Fondation Thiers
Fondation française destinée à soutenir des chercheurs en début de carrière
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La fondation Thiers est une institution française dont le but est d'aider en début de carrière de jeunes chercheurs en sciences humaines considérés comme prometteurs. Créée en 1893 grâce à une donation de la belle-sœur d'Adolphe Thiers (1797-1877), Félicie Dosne (1823-1906), elle devient une dépendance de l'Institut de France après la mort de celle-ci.
La fondation fonctionne jusqu'en 2017 sur la base d'une bourse de trois ans attribuée aux pensionnaires, parmi lesquels on trouve de nombreux intellectuels renommés, par exemple Marc Bloch (1908), Jean Guitton, Michel Foucault, René Étiemble, Pascal Ory et bien d'autres. Depuis 2017, les bourses ne sont que d'un an.
Les familles Thiers et Dosne
Félicie Dosne est la sœur d'Élise Dosne (1818-1880), épouse de l'historien et homme politique Adolphe Thiers, président de la République française de 1871 à 1873.
Les sœurs Dosne étaient les filles d'Alexis Dosne (1789-1849), riche agent de change et receveur des finances.
Histoire de la fondation
Débuts (1893)
La fondation Thiers repose sur une donation de 120 000 francs[1] faite par Félicie Dosne en 1893.
La fondation est reconnue d’utilité publique par le Conseil d'État le 1er mai 1893. Elle est autorisée à accepter la donation de Félicie Dosne.
L'hôtel particulier du rond-point Bugeaud
Le rond-point Bugeaud, aujourd'hui appelé place du Chancelier-Adenauer[2], se trouve dans le 16e arrondissement de Paris, en lisière du bois de Boulogne, entre l'avenue Foch et l'avenue Victor-Hugo (à l'emplacement du premier aérodrome de Paris, d'où s'envolaient les montgolfières[pas clair]).
En , un journaliste le décrit de la façon suivante : « Au rond-point Bugeaud, formant avec la rue des Belles-Feuilles et la rue Spontini un vaste trapèze, on remarque un terrain clos de palissades, sorte de chantier de construction, parsemé de pierres de taille couvertes de neige et de grands arbres dénudés. Les promeneurs sont rares dans ce coin de Passy, peuplé de coquets petits hôtels, au milieu desquels font tache de trop nombreuses masures délabrées ».
Le chantier mentionné dans cet article est celui d'un hôtel particulier construit à l'initiative de Félicie Dosne sur un terrain acheté pour presque rien[réf. nécessaire] par Alexis Dosne, en 1826[3].
Le bâtiment, dont l'architecte est Alfred-Philibert Aldrophe, qui a aussi construit l'hôtel Thiers (IX° arrondissement), est achevé en 1892.
Quelques années après[Quand ?], elle en fait don à la fondation, dans le but d'accueillir « une école destinée à compléter l'instruction scientifique, historique et philosophique de jeunes gens particulièrement doués »[2].
Evolution jusqu'en 1986
La fondation est rattachée par la suite à l'Institut de France.
En 1903 est décidée la création d’une bibliothèque destinée à publier les travaux des pensionnaires de l’institution, actuels ou anciens[4].
Jusqu'en 1986, la fondation accueille ses pensionnaires pendant trois ans dans l'hôtel particulier du rond-point Bugeaud. En 1986, le bâtiment, en mauvais état, est vendu par l’Institut de France[5]. Il abrite aujourd'hui un hôtel de luxe, le Saint James Paris.
De 1986 à 2017
À partir de 1986, les pensionnaires de la fondation Thiers sont accueillis par l’Institut de France au Centre de recherches humanistes[6], qui héberge aussi l’Association des anciens pensionnaires et amis de la fondation.
Les pensionnaires sont alors pris en charge en association avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour une durée de trois ans.
Depuis 2017
En , le contrat avec le CNRS n'est pas renouvelé. Les pensionnaires recrutés en 2016 ont cependant bénéficié de leur bourse jusqu'à la fin de leur contrat en .
Depuis cette date, la fondation offre des bourses d'un an seulement. Par exemple, pour 2026-2027, elle offre six bourses de 24 000 euros[7]
Tous les deux ans, un prix de la Fondation Thiers est décerné aux meilleurs travaux des anciens pensionnaires.[réf. nécessaire]
Quelques anciens pensionnaires de la fondation
Parmi les pensionnaires de la fondation, on peut citer :
- René Pintard,
- Jean Tulard, historien
- Louis Gernet,
- André Aymard,
- Marc Bloch (1886-1944), historien (admis en 1908)
- Charles Blondel,
- Jean Guitton,
- René Étiemble,
- Georges Bonnefoy,
- Daniel Villey,
- Maxime Chastaing,
- Maurice Duverger, juriste
- Jacques Rancière,
- Daniel Defert, philosophe
- Michel Foucault (1926-1984), philosophe
- Pascal Ory (né en 1948), historien
- Pierre de Labriolle,
- Guy Pervillé,
- Olivier Wieviorka
- Pierre Nora
- Marc Fumaroli
- Dominique Janicaud
- Jean Ebersolt
- André Crépin
- Émile Giraud
- José Grosdidier de Matons
- Lise Queffélec
- François Hartog (1973-1975)[8]
