Fislis

commune française du département du Haut-Rhin From Wikipedia, the free encyclopedia

Fislis est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est. Village du canton d'Altkirch situé dans le sud-est du Sundgau, il appartient à la région historique et culturelle d'Alsace, à quelques kilomètres seulement de la frontière suisse.

Faits en bref Administration, Pays ...
Fislis
Fislis
Un des nombreux ponts fleuris enjambant l'Ill.
Blason de Fislis
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Circonscription départementale Haut-Rhin
Arrondissement Altkirch
Intercommunalité Communauté de communes Sundgau
Maire
Mandat
Gérard Renggli
2020-2026
Code postal 68480
Code commune 68092
Démographie
Gentilé Fislachois, Fislachoise[réf. nécessaire]
Population
municipale
396 hab. (2023 en évolution de −5,26 % par rapport à 2017)
Densité 53 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 30′ 19″ nord, 7° 22′ 57″ est
Altitude Min. 377 m
Max. 532 m
Superficie 7,53 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Bale - Saint-Louis (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Altkirch
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Fislis
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Fislis
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Fislis
Liens
Site web http://www.fislis.fr/
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    Géographie

    Situation

    Le canal de l'Ill au centre du village.

    La commune de Fislis s'étend au pied du Jura alsacien, au creux de la vallée de l'Ill, affluent du Rhin, qui traverse le village de part en part. La rivière, entièrement canalisée, longe la rue principale avant d'être dérivée pour alimenter un ancien moulin à grains. C'est d'ailleurs sur le ban de la commune que le rejoint le Limendenbach, l'un des premiers affluents de l'Ill.

    La commune est également traversée, au nord-est du village, par la route départementale D 9b qui relie Leymen, village-frontière avec la Suisse, et Hirsingue, croisant les départementales D 473 et D 432, quotidiennement empruntées par les nombreux travailleurs frontaliers pour se rendre en Suisse. Le village est ainsi particulièrement bien connecté au réseau routier, tout en bénéficiant d'une situation calme assez privilégiée.

    À une vingtaine de kilomètres au sud-ouest des villes de Saint-Louis et de Bâle (CH), Fislis est ainsi à vingt-cinq minutes en voiture de l'autoroute européenne A35/E25 qui relie Bâle (CH) à Strasbourg, desservant entre autres les villes de Mulhouse et de Colmar, et qui se trouve être l'une des seules autoroutes gratuites de France[1].

    La gare de Saint-Louis est également bien desservie par le réseau ferroviaire puisqu'elle se trouve notamment sur la ligne du TER-Alsace Bâle-Strasbourg qui dessert les gares de Mulhouse, Colmar et Sélestat et permet de rejoindre la capitale européenne en un peu plus d'une heure.

    Enfin, à moins d'une demi-heure en voiture, il est possible de se rendre à l'EuroAirport de Bâle-Mulhouse-Fribourg, le plus important aéroport de la région Grand Est et le seul au monde à posséder une plateforme binationale.

    Communes limitrophes

    Hydrographie

    La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par l'Ill, le ruisseau Gersbach[2], le ruisseau Limendenbach[3] et le ruisseau Obertalgraben[4],[5],[Carte 1].

    L'Ill, d'une longueur de 217 km, prend sa source dans la commune de Winkel et se jette dans le Grand Canal d'Alsace à Offendorf, après avoir traversé 68 communes[6]. Les caractéristiques hydrologiques de l'Ill sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Oltingue. Le débit moyen mensuel est de 0,443 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 9,7 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 12,2 m3/s, atteint le même jour[7].

    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Fislis[Note 2].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[9]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[10] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Vosges » et « Alsace »[11]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 881 mm, avec 9,1 jours de précipitations en janvier et 9,4 jours en juillet[8]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lucelle à 14 km à vol d'oiseau[14], est de 9,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 091,0 mm[15],[16]. La température maximale relevée sur cette station est de 36 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −19 °C, atteinte le [Note 3].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Fislis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[17]. Elle est située hors unité urbaine[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[18]. Cette aire, qui regroupe 94 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[19],[20].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,9 %), forêts (43 %), zones urbanisées (4,2 %)[21]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    Toponymie

    On trouve mention de la commune de Fislis sous le terme Visilis dès 1243, avec quelques variantes du XIIIe au XVe siècle (Viselis en 1283 et en 1297, Vislins en 1460). Le terme Fislitz apparaît en 1576, concurrencé un temps par celui de Fislach[22]. À la fin de l'Ancien Régime, c'est cependant bien le terme de Fislis qui s'est imposé[23].

