First Rays of the New Rising Sun
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au Sound Center (My Friend)
du au au Record Plant Studios (Izabella, Room Full of Mirrors, Ezy Ryder, Stepping Stone et Earth Blues)
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré |
Du au aux Studios Electric Lady (principalement) au Sound Center (My Friend) du au au Record Plant Studios (Izabella, Room Full of Mirrors, Ezy Ryder, Stepping Stone et Earth Blues) |
| Durée | 69:25 |
| Genre | Rock psychédélique, Funk Rock |
| Format | CD, double 33 tours |
| Producteur | Jimi Hendrix, Eddie Kramer, Mitch Mitchell, John Jansen |
| Label | MCA |
| Critique |
Albums de Jimi Hendrix
Albums posthumes de Jimi Hendrix
Singles
- Stepping Stone / Izabella
Sortie : 13 avril 1970 - Freedom / Angel
Sortie : 8 mars 1971 - Angel / Night Bird Flying
Sortie : avril 1971 - Dolly Dagger
Sortie : octobre 1971
First Rays of the New Rising Sun est un album posthume du musicien de rock américain Jimi Hendrix paru le chez MCA Records, près de vingt-sept ans après sa mort en 1970. Il s’agit de la première parution supervisée par Experience Hendrix, l’entreprise familiale chargée de la gestion de son héritage musical depuis 1995. L'album rassemble des enregistrements réalisés principalement en 1970 dans les studios Electric Lady à New York, avec le batteur Mitch Mitchell et le bassiste Billy Cox, en vue d’un cinquième album resté inachevé[1].
En 1969, après la publication de l'album Electric Ladyland, Jimi Hendrix connait une période d'errance. Après la dissolution de son groupe The Jimi hendrix Experience, il expérimente différentes formations éphémère, dont celle pour le concert à Woodstock (mémorable pour l'interprétation de l'hymne américain) et celle du Band of Gypsys durant l'hiver 1969/1970 avec qui il enregistre l'album live homonyme sorti en 1970 ainsi que quelques chansons en studio qui seront retravaillées ultérieurement durant l'été 1970. Au printemps 1970, Jimi crée un nouveau groupe The Jimi Hendrix Experience avec le batteur d'origine Mitch Mitchell et du bassiste Billy Cox (ancien musicien du Band of Gypsys) pour la tournée The Cry of Love Tour et le prochain album studio. L'enregistrement principal de l'album se déroule durant l'été 1970 aux studios Electric Lady à New York que Hendrix a fait construire. Les sessions se terminent par la fête d'inauguration du studio de Hendrix le , le dernier jour en studio de Hendrix. Le lendemain, le groupe part en tournée européenne qui sera écourtée et Hendrix décède le sans avoir achevé son album. Au cours des mois suivants, des sessions posthumes sont organisés pour finaliser certaines chansons.
Initialement envisagé sous la forme d’un double, voire triple album pour une sortie prévue vers la fin de l’année 1970, ce projet n’est publié officiellement qu’en 1997, le même jour que la réédition des principaux disques studio du guitariste — Are You Experienced, Axis: Bold as Love, Electric Ladyland et Band of Gypsys. La plupart des titres avaient toutefois déjà été diffusés sur les albums posthumes The Cry of Love (1971), Rainbow Bridge (1971) et War Heroes (1972), et l'album remplace Voodoo Soup publié par le producteur Alan Douglas et depuis retiré des ventes.
À sa sortie, l’album se classe dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.
En 2024, Experience Hendrix publie un coffret complémentaire intitulé Electric Lady Studios : A Jimi Hendrix Vision comportant les sessions d'enregistrements aux studios Electric Lady durant l'été 1970.
Contexte
Après la sortie du double album Electric Ladyland en 1968, The Jimi Hendrix Experience enchaine les tournées tout en passant beaucoup de temps en studio. Les sessions prolongées de Electric Ladyland conduisent à la démission du producteur Chas Chandler et aggravent les tensions entre Hendrix et le bassiste Noel Redding[2]. Le groupe prend fin avec le départ de Redding à la fin du mois de , après un concert à Denver.
Pendant l’été 1969, Hendrix forme un nouveau groupe, Gypsy Sun and Rainbows. Il y retrouve son ami Billy Cox, rencontré à l’armée, et le batteur Mitch Mitchell, ancien membre de l’Experience, accompagnés de trois autres musiciens. Le groupe se produit au festival de Woodstock, notamment pour une interprétation mythique de l’hymne américain. Malgré cette prestation, la formation se sépare après une série de sessions au Hit Factory à New York (durant lesquelles une première version de Izabella est enregistrée), faute de progression musicale significative[3].
En parallèle, Hendrix traverse une période de doutes. En plus de ses nombreuses tournées et de l’échec de certains projets, il fait face à des difficultés personnelles, à des problèmes de drogues, à des relations tendues avec son manager Michael Jeffery — qui lui réclame un nouvel album — et à la pression liée à sa célébrité[3].
Premières sessions avec le Band of Gypsys (octobre 1969 à janvier 1970)

Au mois d'octobre, Jimi Hendrix forme un nouveau trio, le Band of Gypsys avec Billy Cox à la basse et Buddy Miles à la batterie. Ce dernier a déjà joué avec Hendrix sur les morceaux Rainy Day, Dream Away/Still Raining, Still Dreaming de l'album Electric Ladyland[4].
Cox et Miles souhaitent enregistrer un disque avec Hendrix, et Michael Jeffery estime que le concert prévu au Fillmore East de New York pourrait donner lieu à l'album live homonyme. Le trio commence à jammer et à enregistrer des démos, répétant d’abord aux studios Juggy Sound avant de travailler aux studios Record Plant[5],[6]. Parmi ces sessions, les chansons Room Full of Mirrors (), Ezy Ryder () et Earth Blues () sont enregistrées. Les répétitions se poursuivent aux studios Baggy’s du 18 au 23 et du 26 au , en préparation des concerts du Nouvel An[7]. Certains enregistrements de ces répétitions, incluant des versions préparatoires de morceaux du Band of Gypsys, ont été publiés en bootleg officiel en 2002 sous le titre The Baggy’s Rehearsal Sessions.
Après les concerts du Nouvel An, le trio retourne en studio pour travailler de nouvelles chansons et préparer de futurs concerts. Les titres Stepping Stone (7, 17 et ) et Izabella () sont enregistrés durant cette période. Les morceaux enregistrés par le Band of Gypsys ne sont toutefois pas encore finalisés, et le groupe se sépare début après le fiasco du concert au Madison Square quelques jours plus tôt[8].
En dehors de l’album live éponyme, sorti le chez Capitol Records pour satisfaire certaines obligations contractuelles, seules les deux dernières chansons sont publiées en single en avril au nom de “Hendrix Band of Gypsys”[9]. Hendrix retire rapidement le single de la vente, insatisfait de son travail, et termine les morceaux en juin. Durant cette période, il passe également beaucoup de temps dans son appartement de Greenwich Village à travailler sur son prochain album studio.
Reformation de l'Experience pour la tournée The Cry of Love (printemps 1970)

Le concert donné le au L.A. Forum marque le retour de Jimi Hendrix sur le devant de la scène : il s'agit de la première date de ce qui sera sa dernière tournée américaine, connue sous le nom de Cry of Love Tour. Cette première est d’autant plus importante que Hendrix se présente avec un nouveau groupe : Billy Cox reste à la basse, tandis que Mitch Mitchell retrouve la batterie. Contrairement à ce que laissait entendre une interview donnée en à John Burks, Hendrix n’a pas reformé l’Experience avec ses membres d’origine. Le nom de cette formation reste ambigu : Billy Cox parle de « The Jimi Hendrix Experience », d’autres évoquent le « Cry of Love Band », et Hendrix lui-même n’aurait jamais véritablement clarifié ce point.
