Forces armées béninoises

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Les Forces armées béninoises (FAB) sont la force militaire nationale de la République du Bénin. Elles sont placées sous le commandement suprême du président de la République et exercent leurs missions conformément à la Constitution du 11 décembre 1990.

Branchesl'Armée de terre béninoise ;

l'Armée de l'air ; la Marine nationale béninoise ; la Garde nationale (Bénin)

chef suprême des arméesPatrice Talon
Chef d’État-Major Général de l’armée béninoiseFructueux Gbaguidi
Faits en bref Branches, Commandement ...
Forces armées béninoises
Armée béninoise
Emblème de l’état-major des FAB.
Emblème de l’état-major des FAB.
Branches l'Armée de terre béninoise ;

l'Armée de l'air ; la Marine nationale béninoise ; la Garde nationale (Bénin)

Commandement
chef suprême des armées Patrice Talon
Chef d’État-Major Général de l’armée béninoise Fructueux Gbaguidi
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Elles s'articulent en quatre composantes : l'Armée de terre, l’Armée de l'air, la Marine nationale et la Garde Nationale[1]. La gendarmerie nationale béninoise n’existe plus depuis 2018. Elle a fusionnée avec la police nationale pour donner la Police républicaine du Bénin.

Historique

Défilé en 2024.

Le Dahomey se dote de ses premières forces armées nationales à la veille de son indépendance, le 28 juillet 1960, par la loi n° 60-32 portant création des Forces armées dahoméennes. L'armée incorpore principalement les unités héritées de l’armée coloniale française[2]. Elle est alors organisée autour d'un état-major, d'un groupement tactique et d'un Bataillon des transmissions[2].

Dès les premières années, la grande muette s'impose comme un acteur de la vie politique nationale. Le 28 octobre 1963, le général Christophe Soglo renverse le président Hubert Maga et confie le pouvoir à un gouvernement civil de transition. C'est la première d'une série d'interventions militaires qui marque durablement la jeune République[3]. Entre 1963 et 1972, le pays connait cinq coups d'État militaires réussis et une vingtaine de tentatives avortées[3].

Le 26 octobre 1972, Mathieu Kérékou s'empare du pouvoir à la tête d'un Conseil militaire de la Révolution. Le 30 novembre 1975, le Dahomey est rebaptisé « République populaire du Bénin ». Les forces armées abandonnent alors leur appellation dahoméenne pour prendre le nom de Forces armées populaires du Bénin (FAPB)[2].

La Conférence nationale de février 1990 marque une rupture dans le rapport entre l'armée et le pouvoir politique. Les Forces armées populaires du Bénin sont renommées Forces armées béninoises (FAB) et se retirent de la scène politique. La Constitution du 11 décembre 1990 place le commandement suprême des FAB sous l'autorité du président de la République élu au suffrage universel, consacrant la subordination de l'institution militaire au pouvoir civil.

Cadre constitutionnel et législatif

Le fondement constitutionnel des Forces armées béninoises repose sur la Constitution du Bénin. Son article 62 fait du président de la République le chef suprême des armées[4].

L'article 63 autorise en outre le président à faire concourir les forces armées au développement économique de la Nation, au-delà de leur mission strictement militaire[5]. L'article 67 interdit au président de faire appel à des forces armées ou de police étrangères pour intervenir dans un conflit intérieur, sauf dans les cas de coup d'État, de putsch ou d'agression par des mercenaires visés à l'article 66[6].

Sur le plan législatif, la loi n° 90-016 du 18 juin 1990 crée formellement les Forces armées béninoises à la sortie de la Conférence nationale[7]. Ce texte fondateur est modifié à deux reprises : par une loi en 2004, puis par la loi n° 2020-15 du 3 juillet 2020[1], qui restructure les FAB en quatre composantes : l'Armée de terre, la Force aérienne, la Marine nationale et la Garde nationale, cette dernière rejoignant la structure à cette occasion.

Au niveau régional, le Bénin est lié par le Protocole d'assistance mutuelle en matière de défense de la CEDEAO[8], signé à Freetown en 1981, qui engage les États membres à se porter mutuellement aide en cas d'agression armée.