    Histoire

    Politique et administration

    Découpage territorial

    La commune de Fislis est membre de la communauté de communes Sundgau[24], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Altkirch. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[25].

    Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement d'Altkirch, à la circonscription administrative de l'État du Haut-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[24].

    Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton d'Altkirch pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Haut-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[26].

    Liste des maires

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    1945 1959 Joseph HEINIS   Industriel
    1959 1983 Louis REY   Banquier
    1983 2001 Robert MONA
    Conseiller de 1977 à 1983
    RPR Maître menuisier
    Maire honoraire (depuis 2001)
    Chevalier de la Légion d'Honneur
    Président de la corporation des menuisiers-ébénistes du Sundgau
    2001 2025 Clément LIBIS[28]
    Conseiller de 1983 à 2001
    Réélu maire pour le mandat 2020-2026 / Démissionnaire
    SE Professeur d'histoire
    Maire honoraire (depuis 2025)
    2025 en cours
    (au 11 mars 2026)
    Gérard RENGGLI[29]
    Conseiller de 1995 à 2014
    Adjoint de 2014 à 2025
    Elu maire en 2025 pour la fin du mandat 2020-2026
    DVD Electronicien industriel
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    Depuis 1792, vingt-quatre maires se sont succédé à Fislis, d'ailleurs tous laboureurs ou meuniers jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale, la tertiarisation des professions indiquées des premiers édiles de Fislis témoignent néanmoins de la gentrification du village, symptomatique d'un phénomène qui touche tout le Sundgau et la plupart des communes frontalières[30].

    Tendance politique et résultats

    Élections présidentielles

    Fislis est une commune dont l'ancrage politique est resté traditionnellement au centre-droit jusqu'à l'élection présidentielle de 2017 où l'on observe un virage sensible vers l'extrême-droite.

    Au premier tour de l'élection présidentielle de 2022, le président de la République sortant Emmanuel Macron (RE) arrive en tête avec 31,39 % des suffrages, suivi d'assez près par Marine Le Pen (RN) qui réunit 28,47 % des voix. Ils arrivent loin devant Jean-Luc Mélenchon (LFI) avec 8,76 %, Eric Zemmour (Reconquête) avec 8,03 %, Nicolas Dupont-Aignan (DLF) avec 6,93 % et Yannick Jadot (EELV) avec 5,11 %. Dans une commune traditionnellement ancrée au centre-droit, Valérie Pécresse (LR) ne réunit que 4,74 % des voix alors que, tous candidats confondus, l'extrême-droite rassemble tout de même 43,43 % des suffrages exprimés, ce qui confirme le virage pris en 2017. Les autres candidats ne réussissent pas à réunir 5 % des voix.

    Au second tour, Marine Le Pen est cette fois en tête avec 51,33 % contre Emmanuel Macron qui obtient 48,67 % des suffrages exprimés, en légère baisse par rapport à 2017 dans la même configuration. Au niveau national, le président sortant est cependant réélu avec 58,10 % des voix face à la candidate du (Rassemblement national) qui en compte 41,45 %.

    Élections législatives

    Comme pour les élections présidentielles, la commune de Fislis vote majoritairement à droite aux élections législatives, plaçant régulièrement Jean-Luc Reitzer (LR) en tête des suffrages dès le premier tour de scrutin.

    Ainsi, aux élections législatives de 2012, le député sortant Jean-Luc Reitzer (UMP) obtient 71,43 % des suffrages exprimés, suivi de la candidate FN Stéphanie Faesch avec 10,48 % et des deux candidats écologistes Antoine Waechter et Max Delmond qui obtiennent respectivement 8,6 % et 8,19 % des voix. Aucun autre candidat n'obtient plus de 2 % des voix. Dans la 3e circonscription du Haut-Rhin, Jean-Luc Reitzer est réélu député dès le premier tour de scrutin avec 54,8 % des suffrages exprimés.