Le rythme de cette tournée, plus raisonnable que les précédentes, contribue à la qualité des sessions studio et des concerts. Les critiques, biographes et journalistes donnent des avis mitigés, mais John McDermott souligne dans Setting The Record Straight que la tournée américaine de 1970 marque le retour d’une grande créativité[10]. Selon Billy Cox, Hendrix ne suivait pas de setlists précises[10] : il indiquait seulement les premiers titres à jouer. Le répertoire du groupe est ainsi moins stéréotypé que celui de l’Experience. Le concert du au festival d’Atlanta est un succès, rassemblant 500 000 spectateurs selon les sources[11], tandis que celui du à Honolulu sera le dernier concert d’Hendrix sur le sol américain[12].
Cette tournée marque également une reprise en main de sa carrière : Hendrix consacre ses journées en semaine à l’enregistrement de son nouvel album studio et se produit en concert le week-end afin de financer la construction de son Electric Lady Studio, en copropriété avec Michael Jeffery. En attendant l’ouverture de ce nouveau studio, le groupe répète au Record Plant Studios, déjà familier au guitariste, pour travailler diverses chansons accumulées depuis plus de neuf mois, avant d’enregistrer à partir de mi-juin dans le studio Electric Lady[3].
Enregistrement au studio Electric Lady (été 1970)

L’histoire du studio remonte à 1968, lorsque Jimi Hendrix et Michael Jeffery achètent le club The Generation, récemment fermé, au 52nd W 8th St. dans le quartier de Greenwich Village à New York, où le guitariste avait multiplié les jam sessions et où avaient joué aussi bien B. B. King, Big Brother and the Holding Company, Chuck Berry ou Sly and the Family Stone. À l’origine, Hendrix souhaitait ouvrir son propre club, mais en 1969, le coût des sessions studios non fructueuses (chansons inachevées ou jams informelles) amène le projet à évoluer vers la création d’un studio d’enregistrement. Eddie Kramer, ingénieur du son, soutient l’initiative pour offrir à Hendrix un espace à la hauteur de ses ambitions, tandis que l’architecte et acousticien John Storyk conçoit le lieu dans ses moindres détails. La décoration est confiée à Lance Jost, qui crée une ambiance de science-fiction destinée à stimuler l’imagination du guitariste[3].
Le studio A est pensé comme l’espace créatif personnel de Hendrix, permettant de développer ses compositions du stade de démo jusqu’au mixage final, avec un équipement technique optimal et une équipe de soutien. Un clavier contrôle l’éclairage et la couleur des murs selon l’humeur du musicien. Le studio B ne sera pas entièrement achevé avant la mort de Hendrix[3]. Les deux studios sont équipés de consoles Datamix (48 entrées, 24 sorties, 24 bus et égaliseur graphique par tranche), un matériel très innovant pour l’époque[3].
Les premiers essais techniques et acoustiques du nouveau studio ont lieu fin , et le Hendrix et Kramer testent le matériel pour la première fois.[3] Les enregistrements effectifs commencent le avec Mitch Mitchell à la batterie et Billy Cox à la basse.[3] Le studio est un havre de paix où Kramer impose des règles strictes pour préserver un climat créatif : pas de drogues ni d’invités. Cruelle ironie, Hendrix ne travaillera que dix semaines dans les studios qui portent le nom de son troisième album[3]. Selon la plupart des témoignages, Hendrix aborde les séances avec plus de sérieux que par le passé :
« J'ai entendu dire qu'au moment où [l'Electric Lady] a ouvert, il en avait marre d'enregistrer et de travailler, mais ce n'est pas vrai : c'était un rêve pour lui d'avoir son propre studio. »
— Mitch Mitchell[13].

Les sessions se déroulent en semaine, tandis que le trio se produit en concert le week-end. Au cours de ces sessions, Hendrix retrouve progressivement l’inspiration après plusieurs mois de doutes artistiques[14] et progresse dans l’élaboration de son quatrième album studio.[3] Des séances comme celle du , durant laquelle est notamment enregistrée Hey Baby (New Rising Sun), témoignent de ce renouveau créatif[15]. Malgré ses sautes d’humeur, son perfectionnisme et les tensions liées à ses relations difficiles avec son manager Michael Jeffery et à sa relation avec Devon Wilson[16], Hendrix se montre particulièrement productif et enregistre au moins une trentaine de titres avant sa mort[3]. Les deux musiciens de l'Experience participent activement aux séances malgré des questions de rémunération et quelques réticences initiales — Mitchell devant notamment renégocier certaines conditions avec le manager Michael Jeffery.[3] Hendrix en profite également pour retravailler plusieurs morceaux amorcés à l’époque du Band of Gypsys, réenregistrant différentes parties instrumentales et remplaçant le plus souvent les pistes de batterie initialement jouées par Buddy Miles par celles de Mitchell ; seules les versions finales d’Ezy Ryder et de Room Full of Mirrors conservent la batterie originale[8].
Une fois la tournée terminée, la formation passe l'essentiel de la seconde quinzaine d'août aux studios Electric Lady, où le rythme de travail s'intensifie pour l'avancement et l'enregistrement de diverses chansons, que le guitariste avait accumulées depuis plus de neuf mois[3]. Hendrix et son équipe ont rapidement montré beaucoup de progrès dans la réalisation du nouvel album, de sorte que le temps de studio en soit presque exclusivement utilisé pour les sessions de mixages et d'ajouts pour finaliser les chansons enregistrées[3]. Du 20 au , se déroule la dernière série de sessions d'enregistrement durant laquelle Jimi Hendrix va achever au mieux et mixer de nombreuses chansons : Freedom, Room Full of Mirrors, Dolly Dagger, Drifting, Straight Ahead et In From the Storm le , puis Night Bird Flying, Ezy Ryder, Beginnings, Astro Man et Belly Button Window, et enfin Dolly Dagger et In From the Storm le . Les autres chansons sont avancées pour la dernière fois le pour Izabella, Stepping Stone et Earth Blues, puis le pour Hey Baby (New Rising Sun) et enfin Angel le . Durant les sessions de deux mois allant de juin à août, de nombreuses autres chansons y ont été également travaillées, dont la plupart resteront à l'état d'ébauches (une grande partie d'entre elles se retrouveront sur divers albums posthumes dans les décennies à venir)[3].
Le , Hendrix inaugure officiellement son studio Electric Lady, présentant quatre chansons achevées lors d’une fête : Dolly Dagger, Night Bird Flying, Ezy Ryder et Straight Ahead. Ce jour-là, lui et Eddie Kramer approuvent également le pressage test du projet de single Dolly Dagger / Night Bird Flying, annulé à la suite de sa mort[3]. Hendrix se trouve ainsi en studio pour la dernière fois de sa vie, avant de partir le lendemain en tournée européenne, au cours de laquelle il décédera trois semaines plus tard à Londres[3][17],[16],[18]. Jimi Hendrix n'aura plus l'occasion de continuer à travailler sur l'enregistrement de son nouvel album. Après son départ, les studios accueillent de nombreux artistes majeurs, parmi lesquels John Lennon, David Bowie, Led Zeppelin, Stevie Wonder, Patti Smith, The Rolling Stones et le groupe français Téléphone (Au cœur de la nuit), tandis qu’Eddie Kramer en assure la direction jusqu’en 1974[3].
