Fonds oral des Femmes de 36

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Le fond oral "Dones del 36" en catalan (Femmes de 36) des Archives Historiques de la Ville de Barcelone (AHCB) est une collection de neuf biographies orales de femmes qui ont vécu pendant la Seconde République et la guerre civile espagnole. Leur témoignage a été recueilli en 1997 et donné au AHCB un an plus tard. Les entretiens, qui ont été transcrits et numérisés, ont été réalisés par l'historienne Mercedes Vilanova et l'anthropologue Mercedes Fernández-Martorell.

  • Victoria Carrasco Peñalver (1917-2003), née à Torres de la Alameda (Madrid), s'est affiliée pendant la guerre aux Jeunesses Socialistes Unifiées (JSU). Elle a été condamnée à trente ans de prison et, en 1946, sa peine a été commuée. Une fois en liberté, elle a milité au Parti Communiste d'Espagne.
  • Carmen Casas Godessart (1921-2013), née à Alcalá de Gurrea (Huesca), a intégré en 1936 les JSU de Lleida, où sa famille s'était établie à cause du travail de son père. Elle a fait ses études à Manresa et de là a été évacuée à Barcelone. Exilée en France, pendant la Seconde Guerre mondiale elle a été envoyée à un camp de concentration.
  • Rosa Cremón Parra (1914-2005), née à Villaverde (Madrid), a habité en France avant la guerre. En 1936 elle est rentrée en Espagne et a été affectée aux hôpitaux des Brigades Internationales. Accusée et arrêtée deux fois, en 1955 elle a obtenu la liberté définitive.
  • Trinidad Gallego Prieto (1913-2011) est née à Madrid et très tôt a intégré le Parti Communiste d'Espagne. Elle a été condamnée à la prison avec sa mère et sa grand-mère, où elle est restée sept ans; à la sortie, elle a été exilée à Barcelone.
  • Enriqueta Gallinat i Roman (1909-2006), née à Barcelone, a été la secrétaire du dernier maire républicain de la ville de Barcelone, Hilari Salvadó i Castell. Militante de Esquerra Republicana de Catalunya depuis 1931, après la guerre elle s'est exilée en France avec son mari, Enric Tubau, et a collaboré avec la résistance française.
  • Conxa Pérez Collado (1915-2014), née dans le quartier de Les Corts de Barcelone, a rejoint le syndicat CNT en 1931. Pendant la guerre civile elle a participé au conflit dans la colonne Ortiz en Aragon, puis elle a passé la frontière vers la France et, à l'arrivée des allemands, a été internée dans le camp d'Argelès-sur-Mer.
  • Manuela Rodríguez Lázaro (1917-2010) est née à Bilbao et a intégré les JSU. Pendant la guerre civile elle a lutté sur le front de Somosierra, et à la fin du conflit a été incarcérée à Alicante, où elle a eu son premier enfant. Elle a finalement fui à Barcelone avec son compagnon, Desiderio Babiano.
  • María Salvo (1920) est née à Sabadell et en 1936 a adhéré aux JSU. En 1939, avec la défaite de la République, elle est partie en exil. Mais au début de la Seconde Guerre mondiale la gendarmerie française l'a livrée à la Garde civile. Condamnée à trente ans de prison, elle en a accompli seize dans plusieurs prisons franquistes; lorsqu'elle en est sortie, elle a été exilée à Santander.
  • Pilar Santiago Bilbao (1914-1998) est née à Barruelo (Palencia), mais dès sa jeunesse a habité le quartier de San Andrés de Palomar de Barcelone. Adhérente du Bloc Ouvrier et Paysan, pendant la guerre civile elle a participé à la branche féminine du POUM et à des activités de propagande du parti. En 1939 elle s'est exilée en France, puis au Mexique avec son deuxième mari, Rafael Trueta.

Association Femmes de 36

Toutes ces femmes, sauf Pilar Santiago, ont été les fondatrices de l'Association Femmes de 36 (en catalan: Associació Les Dones del 36) qui, de sa fondation en 1997 à sa dissolution en 2006, a essayé de récupérer la mémoire historique de ce qu'a signifié la guerre de 1936-1939 et l'après-guerre franquiste: exil, prison, lutte clandestine, camps de concentration, toujours depuis le versant féminin[1]. Enriqueta Gallinat et Maria Salvo ont aussi fait partie du projet appelé Presó de Dones de les Corts 1939-1955 (Prison de Femmes de Les Corts 1939-1955), initié par le Mémorial Démocratique de Catalogne[2].

Contenu

Cette collection est doublement précieuse puisque chaque interviewée l'est à double titre. Du point de vue de l'Histoire, en traitant des thèmes tels que la Seconde République, les Athénées, le passage par les prisons, les checas, la vie dans les camps de concentration (Argelès, Sant Cebrià), l'exil et la répression franquiste. Et depuis la perspective de l'anthropologie, puisqu'elle rassemble des aspects de la vie quotidienne et des thèmes liés à la condition de la femme, comme la vie familiale, la sexualité et les activités professionnelles. Comme le dit Isabel Olesti “Ce sont des femmes exceptionnelles qui ont toujours travaillé dans l'ombre et qui n'ont jamais eu de reconnaissance jusqu'à présent, où commence à s'éveiller la mémoire historique d'un temps à propos duquel on a voulu nous réduire au silence”.

Voir aussi

Bibliographie

Références

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