Mort de Florence Ayafor

gardienne de prison camerounaise, tuée en septembre 2019 From Wikipedia, the free encyclopedia

La mort de Florence Ayafor a lieu en septembre 2019 lorsque Florence Ayafor, une gardienne de prison chevronnée âgée de 40 ans travaillant à la prison centrale de Bamenda au Cameroun, est enlevée et décapitée le par des séparatistes présumés ; son corps est retrouvé deux jours plus tard. Elle est l’une des figures emblématiques des atrocités commises pendant le conflit qui fait rage dans les régions anglophones du Cameroun.

Contexte

La mort de Florence Ayafor est une conséquence directe de la crise qui fait rage depuis 2017 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Une grande majorité de la population de ces régions dénonce la marginalisation, la répartition inégale des richesses et la forte pression exercée pour promouvoir la culture francophone dans leur région. Ainsi, peu avant la proclamation de la république fédérale d’Ambazonie par les séparatistes, le , un conflit armé de grande ampleur éclate, les opposant à l’armée camerounaise. Depuis lors, l’insécurité ne cesse de s’aggraver, la population étant régulièrement prise pour cible. Les habitants de ces régions sont désormais confrontés quotidiennement à des enlèvements, des meurtres et des actes de vandalisme[1],[2].

Victime

Faits en bref Naissance, Décès ...
Florence Ayafor
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 40 ans)
BamendaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
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Florence Ayafor, fille de Jean Ayafor et Malo Alice, naît le à Awing dans la région du Nord-Ouest du Cameroun[3].

Le , elle s'inscrit à l'École nationale d'administration pénitentiaire (ENAP) de Buéa. Le , elle obtient son diplôme de gardienne de prison. Elle est affectée à la prison centrale de Bamenda où elle travaille depuis 2005. Elle devient ensuite gardienne de prison principale[3],[4].

Elle est mariée et mère de cinq enfants[3].

Faits

Le , alors qu'elle rentrait des funérailles d'une connaissance, Florence Ayafor est enlevée par des individus identifiés comme des séparatistes. Elle subit des violences avant d'être décapitée. Ces actes sont filmés et diffusés sur les réseaux sociaux ; la vidéo devient virale et suscite un tollé au Cameroun et à l'échelle internationale[3],[4].

Quelques heures avant le meurtre, la famille de Florence Ayafor est contactée par les ravisseurs, qui exigent qu’on leur remette l’arme de leur otage ainsi que 1 700 000 francs CFA. Alors que la famille s’organisait pour payer la rançon, les ravisseurs les recontactent pour revenir sur leur demande, les informant qu’ils seraient contactés peu après au sujet de la restitution de la dépouille de Florence Ayafor, une fois qu’ils auraient commis leur acte. Au début, la famille ne prend pas les ravisseurs au sérieux, mais elle finit par prendre peur et signale les faits aux autorités judiciaires de Bamenda. Le corps décapité de Florence Ayafor est finalement retrouvé le [3].

Enquêtes

La famille porte plainte contre l'auteur inconnu pour terrorisme. Le , la plainte est transmise au président du tribunal militaire de Yaoundé. L'enquête initiale s'est concentrée sur l'ami de la défunte et le chauffeur qui signale l'enlèvement[5]. Le , le ministère de la Défense présente à la presse deux auteurs présumés de l'assassinat [formellement] identifiés dans la vidéo de torture[6].

Conséquences

Sur la famille de la victime

La mort de Florence Ayafor plonge sa famille dans un état de choc. Son décès – elle était le principal soutien financier de la famille – soulève des inquiétudes quant à l’avenir de ses quatre enfants et au lourd fardeau qui pèse désormais sur le frère cadet de la défunte, qui travaille dans le secteur informel. La fille aînée de la défunte n’est pas en mesure de reprendre ses études et donne la priorité au bien-être de ses frères. Après la mort de Florence Ayafor, la famille reçoit des appels menaçants et intimidants, la contraignant à vivre dans la peur[3].

Hommage à la victime

Enterrement de la victime

Florence Ayafor est inhumée le devant son domicile, dans le quartier d'Up Station à Bamenda[3],[4].

Réactions

Les circonstances de la mort de Florence Ayafor suscitent une indignation généralisée parmi les responsables politiques et autres personnalités publiques. Sur le plan international, l’indignation aux États-Unis conduit ce pays à exhorter le Cameroun à ouvrir une enquête et à traduire les responsables en justice[3].

En 2024, sa fille dénonce, lors d’une interview accordée à un média, l’incapacité du gouvernement camerounais à remédier à cette situation difficile. Constamment menacés par les séparatistes, elle et ses jeunes frères et sœurs sont contraints de quitter Bamenda pour Yaoundé, où vit le frère aîné de leur défunte mère[7].

Notes et références

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