Mort de Jimi Hendrix et premières publications posthumes

Le , Jimi Hendrix meurt à Londres, laissant son quatrième album studio inachevé. En effet, Electric Ladyland était sorti deux ans auparavant, à une époque où les artistes majeurs publiaient tous au minimum un album par an. N’ayant laissé aucun testament, tous ses biens reviennent à son père, Al Hendrix, qui confie la supervision des albums posthumes à Michael Jeffery[3]. Ce dernier décide de mettre de côté le concept initial d’un double album pour publier les enregistrements destinés à First Rays of the New Rising Sun sur deux albums distincts en 1971 : The Cry of Love et Rainbow Bridge.[3]
À la demande de Jeffery, Eddie Kramer et Mitch Mitchell finalisent certaines chansons. Le batteur réenregistre plusieurs parties de batterie, notamment sur Angel () et Drifting () qui comporte également l'ajout d’un vibraphone joué par Buzzy Linhart ce même jour, conformément aux intentions de Hendrix[19]. Le mixage final de In From the Storm est achevé le et celui de Drifting le suivant. Pour The Cry of Love, Jeffery sélectionne neuf titres issus des dernières sessions (dont la démo solo de Belly Button Window du ), incluant les trois finalisés après la mort de Hendrix (Angel, Drifting et In From the Storm), et ajoute My Friend, enregistré au Sound Center le . Les titres Dolly Dagger et Room Full of Mirrors sont écartés pour figurer sur Rainbow Bridge quelques mois plus tard[3].
Rainbow Bridge est présenté par Michael Jeffery comme la bande-son du documentaire homonyme sur le concert de Maui (). En réalité, il ne s’agit que d’une manœuvre de Jeffery pour contourner l’obligation de publier une vraie bande originale et ainsi compléter le financement des studios Electric Lady auprès de la Warner, le lien entre le film et l’album se limite uniquement au titre[10]. Pour compléter l’album, Eddie Kramer et John Jansen mixent Earth Blues et la démo Hey Baby (New Rising Sun) le [3], et ajoutent, en plus de Dolly Dagger et Room Full of Mirrors, une jam issue des sessions à l'Electric Lady (Pali Gap), deux inédits datant de 1968 et 1969 et un titre inédit interprété en concert. Ces deux albums posthumes rencontrent un succès relatif, notamment The Cry of Love, tandis que les publications suivantes sont moins bien reçues : War Heroes (1972) - qualifié de fonds de tiroir par Kramer - contient des nouvelles versions de Beginning, Stepping Stone et Izabella issues des dernières sessions, et Loose Ends (1973), jamais sorti aux États-Unis, ne comporte que la reprise de Bob Dylan Drifter's Escape (qui ne sera pas gardée pour First Rays of the New Rising Sun en 1997) et des ébauches inabouties[3].
Le , Michael Jeffery meurt dans la collision aérienne de Nantes. Al Hendrix confie alors le contrôle discographique à Alan Douglas, ancien directeur du département jazz de United Artists Records, ayant travaillé avec Duke Ellington, Max Roach et Charles Mingus, et ami de Hendrix depuis l’époque du Band of Gypsys[3]. Douglas avait coproduit les sessions de répétitions du groupe en , sans résultats significatifs, et avait été envisagé par Hendrix comme successeur de Jeffery[3][20]. Après de nombreuses publications de qualité souvent inégales, Alan Douglas tente de finaliser l’album inachevé en remplaçant The Cry of Love par Voodoo Soup. Cette publication, utilisant des méthodes numériques (comme sur Blues sorti un an plus tôt) pour remplacer certaines parties manquantes, comporte deux titres instrumentaux enregistrés en 1968 (The New Rising Sun et Peace in Mississippi) ainsi que des parties de batterie réenregistrées sur certains titres. Voodoo Soup est le dernier album publié par Douglas avant que les droits ne reviennent à Al Hendrix quelques mois plus tard[3].
Parution et réception
Parution
Après deux décennies de gestion discographique parfois controversée par le producteur Alan Douglas, le père de Jimi Hendrix, Al Hendrix, et sa demi-sœur adoptive Janie reprennent le contrôle de l’héritage musical en 1995 en créant la société Experience Hendrix LLC. Ils décident alors de faire appel à l'ingénieur du son Eddie Kramer et à l’archiviste John McDermott[21],[22]. Si les publications des deux décennies précédentes présentent une certaine continuité éditoriale, les années 1990 marquent une volonté de réorganisation du catalogue[23].
La reprise en main du catalogue par la famille se traduit notamment, le , par la réédition des quatre albums sortis du vivant de Hendrix (Are You Experienced, Axis: Bold As Love, Electric Ladyland et Band of Gypsys), ainsi que par la publication de First Rays of the New Rising Sun. Cet album remplace alors Voodoo Soup et se substitue également à The Cry of Love comme cinquième album officiel du guitariste[21].
Le , Experience Hendrix publie un coffret intitulé Electric Lady Studios: A Jimi Hendrix Vision, regroupant 39 enregistrements inédits réalisés aux studios Electric Lady entre juin et , lors des sessions de First Rays of the New Rising Sun[24]. Ce coffret offre un aperçu inédit du processus créatif de Hendrix, incluant des prises alternatives, des overdubs et des démos.
Réception
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic | |
| Blender | |
| Down Beat | |
| Encyclopedia of Popular Music | |
| Los Angeles Times | |
| PopMatters | 9/10[30] |
| The Rolling Stone Album Guide | |
| Tom Hull – on the Web | A–[32] |
Lorsque First Rays of the New Rising Sun sort en 1997, il atteint la 49e place au Billboard 200 aux États-Unis[33], et au 37e rang des charts britanniques[34]. En 2010, l’album est remastérisé et réédité par Sony Legacy, le au Royaume-Uni et le aux États-Unis[30].
Selon le critique musical Robert Christgau dans le magazine Blender, First Rays of the New Rising Sun constitue une tentative de reconstitution par Kramer du projet de double album envisagé par Hendrix, qui n’était pas aussi remarquable musicalement que son dernier album studio Electric Ladyland (1968) et « pas trop profondément lyrique »[26]. Néanmoins, Christgau considère l'album comme un successeur approprié au disque The Cry of Love de 1971[35], aussi bien qu'une « collection puissante d’un génie dont l’écriture ne cesse de progresser et dont les solos déçoivent rarement »[26]. Sean Murphy de PopMatters croit que l'album est plus réussi que The Cry of Love dans la réalisation de la vision d'Hendrix. Il souligne la "présence libératrice" du bassiste Billy Cox, le jugeant une amélioration par rapport à Noel Redding. Selon Murphy, Cox a permis au groupe de "s’entendre et de pourchasser le guitariste comme il s’élève au-dessus, autour et en dessous d’eux"[30]. Le magazine Rolling Stone a qualifié l’album de "une missive cosmique cohésive", écrivant qu'il "éclaire ce qui aurait été une phase de transition pour Hendrix"[36].
Caractéristiques artistiques
Analyse du contenu
L'album dans son ensemble
Au moment de sa mort en 1970, Jimi Hendrix disposait d’un répertoire suffisant pour un double, voire un triple album, sous le titre provisoire First Rays of the New Rising Sun[37],[38],[39]. Le public rock avait beaucoup évolué depuis 1967, et l'année 1970 connut deux triples albums dont le succès fut considérable (l'album consacré au Festival de Woodstock, appelé Woodstock: Music from the Original Soundtrack and More, et le All Things Must Pass de George Harrison). Les chansons étaient à différents stades de développement, seulement quelques-unes étant achevées (voir la partie consacrée plus bas). Dans les années 1970 et 1980, certaines de ces pistes sont publiées sur des albums posthumes supervisés par Alan Douglas, qui modifie certaines parties instrumentales.
