Limes Danube-Iller-Rhin
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Le limes Danube-Iller-Rhin (en allemand : Donau-Iller-Rhein-Limes ou DIRL ) ou DIRL était un vaste système défensif de l’Empire romain, construit à la fin du IIIe siècle apr. J.-C., après le projet du limes de Germanie supérieure et de Rhétie[1].


Au sens strict, le terme désigne uniquement les fortifications situées entre le lac de Constance (Lacus Brigantinus) et le Danube (Danubius)[2] ; au sens large, il inclut également les autres fortifications de la fin de l’époque romaine le long du Rhin (Rhenus), sur le Haut-Rhin (entre le lac de Constance et Bâle) et sur le Rhin supérieur (en aval de Bâle jusqu’à Bingen), ainsi que sur le Haut-Danube.
Description
Contrairement au limes de Germanie supérieure et de Rhétie, qui était en partie construit comme un rempart artificiel avec un fossé et une palissade, le limes Danube-Iller-Rhin suivait principalement le cours naturel du Rhin, de l'Iller et du Danube. Bien que cette nouvelle frontière fût plus facile à sécuriser, elle représentait néanmoins une perte territoriale importante pour l'Empire romain d'Occident et témoignait de la pression croissante exercée par les conséquences des Invasions barbares. Le limes était surveillé et défendu par les Limitanei (soldats des frontières), dans les provinces romaines de Maxima Sequanorum (Séquanaise) et de Rhétie.
Le limes Danube-Iller-Rhin marquait la frontière de l'empire romain jusqu'au milieu du Ve siècle apr. J.-C. environ, après quoi la présence romaine dans cette région s'est finalement effondrée.
Fonction
Les raids, principalement de Alamans, surtout vers le milieu du IIIe siècle, imposèrent un nouveau plan de sécurité militaire pour les frontières nord-ouest de l'Empire romain. Le limes de Germanie supérieure et de Rhétie n'ayant jamais été conçu comme un système de défense militaire, il fut abandonné après 260 (la chute du limes de Germanie). Les troupes frontalières furent repliées derrière les fleuves plus faciles à contrôler que furent le Rhin, le Danube et l'Iller. Vers 290, l'extension systématique des nouvelles défenses frontalières commença.
Les ouvrages défensifs, sur un territoire comprenant France, Allemagne, Autriche, Suisse et Liechtenstein, n'étaient pas destinés à repousser les attaques d'envergure, mais à assurer une surveillance quasi ininterrompue du limes et à dissuader les pillages. Jusqu'en 378, les Romains envahissaient systématiquement les établissements germaniques situés au-delà du limes (par exemple, sous les empereurs Julien l'Apostat ou Gratien) afin de punir les tribus locales et de les intimider pour les dissuader d'attaquer l'Empire. Ainsi, la défense des frontières à la fin de l'Empire romain reposait, d'une part, sur la ceinture fortifiée du limes Danube-Iller-Rhin et, d'autre part, sur des opérations offensives et des frappes préventives dans les territoires tribaux, ainsi que sur des alliances avec les princes germaniques. Lorsque, vers 400, ces expéditions punitives cessèrent, la situation sécuritaire se détériora rapidement.
- Liste des forts du Limes Danube-Iller-Rhin (de)
Voir aussi
Bibliographie
- (de) Norbert Hasler, Jörg Heiligmann, Markus Höneisen, Urs Leutzinger, Helmut Swozilek, Im Schutze mächtiger Mauern. Spätrömische Kastelle im Bodenseeraum. Hrsg. vom Archäologischen Landesmuseum Baden-Württemberg. Frauenfeld 2005, (ISBN 3-9522941-1-X).
- (en) Michael Mackensen, Raetia: late Roman fortifications and building programmes, in J. D. Creighton, R. J. A. Wilson: Roman Germany. Studies in Cultural Interaction (= Journal of Roman Archaeology. Supplement 32). Portsmouth 1999, p. 199–244.
- (de) Walter Drack, Rudolf Fellmann, Die Römer in der Schweiz. Stuttgart 1988, (ISBN 3-8062-0420-9).
- (de) Erwin Kellner, Die Germanenpolitik Roms im bayerischen Anteil der Raetia secunda während des 4. und 5. Jahrhunderts, in E. Zacherl (ed.): Die Römer in den Alpen. Historikertagung in Salzburg, Convegno Storico di Salisburgo, 13–15 November 1986, Bozen, 1989, p. 205–211, (ISBN 88-7014-511-5).
Articles connexes
- Germanie inférieure (Basse-Germanie, Germanie seconde), liste des établissements romains en Germanie inférieure, Limes Saxoniae (contre Saxons, Abodrites)
- Germanie supérieure (Jura, Alsace et plateau suisse, 83-297), Maxima Sequanorum (Séquanaise, en Jura, Alsace et plateau suisse, 297-470)
- Limes de Germanie, Frontières de l'Empire romain (patrimoine mondial)
- Chute du limes de Germanie (200-300)