peu Figure, nu assis, figure accoudée, huile sur toile, 89 × 139 cm peinte vers la fin de l"année 1953, répertoriée dans le catalogue sous le no 726. Les deux sujets sont toujours la même femme qu'il désigne parfois sous le nom de Une inconnue, bien qu'il s'agisse de Jeanne Mathieu, qu'il nomme de temps en temps : Nu debout (nu Jeanne). Cette femme dont il s'est épris et pour laquelle il s'est jeté par la fenêtre n'est en réalité qu'un des motifs du désespoir de Nicolas de Staël qui a toute sa vie vécu entre enthousiasme et accès de mélancolie désespérée. Staël ne connaissait pas la sérénité, ainsi le confirme Bernard Heitz : « Dans sa frénésie de peindre il côtoie sans cesse l'abîme, (...) toujours sur le fil du rasoir, à l'image de Vincent van Gogh qu'il rejoint dans le suicide[3]. »
Staël vient de faire un voyage « familial » en Italie et en Sicile. Au début , il a entassé dans son Tube Citroën Françoise enceinte de son dernier fils, les enfants et deux amies. Parmi ces deux amies, se trouve Ciska Grillet une amie de René Char[4] et Jeanne Mathieu dont Staël est déjà amoureux, et avec laquelle, arrivé en Toscane au retour de Sicile, il fait de longues promenades, abandonnant femme, amie, et enfants.
En Sicile, parmi les ruines de Selinonte, (province de Trapani), Staël est allé chercher les secrets de l'art grec, la clef des formes stylisées et pures[5]. La Sicile va lui inspirer la série des Agrigente, mais son amour pour Jeanne va accélérer sa recherche sur le nu. Il écrit à Jacques Dubourg : « Je crois que quelque chose se passe en moi de nouveau, et parfois, cela se greffe à mon inévitable besoin de tout casser. Que faire[6]? » L'intégralité de la lettre est reproduite dans le catalogue raisonné de Françoise de Staël. On voit que Dubourg est resté le marchand préféré de Staël, et que le peintre continue à lui fournir des toiles[7].
Ces « vacances italiennes » n'ont pas été une détente pour le peintre qui s'enferme au retour, seul dans son atelier de Lagnes puis de Ménerbes, où il peint anonymement Jeanne qui devient son « inconnue », sa « femme assise », son « nu assis figure accoudée » et dont il confie, dans une lettre à René Char : « Je suis devenu un fantôme qui peint des temples grecs et un nu si adorablement obsédant, sans modèle, qu'il se répète et finit par se brouiller de larmes[6]. »
Entretemps, Paul Rosenberg a fait savoir au peintre qu'il a vendu tous les tableaux qu'il lui avait envoyés. Staël est donc riche, mais cela ne le console de rien[3]. Il peint désormais avec une fureur fiévreuse et reconnaît, dans une lettre du à Jacques Dubourg : « Je peins dix fois trop, comme on écrase le raisin et non comme on boit du vin »[4]