Pour l'album de 1997, Eddie Kramer et Mitch Mitchell sélectionnent et séquencent les enregistrements originaux afin de respecter au mieux le projet envisagé par Hendrix[40],[25]. Les dix-sept morceaux choisis, considérés comme les plus aboutis, avaient déjà été publiés sur The Cry of Love, Rainbow Bridge, et War Heroes[37]. Parmi eux figure My Friend, enregistré en 1968, tandis que les seize autres titres étaient clairement destinés au nouvel album. Experience Hendrix LLC souligne la fidélité de cette édition aux enregistrements originaux et à l’intention artistique d’Hendrix. Kramer et Mitchell ont finalisé les morceaux encore inachevés lors de sessions posthumes organisées en 1970, toujours dans le respect des intentions du guitariste[41]. Selon Eddie Kramer, la dispersion de ces morceaux sur trois albums distincts au début des années 1970 résultait de la pression exercée par Warner. D’après le critique Richie Unterberger, First Rays of the New Rising Sun ne peut toutefois être considéré comme un album studio classique, car il est impossible de savoir quelles chansons Hendrix aurait incluses et quel travail de production supplémentaire il aurait effectué[42].
Le style musical de cet album est marqué par le funk rock, une évolution significative par rapport aux trois premiers albums de l'Experience, mais déjà abordée sur l'album Band of Gypsys. Musicalement, l’album se distingue par une orientation plus rythmique et structurée, en rupture avec les premiers albums. La basse de Billy Cox, venu du Band of Gypsys, constitue la colonne vertébrale des morceaux, reposant sur des motifs rythmiques précis (allant de la demi-mesure à 4, voire 8 mesures ou plus) et des polyrythmies complexes[16]. Le jeu de batterie de Mitch Mitchell s’enrichit et s’adapte parfaitement à la nouvelle musique de Hendrix aux motifs complexes, alliant subtilité, groove et légèreté, au point d’atteindre un sommet artistique comparable à Tony Williams, tout en restant distinct de John Bonham ou Ginger Baker[43].
Les solos de guitare sont plus courts et précis que sur Electric Ladyland, réduisant l’improvisation et mettant la guitare au service de la composition. Sa musique devient alors plus structurée et rythmique : l’accent est davantage mis sur la construction des morceaux, la guitare venant désormais servir le discours musical plutôt que l’inverse[15],[14],[16]. Les ballades, telles que Angel ou Drifting, prolongent la continuité harmonique des œuvres précédentes tout en bénéficiant d’arrangements plus développés[44].
Enfin, l’album illustre la dichotomie entre studio et scène : en studio, Hendrix répète et perfectionne ses morceaux, tandis que ses concerts conservent une dimension improvisée.
Faces A et B
L'album s'ouvre sur Freedom, véritable manifeste de la nouvelle musique de Hendrix : complexe mais avec un groove très marqué. Les 20 versions Live du trio Hendrix/Cox/Mitchell jouées en 1970[45] montrent l'attachement de Hendrix à cette composition, qu'il mixera avec Eddie Kramer le . Les nombreuses sessions à l'Electric Lady Studio (, 14 et , 14 et ) témoignent de la richesse du titre : le trio de base est augmenté des chœurs des Ghetto Fighters (les jumeaux Allen), des congas de Juma Sultan, et d'une partie de piano jouée par Hendrix lui-même, qui élargit habilement les timbres du morceau[19]. Le titre est toutefois coupé : une partie du pont central, systématiquement jouée dans les versions Live est ici absente[46]. Les notes de First Rays of the New Rising Sun indiquent que Jimi comptait rajouter un overdub de quelques secondes. Outre la qualité de l'écriture et de l'interprétation, il y a une étonnante diversité des parties de guitare : rock, blues, jazz, funk... Tous ces styles sont abordés en moins de trois minutes trente.
Rescapé du Band of Gypsys, Izabella possède une excellente ligne de basse jouée par Billy Cox (dont son prédécesseur Noel Redding n'aurait pu assurer). Paru en single en , le perfectionniste Jimi n'était pas satisfait de la chanson et la termine aux studios Electric Lady en juin lors des sessions de l'album avec Mitch à la batterie (dont son jeu est renforcé par le groove de la basse). Quant à Jimi, outre le fait qu'il assure ses parties de chants et de guitares rythmiques comme il faut, son excellent solo de guitare rock dès le second couplet a un son très sale et saturé, avec cette intensité et ce feeling à chaque fois surprenants et uniques. Le texte raconte l'amour d'un soldat au Vietnam pour sa chère Izabella et l'espoir d'un jour nouveau.
Night Bird Flying est un autre titre très complexe, surtout dans sa deuxième partie. Une influence de Bob Dylan n'est pas à exclure, tant pour le chant que pour la colonne vertébrale de la composition. En revanche, toute la seconde partie n'appartient qu'à lui : Hendrix dresse un véritable mur de guitares via ses overdubs. C'est un titre virtuellement fini : il est mastérisé le dans la perspective de le sortir en face B de Dolly Dagger[47].
Vient ensuite Angel, première ballade de l'album. Le titre devint ensuite le plus connu de l'album, une reprise de Rod Stewart (avec Ron Wood à la guitare) connaissant même un bon succès dans les charts. C'est une composition qui date de plusieurs années : certaines versions embryonnaires seront publiées par Experience Hendrix LLC par la suite. Le jeu de Mitch Mitchell est d'ailleurs plus chargé qu'à l'accoutumée, sans doute pour masquer le côté encore très brut de la prise retenue : le chant n'est accompagné que d'une seule guitare rythmique. Angel est manifestement loin d'être terminé, mais la beauté de la composition militait trop en sa faveur pour ne pas la publier. Enregistrée à l'Electric Lady Studio lors de la séance du [19], le titre fera l'objet d'une session post mortem le , Mitch Mitchell réenregistrant sa partie de batterie. Il mixera Angel avec Kramer le [41].

Room Full Of Mirrors est un titre régulièrement joué par Jimi Hendrix en concert[48]. Le style de la basse enregistrée ici est très différent de celui de Billy Cox, dont le jeu est plus en rondeur, moins agressif. Enregistré le au Record Plant par le Band of Gypsys augmenté d'un percussionniste, il semble toutefois que ce ne soit pas Billy Cox à la basse, mais bien Hendrix lui-même, tel que c'était d'ailleurs indiqué sur les notes de pochette. Les nombreuses séances consacrées à cette chanson en juin et indiquent que Hendrix n'arrivait pas à obtenir un résultat à la hauteur des espérances qu'il plaçait en ce titre. Le mixage proposé ici ne serait d'ailleurs pas en accord avec ses dernières indications : la partie jouée en slide avec sa bague, en l'absence de bottleneck, serait mixée trop en avant.
Dolly Dagger fait partie des quelques titres que Jimi Hendrix a terminé de son vivant : il avait prévu de le sortir comme single, avec Night Bird Flying en face B. Hendrix a même procédé avec Eddie Kramer à son mastering le . Le trio Hendrix/Cox/Mitchell est renforcé par Juma Sultan aux congas et les Ghetto Fighters (qui s'appelaient encore Arthur et Albert Allen) aux chœurs. Musicalement, Dolly Dagger est un rock funky, radicalement différent de ce que proposait The Jimi Hendrix Experience. La basse y joue un rôle nettement plus important. L'exposé du riff d'introduction qui revient tout le long du morceau est édifiante à cet égard : on y entend Billy Cox doubler le thème que Jimi Hendrix joue à la guitare (exceptionnellement avec une basse dont le son est saturé via une fuzz box). L'héritage du Band of Gypsys, où guitare et basse sont régulièrement à l'unisson, est ici manifeste. Contrairement à Noel Redding, il joue régulièrement des transitions aux moments clés du titre, jouant un rôle similaire aux breaks de batterie. Au-delà du style, notons enfin que "Dolly Dagger" montre aussi le regain de créativité de Jimi en termes d'écriture. La femme décrite par les paroles n'est nulle autre que Devon Wilson, la muse noire de Hendrix.
