Fondation Simone et Cino Del Duca
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| Fondation |
1975 |
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| Zone d'activité |
Mécénat |
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| Type | |
| Forme juridique | |
| Objectif |
« Faire rayonner les arts, les lettres et les sciences. » |
| Siège | |
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| Fondatrice | |
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| Président | |
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| Récompense |
Prix mondial Cino-Del-Duca Grand prix scientifique Grand prix artistique Grand prix d'archéologie Prix jeunesse |
| Site web |
La fondation Simone et Cino Del Duca, inaugurée en 1975 par Simone Del Duca, est située dans le 8e arrondissement de Paris, dans l’hôtel Pereire en bordure du parc Monceau. Par le biais de prix et de subventions, elle œuvre pour le rayonnement des sciences, des arts et des lettres en France et à l’étranger. En 2005, selon les vœux testamentaires de sa fondatrice, elle devient une fondation abritée de l’Institut de France.
Le projet
La fondation Simone et Cino Del Duca est née de la volonté de perpétuer la mémoire de Cino Del Duca[1]. Né en 1899 en Italie dans un milieu très modeste, celui-ci immigre en France dans les années 1930[2]. Au moment de son décès, en 1967, il dirigeait le 4e groupe de presse français, les Éditions mondiales[3].
Au début des années 1970, alors première contribuable de France et dépourvue d’héritier direct, Simone Del Duca souhaite prolonger les actions philanthropiques de son mari. Pour investir sa fortune dans une œuvre utile tout en perpétuant sa mémoire, elle envisage la création d’une fondation à leurs noms[4].
La fondation est créée en 1975[5], s’inscrivant ainsi dans le sillage des fondations françaises fonctionnant sur le principe, introduit en France par le rapport Pomey de 1966, du « charitable trusts » comme d’autres grandes fondations généralistes de l’époque telle que la Fondation de France[6] .
Le , Simone Del Duca dépose les statuts de sa fondation, reconnue d’utilité publique par décret du Conseil d'État le . La fondation est officiellement inaugurée le , par un discours de Simone Veil, alors ministre de la Santé.
La mission initiale de la fondation est :
« de favoriser la recherche pour lutter contre les maux dont souffre l’Humanité, tels que notamment le cancer, la leucémie, les maladies cardiaques et les handicaps physiques et mentaux », mais aussi « d’assurer la conservation, la mise en valeur et l’enrichissement du milieu naturel comme du patrimoine scientifique et culturel de l’homme. »
L’hôtel Pereire

Commandé par Émile II Pereire, cet hôtel fut construit entre 1879 et 1881 sur les plans de l’architecte William Bouwens van der Boijen dans un style classique des XVIIe et XVIIIe siècles français[7]. Le bâtiment, situé rue Alfred-de-Vigny à Paris, s’élève entre une cour ouverte sur la rue et un petit jardin avec accès direct au parc Monceau[8],[5].
Il est aujourd’hui aménagé comme un lieu de rencontres et de débats[5], s'ouvre pour la première fois au public en 2024 lors des Journées du patrimoine[5], continue à proposer la mise à disposition des salons pour des tournages ou des séminaires d'entreprise[5]…
La fondation
La « grande œuvre » de Simone Del Duca

L’engagement de Simone Del Duca pour sa fondation sera constant pendant près de 30 ans. Dès les premières années de la fondation, elle est très impliquée dans le prix mondial Cino-Del-Duca et les bourses littéraires[9]. Elle lit ainsi chaque manuscrit, donne son avis et choisit les membres des jurys qui seront appelés à voter. Lorsque la fondation sera en difficulté financière au début des années 1990, elle fera une cession gratuite à la fondation de 90 % des parts qu’elle détient encore dans la société des industries Grafiche Cino Del Duca à Milan et qui, une fois les actions vendues, rapporteront près de 200 millions de francs à la fondation[10].
À la recherche d’un modèle (1975-1985)
Simone Del Duca s’entoure de collaborateurs de longue date de son mari, de scientifiques qui lui ont notamment été présentées par Maurice Schumann. Ils apportent une caution scientifique aux travaux de la fondation. Le , un conseil d'administration est créé. Il a pour mission d’arbitrer parmi les différentes propositions d’aides et de subventions qui lui sont adressées. Pour l’aider, un comité scientifique est constitué, composé d’administrateurs et de spécialistes.
Quant au prix mondial Cino-Del-Duca, son jury se compose d’académiciens (Roger Caillois, Maurice Genevoix, Jean d’Ormesson, Maurice Rheims, Jean Rostand…) – mais aussi de deux membres du conseil d’administration de la fondation : Louis Leprince-Ringuet et André Lwoff.
Entourée de personnalités venant aussi bien du monde de la culture que des sciences, Simone Del Duca est soutenue et aidée pour légitimer sa position de grande mécène dans le monde de la philanthropique.
Pour autant, durant les premières années de son existence, la fondation doit faire face à des difficultés financières récurrentes qui s’expliquent par l’importance des travaux effectués pour l’hôtel Pereire et par le caractère aléatoire de quelques-uns des placements financiers réalisés par Simone Del Duca.
Les nouveaux statuts de la fondation (1985-2005)
Dès le début des années 1980, la perspective de léguer la direction de la fondation à l’Institut de France est évoquée. Le , Simone Del Duca échange avec Édouard Bonnefous, alors chancelier de l’Institut de France, quant à l’éventualité de léguer entièrement la fondation à l’Institut après sa mort, n'ayant pas de descendants[5]. Cet échange la convainc de l’intérêt, notamment financier, pour la fondation d’être progressivement placée sous l’égide de l’Institut. Simone Del Duca a pris cette décision consciente que l’Institut inscrira le respect de ses intentions philanthropiques au cœur de son action et qu’il se portera garant des dispositions testamentaires qu’elle sera amenée à prendre dans le cadre d’une donation.
Institut de France : le début d’une ère nouvelle
Le projet de donation de la fondation Simone et Cino Del Duca à l’Institut de France aboutit en 1985 et sera effectif après la disparition de Simone Del Duca[5].
Les nouvelles dispositions statutaires de la fondation sont approuvées par le ministère de l'Intérieur le . Elles prévoient que « La Fondation sera dissoute lors du décès ou de la démission volontaire de madame Simone Del Duca » et que « l’ensemble des biens de la Fondation sera attribué à l’Institut de France, à charge pour lui, tout en maintenant le nom de Fondation Simone et Cino Del Duca, de poursuivre les buts et le programme tels que prévus et définis… »
Depuis 2005 une fondation abritée par l’Institut de France
« Une grande dame nous a quittés… » C’est par ces mots que, le , Édouard Bonnefous, vice-président de la fondation, apprend aux administrateurs la disparition de leur présidente le .
La transition vers le statut de « fondation abritée » à l’Institut de France avait été longuement préparée par Simone Del Duca. Concernant l’administration de la fondation, les termes des statuts d’ prévoyaient la mise en place d’une commission spéciale appelée Comité de Fondation Simone et Cino Del Duca. Celui-ci est composé du chancelier de l’Institut qui en est président de droit, de cinq membres de l’Institut représentant chacune des Académies, d’un membre du Conseil d’État et des administrateurs en activité au jour du décès de Simone Del Duca.
Depuis 1975, la fondation a distingué plus de 900 lauréats pour plus de 50 millions d’euros[11].
