Le fort appartenait à la province romaine de Germanie première et était bâti directement sur la rive gauche du Rhin et surveillait la région environnante et le confluent du Neckar et du Rhin, seul passage de franchissement.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le pasteur Georg Litzel mentionna dans une lettre la présence de murs romains sur le Rhin, près d'Altrip[3]. Les premières fouilles du site fortifié eurent lieu au XIXe siècle, sous la direction de Rudolf Harster (Société historique du Palatinat). Il ne put obtenir d'informations significatives sur l'étendue et la fonction précise de la fortification. Au XXe siècle, la région fut explorée par Eduard Anthes à partir de 1910, Gerhard Bersu, Friedrich Sprater, Robert et Ignaz Baumann respectivement en 1926/1927 et 1932, Günther Stein en 1961 et Helmut Bernhard en 1981[4].
Au début des années 1960, des travaux d'excavation pour le réseau d'égouts permirent de nouvelles investigations dans la zone fortifiée. Ils mirent notamment au jour des vestiges de bâtiments intérieurs, des fondations sur pilotis et des poteries anciennes. Il fut également possible de prouver l'existence d'un établissement romain (vicus) à cet endroit, antérieur même à la construction de la forteresse de l'Antiquité tardive. Les vestiges d'un sol pavé de briques, la découverte de tubuli (briques creuses), de piliers ou de dalles de briques, ainsi que d'enduits muraux peints, indiquaient la présence d'une villa rustica (domaine romain) ou d'un bâtiment appartenant à un vicus. Près de l'église paroissiale, le puits du fort, profond de plus de quatre mètres, a été découvert au milieu de la rue. Des fragments de bois datant de 1700 ans y ont été extraits et conservés. Par ailleurs, des vestiges de bâtiments et une nécropole de l'époque mérovingienne ont également été mis au jour. Lors des fouilles de 1981, Helmut Bernhard a également localisé la porte est du fort.