Florian Fricke, né le à Lindau, en Allemagne et mort le à Munich, est un musicien allemand qui figure parmi les pionniers de la musique électronique à l'aube des années 1970, explorant notamment les possibilités sonores du synthétiseur modulaire Moog III. En pleine mouvance Krautrock, il fonde le groupe Popol Vuh dont il est le membre principal et parfois unique. Il est un temps le compositeur attitré du réalisateur Werner Herzog. Progressivement, il délaisse les expérimentations électroniques pour revenir dès 1973 à une forme musicale plus acoustique avec des instruments conventionnels comme le piano[1].
Florian Fricke commence le piano lorsqu'il est enfant[1]. Il étudie l'instrument, la composition et la direction d'orchestre aux Conservatoires de Fribourg et de Munich[1]. À Munich, âgé de 18 ans, il est inspiré par des courants naissants comme le free jazz[1]. Il réalise aussi quelques courts métrages (il deviendra d'ailleurs plus tard critique cinématographique et musical pour le magazine Der Spiegel et le journal suisse Neue Zürcher Zeitung). C'est également à Munich qu'il rencontre Gerhard Augustin, son futur producteur[1].
En 1970, uni à Holger Truelzsch et Frank Fiedler, il fonde le groupe Popol Vuh[1], nom choisi d'après le manuscrit mayaPopol Vuh. Fricke en demeure le directeur musical et principal membre jusqu'à sa mort, avec comme collaborateur notable le guitariste et percussionniste Daniel Fichelscher(en).
Toujours en 1970, Fricke fait l'acquisition d'un gros synthétiseur modulaire Moog et se mue en pionnier dans l'électronique musicale. Ses expérimentations sonores remplissent les deux premiers opus de Popol Vuh: Affenstunde(en) et In den Gärten Pharaos(en). Son usage du synthétiseur laisse une trace indélébile sur l'école électronique allemande émergente, axe phare de la musique électronique[1]. Cependant, il finit par se lasser, estimant avoir fait le tour des possibilités offertes par le Moog. Il se sépare alors de l'instrument et le cède à son confrère et compatriote Klaus Schulze pour revenir vers les instruments acoustiques, ce qui entraîne inévitablement un changement de style dans sa musique.
En marge de sa propre musique, Fricke n'hésite pas à collaborer avec ses confrères. En 1972, il intervient sur le double album de Tangerine Dream, Zeit, mais joue aussi avec Renate Knaup du groupe Amon Düül II, avec Fichelscher, Connie Veit ou Gila(en). En 1992, il produit un album d'interprétation d'œuvres de Mozart[1]. En 1998, il organise des installations « audio/vidéo », parmi lesquelles Messa di Orfeo dans la ville italienne de Molfetta[1].
Au début des années soixante-dix, Florian Fricke s'intéresse également à la musicothérapie, discipline alors naissante. Il développe ainsi une forme personnelle et originale de thérapie basée sur un « Alphabet corporel »[3].