Ezy Ryder est un autre rescapé des séances du Band Of Gypsys (les et au Record Plant). Retravaillée lors des séances à l'Electric Lady[19], c'est un autre titre virtuellement terminé et sa présence dans l'album en 1997 ne souffre aucune discussion : il en existe 19 versions Live (dont une avec le Band of Gypsys)[45]. La composition est complexe, comportant de nombreux patterns. Le trio est augmenté des percussions de Billy Armstrong, et des voix de Chris Wood et de Steve Winwood, qu'on distingue très nettement sur la fin. L'introduction, inspirée d'une idée de Noel Redding (non crédité), est un modèle du genre. Le développement est une sorte de funk rock très dur, d'une efficacité redoutable. Le seul bémol concerne le mixage : la voix est trop sous-mixée, illustrant les complexes de Hendrix à ce sujet.
Drifting est la seconde ballade de l'album. Non terminé au moment du décès de Jimi Hendrix, le titre qui est une composition récente de Hendrix connaît deux ajouts post mortem : d'une part Mitch Mitchell refait sa partie de batterie (dont le jeu de cymbale en introduction est à souligner), mais d'autre part, Buzzy Linhart (qui a connu Hendrix), enregistre le une partie de vibraphone, dans le respect des intentions de Hendrix qui hésitait entre un vibraphone ou une autre guitare rythmique[19]. À l'écoute, il est impossible de se douter que le titre n'était pas terminé, tant il semble achevé[49]. La voix de Hendrix, posée et sans artifice, est émouvante. Sa maîtrise des parties de guitare inversées impressionne : la beauté des timbres est telle qu'on dirait une voix humaine par moments.
L'instrumental Beginnings est une combinaison frénétique entre rock et funk menée par le duo batterie-guitare. Ce morceau s'est développé à partir d'une jam créée par Mitch Mitchell avec Jimi pendant les répétitions avant le concert de Woodstock durant laquelle elle est jouée sur scène (la version live est publiée pour la première fois sur le double album Woodstock 2 en 1971 sous le nom de Jam Back at the House[50]). L’enregistrement en studio de la piste remonte au , date à laquelle un premier mix de travail est également réalisé. Le mixage retenu pour l'album est réalisé en 1972 par Eddie Kramer et John Jansen.
Faces C et D
Stepping Stone est un autre rescapé du Band of Gypsys. Paru en single en , le perfectionniste Hendrix n'était pas satisfait de la chanson. Le , avec Mitch Mitchell qui avait rejoint le groupe, il refait de nouvelles parties de guitare et ils réenregistrent la batterie. Titre aux arrangements complexes, la chanson pêche par une rythmique mal affirmée que ni Buddy Miles ni Mitch Mitchell n'arrivent à insuffler un véritable groove au morceau, et contient trop d'overdubs de guitares.

My Friend est le seul de l'album qui n'aurait certainement pas vu le jour sous une forme ou une autre sur cet album si Jimi n'était pas mort. Pour autant, cette chute d'Electric Ladyland est une belle chanson, enregistrée le au Sound Center[19], avec Kenny Pine à la guitare 12 cordes, Jimmy Mayes à la batterie, Stephen Stills au piano et le malheureux Paul Caruso à l'harmonica, exclu des crédits par Jeffery. Inspiré des déboires de la tournée scandinave de l'Experience, My Friend nous plonge dans une ambiance radicalement différente, renforcée par les overdubs donnant l'impression d'écouter le groupe autour de la table d'un pub. Un titre plus léger, mais qui évite la monotonie aussi. Ces pour ces raisons ainsi que sa présence dans l'album posthume The Cry of Love qu'Eddie Kramer décide de la publier dans l'album en 1997.
Straight Ahead est une composition récente du guitariste, dont les enregistrements Live nous permettent de voir l'évolution. Il existe en effet sept versions du trio Hendrix/Cox/Mitchell, retraçant comment Pass It On s'est mué en Straight Ahead[45]. Moins complexe que les titres rock de la première face, c'est un titre carré dont le texte se veut dans l'air du temps[51]. La cohésion du groupe en studio contribue à la réussite du titre, ainsi que la partie de Wah wah impressionnante qui jalonne le morceau. L'introduction de Straight Ahead est une des meilleures de toute la carrière de Hendrix. Enregistré les et à l'Electric Lady Studio, le titre sera mixé le avec Eddie Kramer[19].
Hey Baby (New Rising Sun) est un des titres les plus prometteurs du nouvel album de Hendrix. La version reste malheureusement inachevée : c'est ce qui explique la décision d'Eddie Kramer et de John Jansen de laisser le passage où Jimi demande si « le microphone est branché ? » Pour autant, bien que ce ne soit qu'une simple démo du groupe en studio, Hey Baby (New Rising Sun) est un titre phare du répertoire Hendrixien régulièrement interprété en concert. Outre un superbe solo de guitare qui suit l'introduction du titre, l'interprétation ne souffre ici d'aucun souci majeur : combien d'auditeurs ne se sont jamais rendu compte du caractère inachevé du titre ? Il faut dire que le chant de Jimi Hendrix sert parfaitement cette composition[52].
Earth Blues est dans une veine similaire que Dolly Dagger, plus Noire encore. Le basic track a été enregistré le au Record Plant : c'est donc à l'origine un titre du Band of Gypsys, même s'il ne subsiste ici de la prestation de Buddy Miles que les chœurs qu'il a enregistré. Selon le site officiel, c'est le que Mitch Mitchell l'aurait remplacé à la batterie : le jeu de toms de l'introduction est toutefois directement inspiré du style de Buddy Miles. Outre Juma Sultan aux percussions, on entend les Ronettes, invitées de marque aux chœurs. Là encore, le rôle de Billy Cox est à souligner car c'est la basse, véritable moteur, qui donne la pulsion rythmique du titre. Notons enfin la qualité de la performance vocale de Jimi Hendrix, qui dans un style vocal pas si éloigné que ça de celui de Buddy Miles s'en sort remarquablement.
Astro Man date du Band Of Gypsys, mais c'est une version du nouveau groupe augmenté de Juma Sultan, au tempo plus rapide qu'on entend ici. Enregistré à l'Electric Lady Studio les et , il sera mixé avec Eddie Kramer le [19]. Parfois cité comme étant le titre le plus faible de l'album, c'est un des rares titres connus du mystérieux Black Gold[39] évoqué par Hendrix, dont même les démos n'ont à ce jour jamais vu le jour officieusement. Les paroles sont inspirées de l'amour de Jimi Hendrix pour les Super Heroes, mais ce sont surtout les parties de guitares qui retiendront l'attention : la façon dont les riffs s'emboîtent les uns les autres en début de morceau est remarquable. Billy Cox répète ensuite une ligne de basse sur laquelle Hendrix part en solo. Le mixage de la batterie est original, avec un effet de stéréo qui donna peut-être des idées à Teo Macero pour le mixage (mais poussé à son paroxysme) du Go Ahead John de Miles Davis.
In From The Storm est en revanche publié dans une version très travaillée, issue des séances des , 20 et . Eddie Kramer ne mixe le titre que le [19]. C'est une composition récente de Hendrix, montrant là encore son inspiration retrouvée. Outre le trio, notons la présence d'Emeretta Marks aux chœurs, qui contribuent largement au climat du titre, dont la légitimité de la sélection est renforcée par les 5 versions Live jouée lors de l'été 1970[45]. C'est un rock très dur mais original à cause de son côté afro : les chœurs presque gospel et la ligne de basse sont à des années-lumière du Jeff Beck Group... dont Hendrix a repiqué le riff de leur Rice Pudding pour conclure son morceau ! Les variations de tempo de la partie consacrée au solo jouent habilement sur les climats.