    Aux élections législatives de juin 2017, malgré la vague politique sans précédent suscitée par le Président de la République Emmanuel Macron, le député sortant Jean-Luc Reitzer (LR - UDI) obtient tout de même 55,81 % des suffrages au premier tour, suivi de loin par Patrick Striby (LREM) avec 13,37 %. Le régionaliste Hervé Ott (UL) et la frontiste Katia Di Leonardo (FN) sont quant à eux donnés au coude à coude avec chacun 7,56 % des voix. Suivent Marianne Berçot (FI) avec 4,65 % et, à égalité, le candidat écologiste Antoine Waechter et le souverainiste Jean-Michel Monteillet (DLF) avec 3,49 % des voix. Aucun autre candidat n'obtient plus de 2 % des suffrages. La participation reste cependant extrêmement faible à seulement 50,73 %[31]. En revanche, le candidat de la droite et du centre enregistre à Fislis l'un de ses meilleurs scores dans la 3e circonscription du Haut-Rhin où les résultats le placent en ballotage défavorable pour la première fois de sa carrière derrière le candidat de LREM. Au second tour, alors que Jean-Luc Reitzer (LR - UDI) est réélu dans sa circonscription à 55,15% des voies contre le candidat LREM[32], il obtient à Fislis l'un de ses meilleurs scores avec 74,84% des suffrages exprimés[33].

    Jumelage Fislis-Losse

    Fislis est jumelée depuis 1982 avec Losse, un village situé dans les Landes de Gascogne[34].

    L'évacuation de Fislis pendant la Seconde Guerre mondiale

    Le , devant l'imminence du conflit, l'ensemble des communes situées sur la Ligne Maginot sont évacuées dans le Sud-Ouest[35]. Parmi les 325 000 Alsaciens évacués, 178 habitants de Fislis quittent ainsi leur village avec leur maigre bagage vers une destination inconnue[34]. Les réfugiés sont accueillis à Losse où les habitants locaux doivent partager avec eux le gîte et la nourriture[34]. Après plusieurs mois de cohabitation, des liens se tissent, des amitiés naissent[34]. A partir de juillet 1940, les habitants sont priés par les autorités de Vichy de retourner chez eux. Certains obéissent, d'autres restent dans les Landes. Seulement, la paix revenue en , les derniers réfugiés rentrent en Alsace[34].

    Des liens durables pendant la paix

    En , la forêt landaise est ravagée par les flammes[36]. Le grand incendie a détruit 25 000 hectares de forêts, causant la mort de 82 personnes. Le drame est national. Aussitôt alertés, les élus de Fislis reprennent contact avec la municipalité de Losse et lui envoient des dons récoltés parmi les habitants de Fislis[34].

    En , afin de marquer le quarantième anniversaire de l'évacuation, un millier de Landais installés dans 25 bus se déplacent depuis le Sud-Ouest afin de prendre part à des festivités dans le Haut-Rhin[34]. Trois ans plus tard, le , le maire de Fislis Louis Rey et le maire de Losse Serge Jourdan signent dans les Landes le serment de jumelage entre les deux communes[34].

    A l'été , à l'initiative du nouveau maire de Fislis Robert Mona, une délégation de Losse se déplace à Fislis pour célébrer le premier anniversaire de ce jumelage historique. En , les instituteurs organisent des échanges d'élèves entre les deux communes. Des voyages officiels, des échanges et des festivités populaires sont alors organisées à échéance régulière[34].

    En , la Tempête Klaus sème la désolation dans la forêt de Losse. Encore une fois, la population de Fislis s'organise et collecte des fonds pour venir en aide à la commune landaise. A l'été , les liens étant durables entre les deux communes, une délégation alsacienne se déplace à Losse afin de célébrer le trente-cinquième anniversaire du jumelage historique. Le maire de Fislis Clément Libis et son homologue Serge Jourdan renouvellent alors officiellement le serment qui unit les deux communes en présence du préfet des Landes et des autorités locales[34].

    Équipements et services publics

    Population et société

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[38].

    En 2023, la commune comptait 396 habitants[Note 5], en évolution de −5,26 % par rapport à 2017 (Haut-Rhin : +0,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    440404447428450438428398404
    1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
    370384456398369344298312321
    1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    326323327316320336323296314
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
    337322365376380386388399432
    Davantage d’informations - ...
    2014 2019 2023 - - - - - -
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    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[39] puis Insee à partir de 2006[40].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Économie

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Église Saint-Léger avec son clocher néoclassique (1885) depuis l'Ill.

