Fonds Edmond Michotte
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Le fonds Edmond Michotte est une donation faite en trois phases, entre 1897 et 1913, au Conservatoire royal de Bruxelles par le compositeur et musicographe belge homonyme, d'une partie importante de la bibliothèque privée de Rossini, avec lequel il s'était lié d'amitié.

Issu d'une famille belge noble et fortunée, Edmond Michotte (1831-1914) fait ses études en Belgique, puis à Paris. Revenu dans son pays natal après la révolution de 1848, il y entame des études musicales après une candidature en philosophie à l'université libre de Bruxelles. Pianiste et compositeur, il se fera surtout connaître comme virtuose du mattauphone[1]. À partir de 1854 il partage sa vie entre Bruxelles et Paris, où il fréquente les célébrités du monde musical et devient familier de Rossini – pourtant son aîné de quarante ans – qui le considère comme son quasi figlio. Ayant eu l'occasion d'assister à la rencontre de ce dernier avec Richard Wagner en 1860, il publiera un compte-rendu de cet événement[2]. Lorsqu'il regagne définitivement la Belgique en 1870, il devient membre de diverses associations artistiques et préside le conseil de surveillance du Conservatoire royal de Bruxelles auquel il lègue, en différentes étapes, sa vaste collection rossinienne. Il meurt en 1914 à la suite du bombardement de sa maison louvanaise, sans avoir eu l'occasion de réaliser son rêve de créer un musée à la mémoire de son illustre ami et protecteur.
Le « musée imaginaire » Rossini

Soucieux d'offrir à sa prestigieuse collection un écrin digne de la valeur historique de celle-ci, Edmond Michotte, alors président de la commission de surveillance du Conservatoire royal de Bruxelles, ne lésine pas sur les moyens. Dans l'espoir de rassembler l'entièreté du fonds et de le voir transférer un jour vers un musée autonome[3], il fait exécuter une série de meubles sculptés surmontés d'un grand « R », de vitrines et de coffrets sur mesure, provisoirement exposés dans une salle du conservatoire non accessible au public. Cependant, le bibliothécaire en fonction[4] ne souhaitant pas soustraire à ce dernier la totalité de la collection – une partie restera en effet intégrée à la bibliothèque –, celle-ci ne sera jamais réunifiée, avortant la création projetée du musée.