C'est Belly Button Window qui clôt First Rays of the New Rising Sun. Hendrix enregistre seul à l'Electric Lady Studio le son dernier titre[19], un blues intimiste dont les thèmes, inspirés de la grossesse de l'amie de Mitch Mitchell et sans doute sa propre enfance, sont pour le moins originaux : la vie intra-utérine et l'avortement[53]. Une version en trio existe dans le circuit des collectionneurs[54], mais elle est nettement moins réussie que cette prise, où Hendrix a tout de même pris le temps d'ajouter une guitare avec de la wah wah, puis de la mixer deux jours plus tard. Simple ébauche ou non, il n'en demeure pas moins que c'est un titre très émouvant, idéalement placé en fin d'album, montrant une tout autre face du blues que My Friend. Une piste de base avec l'Experience est enregistrée le , mais c'est la démo, mixée avec Kramer le , qui est utilisée dans l'album.
Le titre
Depuis , Jimi Hendrix utilise à plusieurs reprises le titre First Rays of the New Rising Sun pour désigner le nouvel album sur lequel il travaille[16]. Selon l’ingénieur du son Eddie Kramer, il s’agissait vraisemblablement du titre envisagé pour ce projet, qui est finalement retenu lors de la publication de l’album en 1997.
Hendrix évoque également d’autres titres possibles. Dans un mémo rédigé en , il dresse une liste d’environ vingt-cinq morceaux sous l’intitulé Songs for L.P. Straight Ahead[16]. Pendant les sessions au studio Electric Lady, Hendrix envisage que l’album puisse devenir un triple disque intitulé People, Hell and Angels. Ce titre sera finalement repris en 2013 pour l’album posthume du même nom, regroupant des enregistrements inédits[16]. Lors de son dernier entretien accordé au journaliste Keith Altham la veille de sa mort, Hendrix mentionne encore d’autres titres envisagés, tels que Horizon ou Between Here and Horizon[55].
Par ailleurs, Hendrix baptise sa tournée américaine de 1970 The Cry of Love Tour. Le premier album studio publié après sa mort, The Cry of Love, reprend ce titre.
L'œuvre inachevé

Jimi Hendrix avait prévu de publier son quatrième album studio en double ou triple disques avant Noël 1970. De juin à août, il progresse dans les sessions aux studios Electric Lady, avec de nombreux mix réalisés les 20, 22 et . Quatre d’entre eux – Dolly Dagger, Night Bird Flying, Ezy Ryder et Straight Ahead – sont présentés lors de la fête d’inauguration du studio le . Hendrix meurt le , laissant un grand nombre d’enregistrements inédits à différents stades d’achèvement : certaines chansons étaient presque terminées, d’autres n’existaient qu’en versions démo, et certaines n’avaient pas encore été enregistrées. Plusieurs documents manuscrits témoignent des différentes configurations d’album qu’il envisageait.
Après la mort du guitariste, Mike Jeffery demanda à Eddie Kramer de limiter la sortie à un simple album, The Cry of Love, laissant du matériel pour les publications suivantes, dont Rainbow Bridge et War Heroes. En 1995, Alan Douglas publie Voodoo Soup, et en 1997, Experience Hendrix confie à Kramer la réalisation de First Rays of the New Rising Sun, dans le but de respecter au mieux la vision originale d’Hendrix. Ce dernier est généralement considéré comme le plus proche de la vision de Hendrix, bien qu’il comporte une piste qui n’aurait probablement pas été incluse et omette certaines compositions envisagées par le musicien. Tous les titres enregistrés pour l’album, à l’exception de My Friend, ont finalement été publiés sous une forme ou une autre sur des albums officiels.
Au début de 1970, Jimi Hendrix enregistre une série de chansons acoustiques autobiographiques dans son appartement de Greenwich Village qu'il a intitulé Black Gold[56]. Les bandes, connues sous le nom de Black Gold, comportent seize chansons, toutes créées par Hendrix seul au chant et à la guitare acoustique Martin, comprenant des morceaux qui apparaîtront plus tard sur First Rays of the New Rising Sun (notamment Astro Man, Drifting et Stepping Stone) ainsi que Machine Gun. Quelques mois plus tard, lors du Festival de l’île de Wight, Hendrix confie ces bandes à son batteur Mitch Mitchell pour avis sur la section rythmique, mais elles sont oubliées après la mort du guitariste et ne sont retrouvées qu’en 1992, puis confiées à sa famille[57].
Au cours de l’année 1970, Hendrix rédige plusieurs listes de titres témoignant de l’état d’avancement de son projet d’album. Un mémo du recense onze chansons « ayant des pistes de base achevées » (avec Drifter’s Escape et Burning Desire)[16], tandis qu’une liste plus large manuscrite, datée du , inclut vingt-cinq titres sous la rubrique Songs for L.P. Strate Ahead[16],[18]. Une autre liste manuscrite sur une boîte de cassette présente une configuration pour trois faces d’un double album sous le titre First Rays of the New Rising Sun, la quatrième face restant vide et certaines pistes apparaissant deux fois sur des faces différentes[39],[58],[59].
Hendrix estimait que la publication des versions studio de Power of Soul et Message to Love – enregistrées avant la sortie de l’album Band of Gypsys (1970), où elles apparaissent en versions live – constituerait un retour en arrière et ne correspondrait pas à ses idées pour le nouvel album[60]. Néanmoins, ces deux titres ont été mixés le [61],[62].
Le tableau ci-dessous résume l’état d’avancement des enregistrements au , avec leurs différentes listes de titres, dates de dernières sessions et autres informations pertinentes.
| Titre | Statut d'avancement au 26 août 1970 | Dernière session de travail | Liste manuscrite cassette[39] | Liste Strate Ahead | Liste du 24 juin 1970 | Interprétation en concert | Parution | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ezy Ryder | Terminée | 22 août 1970 (mix) | B1 | 01 | 01 | 23x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 7 | Présentée à l'inauguration du studio Electric Lady (26 août 1970). |
| Room Full of Mirrors | Presque terminée | 20 août 1970 (mix) | A3 | 02 | 02 | 19x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 5 | Le mix de travail non modifié du 20 août 1970 est sorti pour la première fois sur Rainbow Bridge en 1971. |
| Earth Blues | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | 03 | 03 | - | The Jimi Hendrix Experience (2000) - 4.2 | Un nouveau mix de Kramer et John Jansen est sorti sur Rainbow Bridge en 1971. |
| Valleys of Neptune | Inachevée | 26 juin 1970 | - | 04 | - | - | Valleys of Neptune (2010) - 2
Electric Lady Studios - 1.2 et 2.9 |
De nombreuses versions ont été enregistrées entre 1969 et 1970, mais aucune n'a été considérée comme complète.
La version disponible en 2010 sur l'album homonyme est un mix réalisé par Eddie Kramer en 2010 qui combine deux prises différentes. |
| Straight Ahead | Terminée | 22 août 1970 (mix) | B4 | 05 | 04 | 4x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 12 | Présentée à l'inauguration du studio Electric Lady (26 août 1970) avec le mixage du 20 août 1970. Les mixages des 22 et 25 août sont rejetés[63]. |
| Cherokee Mist | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | C5 | 06 | - | - | The Jimi Hendrix Experience (2000) - 4.9 | La version disponible est un mix de Kramer à partir de l'enregistrement du 24 juin 1970, incluant une version de Straight Ahead et Valleys of Neptune.