    Église Saint-Léger

    Le monument actuel, placé sous le patronage de saint Léger, est situé à l'emplacement d'une chapelle plus ancienne citée dès 1441. On y trouve d'ailleurs toujours des fonts baptismaux en grès de style Renaissance réalisés au XVIe siècle et représentant notamment Léger d'Autun et des personnages de l'Ancien testament.

    Longtemps sous la tutelle de l'église voisine de Saint-Blaise, le lieu de culte se voit adjoindre un vicaire en 1753[41]. L'édifice est ensuite agrandi entre 1762 et 1763 et consacré solennellement le . De cette période, l'église conserve un maître-autel aux nombreux décors Rocaille ainsi que deux autels latéraux dédiés, l'un à la Vierge, l'autre à Saint-Joseph, patron secondaire de la paroisse. Leurs retables richement ornés, encadrant des toiles vraisemblablement peintes à cette période, en font d'ailleurs de parfaits exemples des arts décoratifs du milieu du XVIIIe siècle.

    Vitrail de l'apparition du Christ à sainte Marguerite Alacoque.

    À la suite du Concordat de 1801 qui réorganise les territoires ecclésiastiques, la paroisse catholique Saint-Léger de Fislis gagne son autonomie en 1803, date à laquelle y est nommé son premier desservant. Ce statut nouveau permet ainsi à la commune et aux fidèles d'enrichir constamment leur église paroissiale[42].

    Ainsi, en 1853, on installe un nouvel instrument construit par le facteur d'orgue Valentin Rinkenbach Père, originaire d'Ammerschwihr. Une décennie plus tard, après la construction de la sacristie nord en 1863, la grande toile représentant la Glorification de Saint Léger commandée au peintre strasbourgeois Michel Oster, est placée au-dessus du maître-autel. À la même époque, on installe également les vitraux du chœur qui représentent dans un style néogothique, respectivement à droite et à gauche de l'autel principal, le Sacré-Cœur de Jésus et Marie.

    Malgré l'annexion de l'Alsace-Moselle en 1871 et le Kulturkampf qui sévit alors en Allemagne, l'architecte mulhousien Adolphe Grimm remplace, entre 1884 et 1885, le vieux clocheton de bois de la façade par un élégant clocher de style néoclassique à la flèche élancée[41],[42].

    L'Alsace étant redevenue française en 1919, on décide enfin de remplacer les baies vitrées de la nef par des vitraux dans les années 1920. Après un demi-siècle d'occupation allemande, ces vitraux représentent d'ailleurs symboliquement des saints français dont sainte Marguerite Alacoque, alors récemment canonisée, ou bien celles qui sont encore les bienheureuses Bernadette Soubirous et Thérèse de Lisieux. Un quatrième vitrail représente saint Georges terrassant le dragon.

    Intégrée aujourd'hui dans la communauté de paroisses Saint-Martin de la Porte du Jura, dont l'église-mère est dans la commune voisine d'Oltingue, l'église Saint-Léger témoigne néanmoins de l'histoire locale de Fislis. Elle reste aussi le nerf névralgique de la vie religieuse de la commune, aussi bien pour les occasions particulières (mariages, funérailles, baptêmes...) que pour les messes dominicales qui y sont encore régulièrement célébrées.

    Aidée notamment par les contributions du Conseil départemental du Haut-Rhin, de la Région Grand Est, de l'enveloppe parlementaire du député Jean-Luc Reitzer, des Mécènes des entreprises du Sundgau et de la Fondation du patrimoine, ainsi que par de nombreux dons de particuliers récoltés notamment à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, la commune a entièrement restauré les abords extérieurs de l'église en 2019. Le bâtiment a donc fait peau neuve, en obtenant un ravalement de façade complet et le remplacement de la couverture de tuiles déjà fatiguée. Ces travaux permettent de protéger la charpente d'origine installée au XVIIIe siècle et la voûte intérieure en plâtre qui supporte une grande toile du XIXe siècle représentant l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, et remettent par ailleurs en lumière le cachet de l'édifice religieux[43].

    Place de la Mairie

    Mairie de Fislis.