Engagements opérationnels

Opération Crevette (1977)

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1977, un commando d'une quarantaine de mercenaires conduit par le Français Bob Denard atterrit à l'aéroport de Cotonou à bord d'un avion cargo. L'opération, baptisée « Crevette », est commanditée par des opposants béninois en exil avec le soutien du Gabon, du Maroc et, en sous-main, de la France. Les forces armées béninoises aidés par des éléments nord-coréens présents à Cotonou repoussent l'assaut[9]. Denard et ses hommes se replient. Cet épisode reste la seule tentative d'agression armée extérieure qu'ait connue le Bénin depuis son indépendance. L'État-major général en commémore chaque année le souvenir le 16 janvier à la Place du souvenir de Cotonou[10].

Opération Mirador (depuis 2022)

Depuis 2019, le nord du Bénin est exposé à des incursions de groupes armés opérant depuis les pays voisins[11]. En janvier 2022, le gouvernement béninois lance l'opération « Mirador », mobilisant près de 3 000 hommes le long des frontières septentrionales. Le nom fait référence à la fonction de veille opérationnelle assignée aux unités déployées : observer, protéger les populations et prévenir toute infiltration. Un recrutement complémentaire de 5 000 soldats est décidé dans les mois suivants pour renforcer le dispositif. Entre octobre et décembre 2025, les unités engagées neutralisent 45 membres de groupes armés et interpellent sept individus dans le cadre de cette opération. En mars 2026, des actions civilo-militaires comme des forages, la construction de salles de classe complètent le volet sécuritaire dans les communes de Kouandé et Kérou[12].

Opérations extérieures

Les Forces armées béninoises participent à plusieurs missions de maintien de la paix sous l'égide des Nations unies. Elles contribuent notamment à l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), à la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), à la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) ainsi qu'aux missions au Libéria, au Burundi et au Soudan. En 2025, le budget de la défense nationale prévoit 8 milliards de FCFA dédiés aux opérations militaires extérieures.

Tentative de coup d'État de décembre 2025

Le 7 décembre 2025, les Forces armées béninoises déjouent une tentative de prise de pouvoir conduite par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, commandant des Forces spéciales de la Garde nationale, à la tête d'un groupe de mutins. Les assaillants s'emparent brièvement de la télévision nationale et proclament la « destitution » du président Patrice Talon, sans parvenir à prendre le contrôle de la présidence ni des autres sites stratégiques.

La Garde républicaine, sous le commandement du colonel Dieudonné Djimon Tévoédjrè, engage la riposte et repousse les mutins. L'aviation nigériane et les forces spéciales françaises, déployées à la demande du gouvernement béninois, apportent un appui. Cet épisode révèle à la fois la capacité des FAB à défendre l'ordre constitutionnel face à une tentative interne et leur aptitude à activer rapidement des mécanismes de coopération militaire régionale et internationale.

Organisation et commandement

Les FAB sont placées sous les ordres des officiers généraux suivants :

  • Chef d'État-major général : général de corps d'armée Fructueux A. Gbaguidi[13],[14]
  • Chef d'État-major de l'Armée de terre : général de brigade Abou Issa[15]
  • Chef d'État-major de la Marine nationale : Capitaine de Vaisseau Dossa HOUNKPATIN[16]
  • Chef d'État-major de la Garde nationale : général de brigade Faïzou Gomina[17]
  • Chef d'État-major de l'Armée de l'air : lieutenant-colonel Hermann William Avocanh[18]

Effectifs

Soldats béninois sur un champ de tir à Bembéréké en juin 2009
Soldats béninois à l'entraînement aux armes légères (Fusil Type 56)

En 2012, l'Armée du Bénin est constituée de 6 800 hommes et femmes et comprend les unités et équipements suivants :

Unités :

  • 1er bataillon commando parachutiste
  • 1er bataillon d’intervention motorisé
  • 1er groupement blindé
  • Groupement national des sapeurs-pompiers
  • 1er bataillon interarmes
  • 2e bataillon interarmes
  • 3e bataillon interarmes
  • 7e bataillon interarmes
  • 8e bataillon interarmes
  • 1er bataillon d’artillerie mixte
  • 1er bataillon du génie
  • 1er bataillon des transmissions
  • 1er bataillon du matériel
  • 1er bataillon du train
  • groupe du quartier général

Équipements

Depuis le 1er août 2025, les personnels des quatre composantes des FAB portent un treillis ripstop digitalisé, en tissu coton-polyester, adopté en remplacement de l'ancien uniforme camouflé[19]. Pour la protection balistique, les forces disposent du casque SPECTRA résistant aux éclats et pesant 1,4 kg. En matière d'armement individuel, le Bénin dépasse le ratio d'un fusil d'assaut par soldat depuis 2024, selon le ministre de la Défense Alain Fortunet Nouatin[20].

Galerie

Références

Voir aussi

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