Des prises studio officielles ont été tentées avec de nombreux ajouts, mais elles restent, à ce jour, inédites. |
| Freedom | Presque terminée | 24 août 1970 (mix) | A5/B5 | 07 | 05 | 23x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 1 | Hendrix voulait remplacer huit secondes de guitare rythmique. |
| Stepping Stone | Presque terminée | 26 juin 1970 | - | 08 | 06 | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 10 | Sortie en single début 1970 (avant d'être rapidement retirée), la chanson fut retravaillée avec le remplacement de la batterie de Miles par celle de Mitchell et les ajouts d'une nouvelle partie vocale et de guitares. |
| Izabella | Terminée | 26 juin 1970 | - | 09 | 07 | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 2 | Sortie en single début 1970 (avant d'être rapidement retirée), la chanson fut retravaillée avec un nouveau mixage en juin intégrant le remplacement de la batterie de Miles par celle de Mitchell et de nouvelles parties de guitares. |
| Astro Man | Presque terminée | 22 août 1970 (mix) | B2 | 10 | 08 | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 15 | Quelques finitions étaient prévues. |
| Drifter's Escape | Presque terminée | 22 août 1970 (mix) | C2 | 11 | 10 | - | South Saturn Delta (1997) - 14 | Hendrix avait prévu de refaire certains ajouts de guitares. |
| Angel | Rough mix | 20 août 1970 (mix) | C6 | 12 | - | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 4 | Hendrix voulait travailler davantage la chanson. En novembre 1970, Kramer fit un nouveau mixage avec une nouvelle partie de batterie de Mitch Mitchell. |
| Bleeding Heart | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | 13 | - | - | Electric Lady Studios - 3.10 | |
| Burning Desire | Inachevée | - | 14 | 11 | - | West Coast Seattle Boy (2010) - 4.2 | Hendrix n'était pas certain que l'enregistrement de base du soit complet. Une prise instrumentale du est disponible sur West Coast Seattle Boy et une répétition de décembre 1969 avec chant sur The Baggy's Rehearsal Sessions (2002). | |
| Night Bird Flying | Terminée | 24 août 1970 (mix) | A2/C1 | 15 | 09 | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 3 | Présentée à l'inauguration du studio Electric Lady (26 août 1970), mastérisé pour une parution en single |
| Electric Lady | Non identifiée | - | 16 | - | - | Indiquée comme un "slow". La rumeur court qu'il s'agirait de Pali Gap, car elle aurait été enregistrée sous le titre provisoire de Slow Part aux studios Electric Lady. | ||
| Hear My Train A Comin' | Inachevée | 21 mai 1969 | - | 17 | - | 50x | People, Hell and Angels (2013) - 3 | Enregistrée à plusieurs reprises sans parvenir à une version définitive. Kramer indiqua que la fin de la prise 2 fut mixée avec la prise 3 (de la session du 21 mai 1969) en 2013.
Les critiques musicaux considèrent l'enregistrement live au Berkeley Community Theatre comme la version de référence, disponible sur Rainbow Bridge et Blues. |
| Lover Man | Rough mix | 20 juillet 1970 | - | 18 | - | 24x | The Jimi Hendrix Experience (2000) - 4.7 | Le mixage initial du 20 juillet n'était pas très satisfaisant, mais Hendrix ne travailla plus cette chanson par la suite. La version disponible est un nouveau mixage de Kramer. |
| Midnight Lightning | Inachevée | 14 juillet 1970 | - | 19 | - | 1x | South Saturn Delta (1997) - 15 | Plusieurs versions ont été enregistrées; la version disponible date du 23 mars 1970. |
| Heaven Has No Tomorrow | Inachevée | 26 juin 1970 | - | 20 | - | - | Electric Lady Studios - 2.7[64] | Également connue sous le nom de Heaven Has No Sorrow |
| Sending My Love | Inachevée | 16 janvier 1970 | - | 21 | - | - | Both Sides of the Sky (2018) - 12 | Également connue sous le nom de Send My Love to Linda (vraisemblablement). Selon la rumeur, il s'agirait de Send My Love to Joan Arc en raison de la présence d'accords similaires dans la démo inédite et de sa présence sur la liste des titres de Black Gold. |
| This Little Boy | Non identifiée | - | 22 | - | - | - | - | |
| Local Commotion | Inachevée | - | 23 | - | - | - | Apparait sur la liste des titres de Black Gold, mais reste inédite. | |
| Dolly Dagger | Terminée | 24 août 1970 (mix) | A1 | 24 | - | 2x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 6 | Présentée à l'inauguration du studio Electric Lady (26 août 1970), mastérisé pour une parution en single |
| Hey Baby (New Rising Sun) | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | 25 | - | 16x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 13 | Deux prises furent enregistrées le 1er juillet 1970, la seconde étant la plus aboutie. Hendrix souhaitait enregistrer une nouvelle piste vocale.
Le morceau fut mixé par Kramer en 1971 pour l'album Rainbow Bridge. |
| Belly Button Window | Rough mix de la version démo (Terminée) | 24 août 1970 (mix) | A4 | - | - | - | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 17 | Une piste de base a été enregistré avec l'Experience le 23 juillet 1970 et un mixage de travail a été réalisée le 20 août 1970. Mais Hendrix et Kramer préféraient la démo avec juste la guitare de Hendrix. C'est cette version qui fut mixée le 24 août. |
| Drifting | Rough mix | 20 août 1970 (mix) | B3 | - | - | - | Electric Lady Studios - 2.14 | Hendrix avait prévu d'ajouter, soit une guitare rythmique, soit un vibraphone. La chanson fut terminée fin 1970 avec un mixage de Kramer intégrant le vibraphone de Buzzy Linhart et de nouvelles parties de batterie de Mitch. |
| Come Down Hard on Me | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | C3 | - | - | - | The Jimi Hendrix Experience (2000) - 4.10 | Des enregistrements et un mixage préliminaire ont été réalisés le 22 août 1970. La version disponible est un mixage composite de 1972 réalisé par Kramer et Jansen. |
| Beginnings | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | C4 | - | - | 3x | First Rays of the New Rising Sun (1997) - 9 | L'enregistrement studio fut finalisé le 22 août 1970, date à laquelle un mix de travail fut réalisé. La version disponible est un mixage de 1972 réalisé par Kramer et Jansen.
Un enregistrement live est paru pour la première fois sur Woodstock 2 sous le titre Jam Back at the House. |
| In from the Storm | Presque terminée | 22 août 1970 (mix) | - | - | - | 5x | West Coast Seattle Boy - 4.7 | Mixé plusieurs fois en août, mais Hendrix n'avait pas encore approuvé lequel serait le mixage définitif (le mix disponible date du 20 août 1970). Le mixage définitif sera réalisé fin 1970. |
| Power of Soul | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | - | - | 6x | Both Sides of the Sky - 6 | Un mix a été créé par Hendrix et Kramer le 22 août 1970. Un enregistrement live était déjà paru sur l'album Band of Gypsys en 1970. |
| Message to Love | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | - | - | 6x | West Coast Seattle Boy (2010) - 3.11 | Un mix a été créé par Hendrix et Kramer le 22 août 1970. Un enregistrement live était déjà paru sur l'album Band of Gypsys en 1970. |
| Bolero | Rough mix | 22 août 1970 (mix) | - | - | - | - | Electric Lady Studios - 3.7 | Un morceau instrumental enregistré le 1 juillet 1970 avec une prise du 14 juillet 1970 marquée comme NE PAS UTILISER. Kramer l'a ensuite mixé pour une sortie sur West Coast Seattle Boy (2010) pour lequel il a été fusionné avec Hey Baby (New Rising Sun) (un mix du 22 août 1970 de ce medley a ensuite été publié dans le coffret Electric Lady Studios[65]). |
Bien que la majorité des sessions aux studios Electric Lady ait été consacrée au futur album, certains enregistrements correspondent à des jams improvisées, des reprises ou des compositions abandonnées. Parmi celles-ci :
- All God's Children : instrumental d’accompagnement enregistré le , auquel Hendrix envisageait éventuellement d’ajouter des parties vocales.[66]
- Messing Around : instrumental funky abandonné après 20 prises le [67]. La prise 17 a été publiée en 2024 dans le coffret Electric Lady Studios en 2024[64].