    Sur le flanc nord de l'église Saint-Léger, le croisement de la rue de l'Église et de deux impasses qui la poursuivent de quelques dizaines de mètres à l'est et à l'ouest forme une petite place, caractérisée par le bâtiment qui regroupait jusqu'à la toute fin du XXe siècle à la fois la mairie et l'école élémentaire. Dessiné en 1843 par l'architecte François-Louis Laubser, originaire de Colmar, l'édifice est achevé en [44]. Le bâtiment doit à sa première vocation, d'abord scolaire, son élégant chambranle à ouverture double de style néoclassique, construit en pierre de taille. Un siècle et demi plus tard, laissé à son seul rôle de mairie, l'édifice subit un complet réaménagement intérieur au début du XXIe siècle ainsi qu'un ravalement de façade qui lui donne l'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui. Ces travaux permettent par ailleurs la mise aux normes de l'édifice avec, notamment, l'installation d'un accès pour les personnes à mobilité réduite.

    En face de la mairie, l'ancienne laiterie abrite actuellement le dépôt du corps des Sapeurs pompiers de Fislis. Construit à l'époque allemande au début du XXe siècle, le bâtiment se caractérise encore par son porche très particulier où un perron légèrement surélevé, auquel on accède par un escalier de quelques marches, permettait aisément de charger ou de décharger une charrette de seaux de lait. Une pierre sculptée au-dessus de la porte principale, remise à jour par les récents travaux d'aménagement et de restauration de l'édifice, permet en effet de déterminer que sa construction remonte à 1901.

    Contre le mur de soutènement du cimetière communal, au sud de la place, le monument aux morts, construit en grès des Vosges, rappelle les noms de ceux qui, au cours des deux derniers conflits mondiaux, ont fait à leur patrie le don de leur personne. Si ceux qui sont tombés pendant la Première Guerre mondiale le sont tous à titre militaire, on remarque cependant les noms de trois habitants de Fislis morts à titre civil au cours de la Seconde Guerre mondiale. La sobriété de cet édifice surmonté d'une grande croix latine donne à la place une certaine solennité et achève la perspective de la rue de l'Église.

    Anciens moulins hydrauliques

    Construit au bord de l'Ill, le village de Fislis compte deux anciens moulins à grains qui, restés longtemps en activité, ont fait la richesse de la commune et ont permis l'installation durable et la renommée de familles meunières au cœur du Jura alsacien. Ces deux bâtiments sont toujours visibles et remarquablement bien conservés.

    L'ancien moulin Fanninger, d'abord, en activité jusqu'au milieu du XXe siècle, est daté, sur une poutre du beffroi des roues à engrenages, de l'an 1573. Bien que le bâtiment ait été remanié à des époques plus récentes, l'édifice reste probablement le plus ancien de la commune. Entre le XVIIIe et le XXe siècle, les propriétaires successifs ont entrepris la construction de certaines portes et fenêtres qui indiquent encore pour certaines la date des travaux (on trouve ainsi des inscriptions de 1748 ou de 1868). La plus grande partie du bâtiment toutefois, dont les baies en accolade du pignon et la partie antérieure du logis, n'a pas subi de grandes modifications depuis le XVIe siècle[45]. Bien que la famille Fanninger n'en soit plus aujourd'hui propriétaire, elle a donné jusqu'en 1919 pas moins de quatre maires à la municipalité.

    L'ancien moulin Nussbaumer, probablement daté du XVIIe siècle, s'articule quant à lui, autour d'un grand logis construit au XVIIIe siècle et qui, malgré son réaménagement après la Seconde Guerre mondiale, en comporte toujours de nombreux vestiges. Plusieurs bâtiments de ferme datés du XIXe siècle récemment rénovés et un bâtiment de meunerie permettant le passage souterrain du canal de dérivation de l'Ill, complètent un ensemble élégamment préservé[46].

    Il est à noter que la famille Nussbaumer, en parenté directe avec le président Pierre Pflimlin qui a quelquefois séjourné à Fislis au milieu du XXe siècle, est toujours propriétaire des lieux[23].

    Autres bâtiments et monuments notables

    Ancien presbytère à colombages, nombreuses fermes des XVIIe et XVIIIe siècles, calvaires, fontaines et réservoir à eau en grès des Vosges.

    Héraldique

    Blason de Fislis

    Les armes de Fislis se blasonnent ainsi :
    « D'or à la bande ondée d'azur chargée d'une truite d'argent miraillée de gueules. »[47]

    Voir aussi

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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