- Farther Up the Road : reprise d’un standard blues, enregistrée le et incluse dans le même coffret en 2024[64].
- Pali Gap : issu d’une improvisation instrumentale d’environ dix minutes enregistrée le , ce morceau, initialement intitulé Slow Part, a été enrichi par Hendrix avec une seconde guitare et un solo, bien qu'il ne soit pas destiné à figurer sur le futur album. Le titre a ensuite été rebaptisé Pali Gap par Jeffery, en référence au décor hawaïen du film Rainbow Bridge (1971), lors de sa publication sur l'album du même nom (présenté comme la bande originale).[68] La composition a été publiée plus tard sur la compilation South Saturn Delta (1997).
- Slow Blues: improvisation de moins de trois minutes enregistrée partiellement le ; un extrait de 1:46 a été publié dans le coffret The Jimi Hendrix Experience (2000).[69]
- The Star-Spangled Banner : une seule prise studio a été réalisée le , sans aucun autre travail jusqu’au mix réalisé par Kramer en 1971 pour Rainbow Bridge. La célèbre interprétation live au festival de Woodstock a été publiée sur le triple album Woodstock en , puis sur la compilation Experience Hendrix sorti dans les mois suivant First Rays of the New Rising Sun en 1997.
- My Friend : chanson enregistrée en 1968 lors des sessions d’Electric Ladyland ; cette version a été mixée et publiée sur The Cry of Love en 1971. Bien qu’elle n’ait jamais été prévue pour un album de Hendrix, une version de 1970 avec Hendrix à la guitare destinée à un projet d'album de Noel Redding reste inédite[70].
Liste des chansons
Toutes les chansons sont écrites et composées par Jimi Hendrix.
| Electric Lady Studios: A Jimi Hendrix Vision - Disque 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Enregistrement | Durée | ||||||
| 1. | Ezy Ryder (mix alternatif) | 3:46 | |||||||
| 2. | Valleys Of Neptune (version alternative) | 3:45 | |||||||
| 3. | Straight Ahead (prises 1 et 2) | 6:12 | |||||||
| 4. | Drifter’s Escape (prises 1 et 2) | 3:18 | |||||||
| 5. | Astro Man (prises 9 et 10) | 2:51 | |||||||
| 6. | Astro Man (prise 14) | 8:35 | |||||||
| 7. | Drifting (prises 1 et 2) | 4:20 | |||||||
| 8. | Night Bird Flying (prise 25) | 2:36 | |||||||
| 9. | Farther Up The Road | 1:46 | |||||||
| 10. | The Long Medley [Astro Man / Beginnings / Hey Baby (New Rising Sun) / Midnight Lightning (Keep On Groovin’) / Freedom] | 26:23 | |||||||
| Electric Lady Studios: A Jimi Hendrix Vision - Disque 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Enregistrement | Durée | ||||||
| 1. | Earth Blues (mix alternatif) | 4:22 | |||||||
| 2. | Dolly Dagger (prises 17 et 18) | 3:26 | |||||||
| 3. | Angel (prise 7) | 4:27 | |||||||
| 4. | Beginnings (prise 5) | 5:26 | |||||||
| 5. | Lover Man[71] | 2:58 | |||||||
| 6. | Tune X / Just Came In (prise 6) | 4:26 | |||||||
| 7. | Heaven Has No Sorry (démo) | 4:47 | |||||||
| 8. | Freedom (prise 4) | 4:00 | |||||||
| 9. | Valleys Of Neptune (démo) | 4:44 | |||||||
| 10. | Come Down Hard On Me (prise 15) | 3:43 | |||||||
| 11. | Dolly Dagger (version alternative) | 4:02 | |||||||
| 12. | Messing Around (prise 17) | 1:37 | |||||||
| 13. | Tune X / Just Came In (prise 8) | 7:48 | |||||||
| 14. | Drifting (version alternative) | 3:58 | |||||||
| 15. | Freedom (version alternative) | 3:52 | |||||||
| 16. | Belly Button Window (prise 1) | 5:08 | |||||||
| Electric Lady Studios: A Jimi Hendrix Vision - Disque 3 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Enregistrement | Durée | ||||||
| 1. | Dolly Dagger (mix 2) | 4:20 | |||||||
| 2. | Night Bird Flying (version alternative) | 3:54 | |||||||
| 3. | Freedom (version alternative) | 3:26 | |||||||
| 4. | Midnight Lightning/ Beginnings | 9:30 | |||||||
| 5. | Straight Ahead (mix alternatif) | 4:38 | |||||||
| 6. | In From The Storm (mix alternatif) | 3:29 | |||||||
| 7. | Bolero / Hey Baby (New Rising Sun) (mix alternatif) | 11:57 | |||||||
| 8. | Drifter’s Escape (mix alternatif) | 3:09 | |||||||
| 9. | Astro Man (version alternative) | 3:48 | |||||||
| 10. | Bleeding Heart (mix alternatif) | 3:07 | |||||||
| 11. | Drifting (version alternative) | 2:39 | |||||||
| 12. | Room Full Of Mirrors (version alternative) | 3:00 | |||||||
| 13. | Angel (version alternative) | 4:29 | |||||||
Personnel
- The Jimi hendrix Experience
- Jimi Hendrix : Chant, guitares, basse sur My Friend, chœurs sur Earth Blues et In from the Storm, production, mixage sur Freedom, Night Bird Flying, Dolly Dagger, Room Full of Mirrors, Ezy Ryder
- Billy Cox : basse (sauf My Friend et Belly Button Window), chœurs sur Earth Blues et In from the Storm
- Mitch Mitchell : batterie (sauf Room Full of Mirrors, Ezy Ryder, My Friend et Belly Button Window), production (sauf Izabella, Beginnings et Stepping Stone), mixage sur Angel
- Musiciens additionnels
- Albert et Arthur Allen (the Ghetto Fighters) : chœurs sur Freedom, Izabella, Dolly Dagger et Stepping Stone
- The Ronettes (Veronica Bennett, Estelle Bennett, Nedra Talley) : chœurs sur Earth Blues
- Juma Sultan : percussion sur Freedom, Dolly Dagger, Beginnings, Hey Baby (The New Rising Sun), Earth Blues et Astro Man
- Buddy Miles : batterie sur Room Full of Mirrors et Ezy Ryder, chœurs sur Earth Blues
- Billy Armstrong : percussion sur Ezy Rider
- Buzzy Linhart : vibraphone sur Drifting
- Emmeretta Marks : chœurs sur In from the Storm
- Steve Winwood et Chris Wood (de Traffic) : chœurs sur Ezy Ryder
- Kenny Pine : guitare 12-cordes sur My Friend
- Jimmy Mayes : drums sur My Friend
- Stephen Stills : piano sur My Friend
- Paul Caruso : harmonica sur My Friend
- Equipe technique
- Eddie Kramer : production, ingénieur du son, mixage, photographies, remasterisation
- John Jansen : production sur Izabella, Room Full of Mirrors, Dolly Dagger, Beginnings, Stepping Stone, Hey Baby (New Rising Sun), Earth Blues; mixage sur Izabella, Beginnings, Stepping Stone, Hey Baby (New Rising Sun), Earth Blues
- Tony Bongiovi : ingénieur du son sur Room Full of Mirrors
- Jack Abrams : ingénieur du son sur Ezy Ryder (1969)
- Bob Hughes : ingénieur du son sur Ezy Ryder (1970), Earth Blues (1970)
- Bob Cotto : ingénieur du son sur Earth Blues (1969)
- John McDermott : notes du livret CD, remastérisation